Tome V - Fascicule 1 - janvier-mars 1992


Le 2e Grenadiers au canal Albert (4)

Lt Colonel G.H. DERAYMAEKER


La journée du 11 mai


A. Au 1er échelon


1. Dans le quartier nord

Vers 4 heures 30, trois avions de chasse belges apparurent entre Heukelom et l'arbre isolé. C'était la première fois qu'on en voyait ! L'espoir que l'aviation alliée allait enfin débarrasser le ciel des bombardiers allemands qui l'infestaient monta dans tous les coeurs. Mais cet espoir fut de courte durée. Les trois chasseurs foncèrent sur une escadrille allemande, dont un avion fut abattu, mais deux des nôtres furent atteints à leur tour. L'un tomba près du château d'eau d'Heukelom, l'autre vers Vroenhoven...

Entre 4 heures 30 et 5 heures, le bombardement par avion recommença.

Vers 6 heures 30, trois nouveaux avions belges venant de Lanaye et se dirigeant vers Vroenhoven passèrent très bas au dessus du PAF. Pris sous le feu de la "Flak", un tomba en flammes vers le pont de Vroenhoven et un autre en face du PAF.

Au PC/II, l'inquiétude devint de plus en plus grande au sujet de ce qui se passait au régiment de gauche. Le Cdt de Robiano signala vers 8 heures-8h30 que la situation de son groupement devenait très sérieuse du fait que le PA voisin de F n'était plus occupé et qu'on avait observé dans ce sous-secteur qu'un gros peloton s'était rendu à hauteur et en retrait du PAL.

Vers 8h45, l'artillerie recommença à son tour à bombarder les positions, tandis que l'infanterie se portait à l'attaque.

Au point d'appui I, soumis depuis l'aube au feu d'armes automatiques le prenant de front et sur son flanc gauche, l'enveloppement s'accentua de plus en plus sur la gauche, coupant toute communication avec le Cdt de Bon.

Vers 9h30, les munitions étant épuisées et le PA allant être encerclé, le Lt Génicot donna l'ordre aux 2 gr. de c. du PAI de se retirer en direction de Sussen, où le Comd/2Gr les mis à la disposition du Comd du I. Celui-ci leur prescrivit de se poster face à Riempst à 200 m au nord-ouest du passage à niveau du vicinal ; mais, l'ennemi ayant franchi vers midi la route de Riempst au sud de la borne 10 et se dirigeant vers le sud et la ferme Bobré, le Lt Génicot retira ses deux groupes de c. sur Fall-et-Mheer, où il les dissimula dans un petit bois au sud-ouest de cette localité pour échapper à des chars ennemis. À la nuit, il prit la direction de Rocour dans l'espoir de se soustraire à l'étreinte. Il fut blessé mortellement au cours du repli.

Au point d'appui F

Vers 5 heures 30, l'infanterie allemande longeant la crête ouest de la falaise bordant le canal, après avoir enlevé les dernières résistances de E (îlot de gauche) dont les munitions étaient épuisées, se rapprocha du PAF.

D'autre part, l'ennemi venant du nord où le PA du 18e avait été évacué, attaqua la gauche de F. Pris dans cette tenaille, le S/Lt Holvoet chercha, après avoir resserré son dispositif sur sa droite, à rejoindre L, mais encerclé il fut fait prisonnier vers 12 heures 30.

Au point d'appui L

On aperçut vers 9 heures les Allemands progressant au sud du ravin et se dirigeant vers le PAK  et le  PC/II.

Pris sous les feux des F, FM, DBT de L et sous les Mi servies par le Lt Thibaut de Maizières et par le Lt Olivier, la progression de l'ennemi fut arrêtée jusque vers 11 heures.

Puis, l'infiltration reprit. La majeure partie des forces allemandes cherchait visiblement à déborder K et le PC/II par la droite, mais d'autres forces, utilisant le ravin, se rapprochèrent de plus en plus, mettant le PAL en danger d'être lui-même tourné. Les feux du PAL bloquaient en front et vers la droite la progression de l'ennemi, quand vers 12 heures 45 la gauche du PAL fut attaquée par l'arrière. À ce moment les Allemands venant du nord et de l'ouest attaquaient également à revers le centre du PAL.

Ainsi donc, tandis qu'en front l'ennemi était tenu en respect par les défenseurs du centre et de la droite, l'enveloppement s'était réalisé par le nord et l'ouest.

Un avion allemand, après avoir mitraillé les tranchées pour forcer un instant les défenseurs à se terrer, avait lancé une fusée donnant le signal de l'assaut.

La gauche et le centre furent enlevés par des forces descendues nord-sud entre Vroenhoven et Heukelom.

Quant à la droite elle fut enlevée par des troupes débouchant du ravin et s'étant rabattues vers le nord. Il était environ 13 heures.

À ce moment, on voyait de nombreuses petites colonnes allemandes venant du nord et marchant entre Heukelom et Sussen, tandis que de nombreux pelotons venant de Vroenhoven sillonnaient la plaine entre Sussen et l'Arbre isolé.

Au point d'appui K et au PC/II

Des forces d'infanterie venant du ravin et du poste a/avi cherchèrent à s'infiltrer tant vers le PAK que vers le PC/II. Bloquées en front, les troupes allemandes furent aperçues vers 11 heures s'insinuant du côté du ravin, ainsi que vers la crête au nord du PAK.

D'autre part, de nombreux groupes se glissaient vers la droite cherchant manifestement à encercler K et le PC.

Le Cdt Levaque fit adopter un dispositif répondant à la situation nouvelle qui se dessinait. Tandis qu'une fraction du PAK restait en position face à l'est, le restant vint s'installer face au nord dans un embryon de boyau reliant K au PC/II. Heureusement, les tirs nourris exécutés par les FM et Mi de droite du PAL maintenaient l'adversaire à 200 m en avant ainsi que sur la gauche.

L'infiltration s'accentuant toujours vers la droite, où les PAJ et I étaient évacués, tout le personnel du PC fut disposé dans le boyau menant au central optique et un FM fut installé pour tirer vers le sud-est.

À partir de 11h30 la situation devint extrêmement critique. Les DBT, ramenés près du PC, ouvrirent le feu sur le ravin, tirant jusqu'à épuisement de leurs dernières grenades.

Le Cdt Levaque fit resserrer le dispositif du PAK sur sa gauche, face au ravin, pour parer aux attaques qui allaient en sortir.

Mais on distinguait très nettement que l'ennemi accentuait son glissement vers la droite du PC.

Il était environ 12h, les Stukas effectuaient un bombardement d'une violence extrême. La fusillade était générale et se poursuivait sans trêve.

Vers 12h45, les mouvements de l'ennemi s'accentuant de plus en plus vers la droite et l'arrière du PC, le Cdt Levaque décida d'aller reconnaître la possibilité d'organiser la défense à une cinquantaine de mètres du central optique. Il partit dans le boyau avec le S/Lt Gillieaux. Le S/Lt Pelzer les suivit pour changer la direction de tir des hommes qui s'y trouvaient. Quant à la direction du ravin et les abords est du PC, ils étaient tenus sous le feu de ce qui restait du PAK, groupé sous le Comdt du sergent Callemien.

Brusquement, au signal lancé par fusée d'avion, l'assaut fut déclenché. Le major et le S/Lt Gillieaux retournaient à ce moment vers le PC (où le S/Lt Pelzer venait de rentrer), lorsque tous deux furent atteints par des balles venant de leur gauche.

Blessé mortellement, le Cdt Levaque s'affaissa. Quant au S/Lt Gillieaux, voyant son chef tué, il chercha à se replier sur L, mais l'ennemi occupait tout le terrain et il lui fut impossible de s'échapper.

Il était 13h05 environ. Le quartier nord avait vécu !

Attaqués depuis le vendredi à 4 heures, bombardés et mitraillés sans cesse, assaillis par devant, sur les côtés et par l'arrière, le Cdt Levaque, ses officiers et les derniers défenseurs du PC/II et du PAK., après une résistance héroïque, venaient d'écrire et de signer de leur sang une des plus belles pages de gloire d'un régiment de Grenadiers !


2. Dans le quartier sud

Après ses tentatives infructueuses de la nuit, l'ennemi s'était terré le long du canal, entretenant une fusillade active devant la 11ème.

Dès l'aube, des tirs de mortiers et de C 37 très nourris s'abattirent sur cette Cie. Leur intensité devint telle qu'à certains moments les obus éclataient toutes les 30 secondes.

Le bombardement par l'aviation reprit, en certains points vers 4h30, en d'autres vers 6h30-7heures, les avions piquant jusqu'à 30 mètres du sol et mitraillant les ouvrages. P4 fut pris à partie au canon vers 6h30 par des avions, tandis que les tirs d'artillerie de campagne recommençaient.

Sous le bombardement très intense de l'artillerie et de l'aviation, les tranchées s'écroulèrent et des abris s'effondrèrent. Les occupants de l'un d'eux, en P2, durent se réfugier dans une excavation, dont le tuffeau cédant à son tour sous une bombe les emmura pendant près d'un quart d'heure.

Ces bombardements s'amplifièrent et vers 10 heures, devinrent épouvantables, ravageant les positions de la vallée et de la crête de Lanaye, depuis P2 jusqu'à la 9e Cie.

Certains tirs furent effectués par des pièces de gros calibre (des rapports signalent du 210), dont les coups isolés se succédaient de 2 à 3 minutes. Toutes les liaisons furent de nouveau rompues.

Vers 11h15, un officier rentrant d'une visite des positions signala au Comd du III qu'aux dires d'hommes de la 11e qu'il avait rencontré, les Allemands auraient franchi le canal près du pont de Lanaye et que, d'après une déclaration du Comd de la 9e, les armes automatiques du PA nord étaient hors service.

Ces renseignements étaient exagérés. Des Allemands en effet avaient tenté de franchir le canal mais avaient échoué. Deux d'entre eux qui l'avaient traversé à la nage furent faits prisonniers au moment où ils sautaient dans l'îlot au sud du pont.

D'autre part, les tentatives de passage sur les débris du pont avaient également échoué.

Quant aux FM du PA nord de la 9e, ils avaient été ensevelis, mais ils purent être retrouvés et remis en service. Toutefois, les munitions avaient été enterrées et dispersées.

Pour se faire une idée de la violence des tirs et des difficultés des liaisons, il me suffira de signaler que vers 14h, arriva seulement au PC/III un bulletin de la 11e Cie expédié à 8h30 et signalant "Tout va bien. Ennemi repoussé". Et qu'à 15 heures, un nouveau bulletin de la 11e, envoyé à 12 heures, faisait savoir que la Cie tenait bon.

Vers 15 heures également le Comd du III reçut avis que la 10e n'était presque pas engagée et que tout allait bien.

En résumé, vers 15 heures, tout allait encore bien, l'ennemi était bloqué devant le canal... Mais une attaque à revers se glissant entre Emael et le fort qui était tombé vers midi allait bien bouleverser la situation...

À partir de 15 heures, l'intensité du bombardement de l'aviation, de l'artillerie et des armes d'infanterie devint épouvantable. Le S/Lt Ralet dut faire rentrer ses deux groupes dans leur abri, ne laissant à l'extérieur qu'un guetteur par arme automatique.

À l'issue d'un de ces bombardements, le guetteur du groupe de droite lança un cri d'alarme et tomba percé d'une balle. Le groupe, attaqué à revers, et pris sous le feu de nombreuses mitraillettes installées sur le coteau le surplombant, se rendit. Les Allemands ayant fait gravir la falaise au S/Lt Ralet, celui-ci constatant en arrivant sur la crête que 250 à 300 hommes étaient déployés face au canal, ordonna aux 6 hommes et au caporal du gr. de gauche, qui tenait encore, de se rendre. Il était 16h30 environ.

À ce moment, les derniers PA de la crête attaqués également à revers opposaient les dernières résistances.

Le Cdt Van de Wiele, qui s'était porté avec le S/Lt Kervijn vers le petit bois dominant le P.A. Ralet avait été mortellement blessé.

Le S/Lt Ralet ayant appris que le Cdt Van de Wiele avait été tué fut autorisé à se rendre au PC de la 11e. Il y vit son commandant adossé à la tranchée de son PC, face à l'ennemi. Il était atteint d'une balle à l'?il droit. Dans la mort, il conservait l'attitude qu'il avait toujours eue, celle d'un fier soldat.

Dès que les points d'appui P1 et P2 furent tombés, les troupes de la rive est franchirent le canal en canots pneumatiques, en même temps qu'elles commençaient à établir une passerelle sur les débris du pont.

À ce moment, P3 était encore bombardé et mitraillé en "piqué" par les avions ennemis. Quant aux troupes venues d'Emael, elles se dirigèrent, les unes vers la vallée, les autres vers le sud. Le S/Lt Ralet emmené prisonnier au pont de Lanaye et arrivé à hauteur de l'abri L2 vit une Cie allemande disposer sur le sol un grand fanion rouge à croix gammée destiné à signaler aux avions que cet objectif était enlevé.

De fait l'abri L2 avait succombé après une résistance acharnée. Toute la façade était labourée de coups de canon. Un trou d'un mètre avait été créé autour de l'embrasure, le bouclier du C 47 était détruit et aplati sur la pièce. Le S/Lt Ralet vit qu'on sortait de cet enfer le sergent De Doncker de la 14e, blessé très grièvement à la cuisse, les vêtements en lambeaux, la figure et les lèvres tuméfiées, les cheveux brûlés, tel un démon... qui "sacrait" encore sur les infirmiers allemands qui ne le maniaient pas avec les ménagements voulus !

Dans l'abri, les caissettes à munitions étaient éventrées par les explosions, tout était démoli. Un des deux hommes se trouvant avec le sergent De Doncker avait été tué.

Les défenseurs de L2, eux aussi, avaient écrit de leur sang et de leur héroïsme une page nouvelle au livre de gloire des Grenadiers.

P4 attaqué à revers (Lt Pellegrin, blessé) avait été enlevé vers 16 heures.

P3, son chef (S/Lt De Coutere) blessé mortellement, céda vers 16h45.

À la 9e Cie, les PA de la crête et le PC/III, attaqués également à revers succombèrent entre 16h45 et 16h55.

Les PA de la vallée se replièrent vers Loen, où, sous la menace à revers, la fraction de la 10e Cie bordant le canal se retira sur le viaduc du chemin de fer ; elle resta jusqu'à 20 heures puis se retira vers Hallembaye et de là sur Houtain-St-Siméon.

Quant aux fractions de la 10e comprises entre Meuse et canal, elles se replièrent par ordre du Comd du III CA sans être pressées par l'ennemi en même temps que la Cie Cy Front, voisine, tout d'abord, vers 21h30, sur le chemin de fer, puis à minuit, sur Haccourt et de là sur Ville-en-Hesbaye


B. Au 2e échelon


1. Dans le quartier nord

Le danger ne fit que croître d'heure en heure venant de la direction du nord. Des isolés du 18e, passant à proximité du PC/I, avaient déclaré que la résistance y était brisée et que l'ennemi progressait vers le sud et vers l'ouest.

Le major Noterman fit savoir au chef de corps que la situation était mauvaise au 18e et lui demanda quelle était la conduite à tenir. "Résister à outrance", telle fut la réponse qui lui fut faite.

Mais des infiltrations de plus en plus nombreuses semblaient se produire à la gauche et en arrière de la 3e, de même qu'entre Heukelom et Sussen. On entendait des tirs de Mi se rapprocher du PC/I.

Le chef de corps donna ordre vers 9h15 de nettoyer le terrain entre Sussen et Heukelom et de maintenir la liaison avec P, toutes les liaisons avec le centre de résistance d'Heukelom ayant été détruites par le bombardement.

Le lieutenant Hardouin en fut chargé. Il aperçut vers 9h30 une équipe de Mi allemande entre O et P sur laquelle il fit ouvrir le feu. Son détachement fut renforcé peu après par un groupement d'une trentaine d'hommes de la 15e envoyé par le chef de corps et encadré par deux officiers de l'EM/2Gr, les Lts Symons et Perau. Le détachement Hardouin qui s'était dirigé vers le vicinal et la route de Riempst revint vers 11 heures par la route de Riempst après avoir refoulé quelques éléments allemands. Quant aux Lt Symons et Perau, ils rentrèrent vers midi après avoir poussé jusqu'aux abords de Riempst et exploré Boire. Le major Noterman ordonna aux hommes du détachement Hardouin de se poster à 200 m est-nord-est du PC/I pour le protéger.

Depuis 10 heures environ, toutes les liaisons avec Heukelom avaient cessé... les coureurs ne revenant plus.

Au fur et à mesure que les heures passaient, la situation du PC/I devenait de plus en plus précaire.

Vers 10 heures, à la demande du major de pouvoir disposer de 2 groupes de c. de R2 pour garder le PC/I, le chef de corps s'y était opposé, mais il l'avait autorisé à prélever sur R1 1 ou 2 groupes de c., après entente avec le major Lecomte pour faire glisser en R1 des forces équivalentes du PA Monmart.

En fait, le Comd du 1 laissa R1 en place et prescrivit au Lt Monmart de lui envoyer 2 groupes de c.

Vers 10h45, sur ordre du chef de corps, une patrouille fut lancée vers Heukelom pour rétablir la liaison et fouiller le terrain jusqu'au vicinal. Cette patrouille fut refoulée par l'ennemi.

Vers 11 heures 30, le chef de corps mit à la disposition du Comd du 1 les 2 gr. de c. de la 6e revenus du PAI.

Nous avons vu l'utilisation qui en fut faite face à Riempst.

Dans l'après-midi, la pression ennemie devenant de plus en plus grande en O et en N, attaqués de front et de flanc, le major Noterman se rendit vers 16h30 au PC/2 Gr pour exposer que le PC/I risquait à tout moment d'être enlevé par le nord et le nord-ouest et demandant à pouvoir s'installer au PC du régiment. Le Comd du 2 Gr accéda à cette demande, mais réitéra son ordre de résister à outrance sur les positions.

Au centre de résistance d'Heukelom.

La situation, dès le matin, s'était précisée dans toute sa gravité.

Au P.A.O. toute liaison avec le Pon de la 7e Cie du 18 avait cessé depuis 3h30 environ.

Vers 5h30, tandis que le bombardement d'Heukelom faisait rage, on vit des troupes du 18e battre en retraite, sur la gauche, suivies de près par les Allemands

Vers 6 heures 30, Q fut soumis en front et en flanc à des feux de Mi et Mitraillette à 450 m des tranchées. Le capitaine Lejeune réclama des tirs d'artillerie, mais les liaisons tf étant coupées, les tirs ne purent être exécutés en temps opportun.

Vers 7 heures 30, Q fut attaqué sur son flanc gauche... puis à revers.

Vers 9 heures 15, 3 gr. de c. et le C 47 encerclés et accablés sous les grenades à main furent contraints de se rendre. Le dernier groupe de Q et le groupe de g. de P encerclés vers 9h30 furent faits prisonniers. Le capitaine Lejeune et le S/Lt Jacquemin, mitraillés à 25 m, parvinrent cependant à s'échapper.

Le PAP attaqué par derrière dans les mêmes conditions que Q, se défendit également jusqu'à 9h30 et ne céda qu'après une lutte sanglante au cours de laquelle le Lt Wolf fut blessé.

Au centre de résistance de Sussen, les PAO et N furent violemment attaqués à partir de 14 heures, en front et sur les flancs. Le C 47 de N participa énergiquement à la défense, notamment en direction d'Heukelom, ouvrit le feu à 350 m sur l'ennemi, puis vers 17 heures sur une colonne motorisée, dont un char flamba.

À ce moment, pris à revers, le Cdt D'Hoogh chercha à s'échapper. Le PAM (Lt Helsen) ne céda que vers 17h15, cherchant à s'échapper vers Boir (où il fut fait prisonnier).

Au point d'appui R2, les 2 Mi situées l'une à droite, l'autre à gauche furent détruites par des tirs précis d'artillerie observés par avions. Vers 17h30, il fut attaqué violemment sur son flanc gauche, les 2 FM s'enrayèrent successivement.

Vers 17h30, le S/Lt Martin encerclé parvint à s'échapper et à rallier le PC/2Gr., les quelques hommes qui l'accompagnaient tombèrent sur une auto-Mi allemande à peu de distance du PC et faits prisonniers.

Le PAR1 attaqué à 16h30 tint jusqu'à 17h30, les munitions épuisées. Le Lt Emmerechts fut tué.


2. Dans le quartier sud

Entre 4 et 5 heures, un bombardement formidable d'artillerie s'abattit sur Eben et les abords du PC/IV, tandis que l'aviation déferlant par vagues successives, écrasait tout sous ses bombes et mitraillait les positions.

Le bombardement d'artillerie s'étendit à la dépression située au nord du PC, noyant ce dernier et ses abords sous une nappe fumigène opaque, qui força tout le personnel à mettre son masque.

Entre 7 et 8 heures, un nouveau bombardement à fumigènes s'abattit aux abords du PC et dans la vallée du Geer.

Vers 9 heures, obus et torpilles s'abattirent une fois de plus sur les positions.

Les communications téléphoniques ayant été de nouveau détruites, le major Lecomte, ainsi qu'il en avait manifesté l'intention la veille au chef de corps, alla s'installer vers 9h30 à l'école d'Eben (200 m du carrefour) à l'effet de se rapprocher de la partie la plus menacée de son quartier.

À ce moment en effet, un bombardement effroyable d'obus, de shrapnels et de bombes s'était abattu sur le PA/Van Dijck et les abords du carrefour d'Eben, tandis que la fusillade crépitait dans la vallée du Geer.

Mais, comme la veille, le major ne fit à ce PC que de brefs séjours, se portant à tous moments en ligne, pour se rendre compte de la façon dont les troupes se comportaient. Pour se faire une idée de la violence du bombardement et du courage déployé au cours de semblables déplacements, il suffira de signaler que pour faire les 300 m séparant le PC/IV du PC/Colson, il fallait au moins se blottir 10 fois !

Vers midi, les bombardements d'avions qui avaient repris dès le matin sur les abords du fort cessèrent complètement... et on n'entendit plus rien en direction de cet ouvrage.

Vers 15h30, le major Lecomte se rendit au PC/2Gr pour informer le chef de corps de la situation dans son quartier, lui signaler que les destructions du carrefour d'Eben avaient été abandonnées par le personnel du Génie et demander qu'une Cie fraîche lui soit envoyée à l'arrêt du vicinal d'Eben pour contre-attaquer vers le nord.

Se ralliant aux suggestions du major, le Comd du 2Gr chargea le Lt de Romrée de Vichnet de se rendre à Genoels-Elderen et, les communications entre Sussen et Genoels étant dangereuses, d'exposer verbalement ses desiderata au Comd/7DI.

Au moment où le major Lecomte et le Lt de Romrée, tous deux en side-cars sortaient du PC, les hommes du Pon d'éclaireurs gardant le PC ouvraient le feu sur deux autos de reconnaissance ennemies venant de Riempst qui mitraillaient le major et le Lt. Rentré à son PC et craignant que le Lt de Romrée ait été pris ou tué, le major prescrivit à son adjoint le Lt Beckers de remplir la mission que le colonel avait confié au Lt de Romrée. Le Lt Beckers, chargé de se rendre à Genoels-Elderen en passant par Wonck, ayant signalé qu'il n'avait pu passer par cette localité, le major l'envoya auprès du chef de corps.

Vers 16h15, un homme vint annoncer au major Lecomte que des troupes allemandes avaient atteint la route de Riempst, près du PC et que le Lt Colson était prisonnier. Ces faits étaient heureusement exagérés. Ramassant un fusil, le major s'élança vers l'ouest du carrefour et prescrivit à tout le personnel du PC de l'y rejoindre. Il vit au nord-ouest du carrefour les Lt Monmart et Vanderwaeren, qui se trouvaient dans les tranchées au nord de la route. Le S/Lt Scoriels les y rejoignit peu après, annonçant que les Allemands étaient arrivés devant le PC/s.q. nord alors qu'il s'y trouvait mais qu'ils les avaient refoulé à coups de grenades à main. Comme les Allemands avaient repris leur progression vers le carrefour, le major, réunissant tout ce qu'il avait sous la main (T.S., ordonnances, Pon H.R./1ère Cie), les Mi et quelques soldats de la 14e, contre-attaqua face à l'est de part et d'autre de la route de Riempst en direction du PC/Colson. Il était 17 heures environ. Le S/Lt Scoriels avec 1 C 47 soutint l'action.

L'ennemi, un moment interdit, s'arrêta et des groupes refluèrent sur la route d'Emael. Mais il reprit bientôt sa progression, menaçant la gauche des troupes de contre-attaque, dans le moment où une attaque très violente d'infanterie, soutenue par des mortiers et accompagnée des bombardements et des tirs de l'aviation était déclenchée sur tout le front dans une direction sensiblement perpendiculaire à la route de Riempst. D'autre part, on voyait les masses allemandes couronnant les hauteurs de la rive droite du Geer. L'encerclement se dessinant sur la gauche, le major Lecomte prescrivit de se retirer sur RI, tandis que les Mi/Vanderwaeren recevaient ordre de tirer en direction du nord. Il était 17h15 environ. Au moment où le S/Lt Scoriels recevait ordre de se poster sur la route de Riempst, il était à quelques dizaines de mètres de l'ennemi, servant personnellement son C 47. Il continua à tirer jusqu'au moment où il fut très grièvement blessé par une grenade à main allemande.

Au moment où le major arrivait à hauteur de RI, le Lt Emmerechts, attaqué en front, débordé sur sa droite et sur sa gauche et ayant épuisé ses munitions, se repliait. Le major lui ayant prescrit de renforcer R2, le Lt Emmerechts se retira par la route de Riempst ; il y fut blessé mortellement. Quant au major Lecomte, R2 venant de tomber, il traversa le dispositif ennemi qui avait franchi la route de Riempst, pour informer le chef de corps que toutes les positions étaient perdues, que le PC risquait à tout moment d'être enlevé et que tout espoir de résister plus longtemps devait être abandonné.

Il était à ce moment 17h50. L'ennemi se trouvait à 50 m maximum du PC et avait mitraillé le major au moment où il y arrivait.

Ici encore, Messieurs, j'ai dû me borner à esquisser l'allure des opérations dans la région d'Eben. J'aurais voulu narrer par le détail ce que fut cette défense où une Cie de fusiliers, quelques mitrailleurs et canons de 47, soumis pendant deux jours à un bombardement effroyable d'aviation et d'artillerie, deux jours de préparation d'une violence inouïe, tinrent leurs positions jusqu'à la dernière extrémité. Il est vrai que les chefs payèrent d'exemple et que la bravoure d'officiers tels que le Lt Colson, le S/Lt Scoriels et par dessus tout l'énergie farouche, le courage légendaire du major Lecomte avaient montré la voie !


C. Au PC/2 Gr


Ce qu'y fut la journée de samedi, je ne puis, Messieurs, que vous la résumer en quelques mots.

Dès 3 heures du matin, les guetteurs annoncèrent que des parachutistes étaient descendus entre Sussen et Sichen et que le PC était entouré. Des coups de feu avaient éclaté au croisement des routes de Riempst et de Sussen et les éclaireurs postés près de ce croisement avaient riposté.

Vers 5 heures le bombardement par avion recommença. Il prit bientôt un caractère de précision et de violence inouï. Trois hommes de garde furent littéralement soufflés par des bombes.

Puis, les nouvelles relatives à la situation dans le nord, devinrent de plus en plus mauvaises.

Vers 8 heures, une soixantaine d'Allemands arrivés à 400 m au nord de la borne 10.300 avaient été soumis aux tirs de quelques éléments, chauffeurs et ravitailleurs, puis avaient continué vers le sud.

Je vous ai parlé des mesures prises pour parer aux infiltrations entre Sussen et Heukelom, des patrouilles prescrites, du renforcement du 1 pour parer au danger que l'irruption de l'ennemi sur les arrières du 2e échelon faisait courir au PC/I, des ordres réitérés de tenir à outrance, etc. Je n'y reviendrai plus.

Pendant toute la matinée, le PC fut bombardé et mitraillé à outrance. Néanmoins, les ordres en partaient dans toutes les directions, tandis que les bulletins et courriers nombreux qui y arrivaient permettaient au chef de corps de vivre la situation et d'adresser des comptes-rendus détaillés au Comd de la Division.

Mais, si les renseignements affluaient de toutes parts de l'avant, on ne recevait, par contre, aucune nouvelle de la Division.

À partir de 13 heures, le IV/20 A commença à tirer devant le 2e échelon.

À 14 heures, le Comd du 2 Gr adressa un compte-rendu à la 7 DI annonçant que le quartier nord du 1er échelon était enlevé et que le Cdt de Bon était tué. Le reste tenait - on résisterait jusqu'au bout.

Vers 14h45 les PAO et N étant violemment attaqués et de nombreuses colonnes défilant à l'est de N en direction de la route de Riempst à Eben, le Comd du 2 Gr rédigea en double expédition un nouveau bulletin, qu'il fit porter par deux motocyclistes, afin d'être sûr que l'un d'entre eux atteindrait le PC de la Division, dont on était sans ordre depuis la veille et vers lequel les derniers motocyclistes envoyés n'étaient plus revenus.

Mais un quart d'heure à peine après leur départ, un coup de téléphone annonça que l'un d'eux était blessé et que l'autre était fait prisonnier. Le motocycliste Devos, blessé très grièvement, s'était traîné jusqu'au central tf du IV/20A (ancien PC) pour signaler à son colonel qu'il n'avait pu remplir sa mission. Laissé sur le terrain par l'ennemi, il en avait profité pour se glisser jusqu'au central tf et accomplir son devoir jusqu'au bout.

Vers 16 heures le chef de corps chargea comme on l'a vu le Lt de Romrée puis le Lt Beckers d'exposer verbalement la situation au Comd de la 7 DI et demander une Cie fraîche pour contre-attaquer. Le Lt de Romrée ne revint plus, quant au Lt Beckers, il fut blessé mortellement en traversant les lignes allemandes pour chercher à atteindre Genoels-Elderen où le Comd/2Gr croyait que le PC de  la 7 DI se trouvait toujours.

Vers 17h30, le Comd du 2 Gr prescrivit au major Carron, commandant le IV/20A, de tirer à 200 m au nord-ouest du PAO, où l'ennemi était signalé. La 11e Bie (Cdt Neuville) ouvrit le feu. À ce moment, la 12e Bie (Capitaine Rutot) était attaquée par l'infanterie ; quant à la 10e Bie (Cdt Kissner), ayant épuisé toutes ses munitions utilisables et attaquée par l'infanterie allemande qui vers 17h40 s'avançait sur 2 km de front au sud de la route de Riempst, elle se replia vers Wonck.

La 11e Bie (ralliée par le personnel de la 12e qui avait fait sauter ses pièces) après avoir tiré ses derniers obus, se retira vers Bassenge. Ces batteries, interceptées par les chars allemands et attaquées, furent faites prisonnières.

Vers 17h30 également, ayant été avisé que la défense nord de Sussen avait cédé et que le C 47 qui se trouvait en N s'était replié au croisement du vicinal et de la route de Riempst, le Comd du 2 Gr prescrivit d'installer ce canon près du PC dans l'angle de la route de Riempst et du pavé de Sussen, par où l'ennemi allait déboucher.

En même temps, il prescrivit d'organiser la défense intérieure du PC afin d'y résister à toute attaque et fit abattre à la pioche le mur séparant le PC de la grotte où se tenaient les civils et d'où une communication existait avec l'extérieur, en débouchant à l'ouest de Sussen.

Vers 17h45, tandis que les vagues allemandes progressaient au sud de la route de Riempst, une ligne de tirailleurs marchant parallèlement à cette route remontait vers le PC La garde de celui-ci, renforcée par des FM, ouvrit le feu sur l'ennemi.

Vers 17h50, les Allemands étaient à proximité immédiate. Ils étaient arrêtés à 50 m maximum de celui-ci par les feux des troupes de garde lorsque le major Lecomte y pénétra, annonçant que toutes positions étaient prises et que tout espoir de résister plus longtemps devait être abandonné.

Dans ces conditions, à 18 heures, le Comd du 2Gr ordonna de prendre les dispositions pour se replier à l'intérieur de la grotte occupée par les civils, à l'effet d'attendre la nuit pour chercher à s'échapper par la sortie donnant sur la campagne à l'ouest de Sussen. La garde du PC, sous les ordres du Lt Symons, devait résister jusqu'à 18h20 pour permettre le repli. Le dernier pigeon fut lâché pour informer le Comd de la 7 DI de cette décision. Rédigé en clair, le message du Comd du 2 Gr disait : " La position est enlevée par l'ennemi, je suis entouré et vais chercher à me retirer".

À 18h20 exactement les Lt Symons et Minet dont les hommes avaient tenus jusqu'alors l'ennemi en respect se replièrent à l'intérieur de la grotte, où on attendit la tombée de la nuit.

À 21h30, débouchant dans la campagne, le colonel, l'EM/2Gr et du IV/20A, les majors Lecomte, Carron et Noterman, suivis des officiers et hommes qui se trouvaient dans la grotte cherchèrent à franchir les lignes ennemies en marchant en direction du sud-ouest pour passer entre Fall-et-Mheer et Millen. Mais dans la nuit, le détachement se scinda en petits groupes, qui la plupart furent faits prisonniers.

Après quatre tentatives infructueuses dont je ne peux vous narrer ici les péripéties, ils parvinrent enfin à franchir la route à 200 m de l'arrêt du vicinal, au nez d'un poste allemand. Le coeur plein d'espoir, ils se croyaient sauvés, quand ils furent accueillis à coups de feu 100 m à peine après avoir franchi la route. Ils étaient tombés en plein milieu d'un important détachement motorisé allemand ! Le major Carron et le Cdt Pottiez sautèrent une haie, mais ils furent canardés et faits prisonniers peu après, vers 2 heures du matin. Le S/Lt Maire, qui s'était échappé d'un autre côté, fut pris à son tour.

Quant au Comd du 2 Gr et au major Lecomte, ils se replièrent vers la route de Riempst, mais un poste y ayant également ouvert le feu leur interdit toute retraite. Vers 4 heures, le dimanche 12 mai, les Allemands les ayant aperçus leur mirent le revolver sous le nez.

Ils étaient prisonniers !

Ainsi finit la résistance du 2 Gr.

Le régiment avait perdu : 10 officiers tués dont 1 Comd de Bon et 4 Comd de Cie, 20 officiers blessés, 200 hommes tués et vraisemblablement un nombre double de blessés.

Il me reste maintenant à vous indiquer les Forces allemandes ayant attaqué le 2 Gr.

On peut estimer à 300 hommes environ les forces débarquées par planeurs et parachutes dans la région de Opcanne, la plupart munis d'armes automatiques (20 à 25 x 10P + 100 p), et ayant attaqué à revers la ligne du canal ;

II est vraisemblable qu'un R.I. est passé à Canne et a attaqué de front le quartier nord, puis à revers le quartier sud.

Un Bon au moins avec artillerie a attaqué de front le III/2Gr dans la région de Lanaye.

D'autre part, on peut estimer à un régiment les forces qui, après avoir passé à Vroenhoven, ont attaqué nord-sud avec le concours d'engins motorisés, de part et d'autre de Heukelom et de Sussen, prenant à revers Heukelom et les derniers PA du quartier nord du 1er échelon, attaquant ensuite ce qu'il restait du 2e échelon et noyant Sussen et Eben sous leurs vagues débordantes et enveloppantes.

II faut ajouter, enfin, la formidable aviation qui attaqua le S/S pendant 2 jours, à la bombe, à la Mi, même au canon et qui à côté des forces terrestres fut un des éléments capitaux.

Telle fut, Messieurs, l'avalanche à laquelle tint tête le 2e Grenadiers, appuyé par le IV/20A, qui le soutint magnifiquement !

Par sa résistance opiniâtre dans la région Canne, Eben, Sussen, Lanaye, il avait entravé les 10 et 11 mai la marche en avant de forces ennemies incomparablement supérieures. Accablé par l'aviation, attaqué par devant et par derrière, il n'avait succombé qu'après s'être accroché jusqu'aux dernières limites aux positions qu'il y occupait. Ses pertes élevées sont là pour témoigner qu'officiers et soldats du 2e Gr ont le droit d'être fiers de la vaillance déployée par leur beau régiment.

Ici se termine le texte, inédit, de la conférence donnée le 12 mai 1941 par le colonel BEM Herbiet, commandant le 2 Gr, à l'Oftag II A.


Citations

Major Lecomte, Commandant le IV/2 Gr (par le chef de corps) :

Animateur héroïque de la défense du noeud d'Eben, dont la résistance acharnée retarda jusqu'au 11 mai vers 17 heures 30 la progression de l'ennemi.

A, notamment, porté son PC aux abords du carrefour d'Eben, alors que des bombardements continus et extrêmement violents s'y abattaient, à l'effet de se rapprocher de la partie la plus menacée de son quartier.

Un fusil à la main, a pris le commandement d'un groupe d'hommes, pour contre-attaquer un ennemi qui lui était signalé comme ayant enlevé le PC d'un de ses commandants d'unité. Toutes les résistances ayant été réduites, s'est porté au PC du Comd de son régiment, à travers le dispositif ennemi, pour informer son chef de corps de la situation qui existait.

S/Lt Menu

Cité pour le courage qu'il a montré le 10 mai et dans la nuit du 10 au 11 mai en ravitaillant en munitions les positions occupées par son Bon.

Ayant été chargé le 10 mai de ravitailler une unité particulièrement exposée, est parvenu jusqu'au PC du Comd de cette unité, dont l'abri était incendié et dont le personnel avait été tué, après avoir perdu lui-même les ravitailleurs qui l'accompagnaient.


Date de mise à jour : Mercredi 25 Novembre 2015