Tome III - fascicule 8 - octobre-décembre 1987


Le fort d'Embourg (3)

Gaston SALLE


Traduction par le colonel-médecin Mathar d'un extrait du document Mes souvenirs de guerre par Ludendorff, fourni par la Bundesarchiv - Militärarchiv de Coblence (République fédérale allemande)


La bataille pour Liège (1914)

Tôt le 4 août, la frontière belge fut traversée, tandis qu'à Berlin, dans une manifestation patriotique, le Reichstag approuvait le gouvernement et que les chefs de partis présents après lecture du discours du trône par l'Empereur, lui promettaient solennellement par une poignée de main, une fidélité inconditionnelle pour les bons et mauvais jours.

Le même jour, je vécus à Visé, tout près de la frontière hollandaise, mon premier combat.

Il était très clair que la Belgique était préparée depuis longtemps en vue de notre invasion. Les routes étaient systématiquement détruites et barrées, comme ce n'est possible qu'au moyen d'un travail continu.

Nous n'avons rien trouvé de semblable à la frontière du sud-ouest de la Belgique.

Pourquoi la Belgique n'a-t-elle pas pris les mêmes mesures contre la France ?

La question de savoir si nous pourrions prendre intacts les ponts près de Visé était d'une importance capitale. Je me rendais auprès du corps de cavalerie von der Marwitz, qui opérait dans ce secteur. Ce corps n'avançait que très lentement, car une barricade après l'autre bloquait les rues. À ma demande, on faisait avancer une compagnie de cyclistes. Peu après, un cycliste revenait en déclarant que la compagnie était entrée à Visé et avait été complètement détruite.

Je me rendis sur place avec deux hommes et, à ma grande joie, trouvai la compagnie intacte ; seul le commandant avait été gravement blessé par une balle tirée de l'autre rive. Le souvenir de cette petite histoire m'a été utile plus tard. J'étais devenu moins sensible aux racontars de Tartares ou, comme on disait ultérieurement, aux bruits d'étape.

Les beaux grands ponts sur la Meuse étaient détruits.

La Belgique était préparée à la guerre.

Le soir, je me trouvais à Herve, mon premier cantonnement sur territoire ennemi. Nous logions dans une auberge en face de la gare. Tout était intact. Nous nous mettions calmement au lit. Au cours de la nuit, j'ai été réveillé par des coups de feu très vifs, dirigés également contre notre maison. La guerre des francs-tireurs commençait en Belgique. Le lendemain, elle s'étendait partout et a ainsi contribué d'une manière décisive à l'expansion qui caractérisait cette guerre de l'ouest au cours des premières années, contrairement à la mentalité qui régnait à l'est.

Le gouvernement belge a pris sur lui une lourde responsabilité. Il a organisé systématiquement la guerre du peuple. La garde civique, qui, en temps de paix, gardait ses armes et ses uniformes, pouvait un jour se présenter dans telle tenue, un autre jour dans une autre. Les soldats belges aussi devaient, au début de la guerre, porter dans leurs bagages un costume civil spécial.

J'ai vu en effet, sur le front nord-est de Liège près des tranchées du fort de Barchon, traîner des uniformes abandonnés par des soldats qui y combattaient.

Cette sorte de guerre n'était pas conforme aux coutumes de la guerre et il ne faut pas en vouloir à nos troupes d'y réagir avec une sévérité extrême. Des innocents ont probablement souffert, mais les "horreurs belges" sont une légende très adroite, inventée et répandue avec toute la subtilité imaginable. Elles doivent être mises exclusivement à charge du gouvernement belge. Moi-même, j'étais parti en campagne avec l'idée de conduire une guerre d'une manière chevaleresque et humaine. Cette guerre de francs-tireurs doit écoeurer tout soldat. Mon sentiment de soldat a subi une grave déception.

La mission qu'avaient à accomplir les brigades lancées en première ligne était très difficile. D'autre part, il était extrêmement audacieux de vouloir pénétrer â l'intérieur d'une forteresse moderne en traversant la ligne des forts. Les soldats étaient oppressés. Des conversations avec des officiers, je concluais qu'ils n'avaient que peu de confiance dans la réussite de l'entreprise.

Au cours de la nuit du 5 au 6 août, l'avance à travers les fortifications en direction de Liège démarrait. Toute l'opération est décrite dans une monographie parue chez Stalling à Oldenburg.

Je n'ai pas l'intention de la répéter, je veux simplement conter ce que j'ai vécu moi-même.

Vers minuit du 5 au 6 août, le général von Emmich quittait Herve. Nous allions à cheval à une réunion de la 14e brigade d'infanterie (général-major von Wussow) à Micheroux, distant de 2 à 3 km du fort de Fléron. Sur la route, qui pouvait être prise directement sous le feu du fort, les troupes se rassemblaient (accompagnées des cuisines de campagne encore peu connues, mais très salutaires) d'une manière peu militaire. Cette réunion fut touchée par quelques coups de feu tirés d'une maison située au sud de la route. Ainsi eurent lieu quelques combats mais, par miracle, le fort se taisait. Vers une heure du matin, la marche en avant commençait. Nous allions du côté nord du fort de Fléron par Retinne, jusque derrière la ligne des forts en direction des hauteurs de la Chartreuse, située en bordure de la ville. Nous devions arriver là tôt le matin. Les autres brigades, qui devaient traverser la ligne des forts en d'autres endroits, étaient attendues au même moment aux abords de la ville.

L'état-major du général von Emmich se trouvait presque en fin de colonne. Brusquement, un arrêt prolongé. Je me glissais à travers la colonne vers l'avant. L'arrêt n'avait aucune raison valable ; au con traire, l'idée de la situation qui l'avait motivé avait plutôt été piteuse. Personnellement, je n'étais qu'un promeneur, sans aucun commandement ; je n'avais qu'à renseigner mon commandant d'armée, attendu pour plus tard, sur les événements dans le secteur de Liège et à coordonner les mesures du général von Emmich avec celles qu'on attendait du général von Bullow.

Évidemment, je remis la colonne en marche et restais à sa tête. Entre-temps, la liaison avec l'avant avait été perdue. En pleine obscurité, suivant péniblement notre chemin, nous arrivions à Retinne. Toujours pas de liaison avec l'avant. Avec la tête de colonne, j'avais pris une mauvaise sortie du village. On tirait sur nous ; je n'oublierai jamais le bruit que faisaient les projectiles en pénétrant dans les corps humains. À droite et à gauche, des hommes tombaient. Nous faisions quelques sauts vers l'ennemi invisible, dont le feu devenait plus intense. Dans l'obscurité, il était difficile de s'orienter ; mais il ne faisait pas de doute que nous nous étions trompés et il fallait sortir du feu, chose pénible car les hommes ne pouvaient croire que j'avais peur. Rien à faire, des choses importantes étaient en jeu ; je rampais en arrière et donnais ordre aux hommes de me suivre jusqu'à la limite du village.

À Retinne, je pris le bon chemin. Je rencontrais l'ordonnance du général von Wussow avec ses chevaux. Il était d'avis que le général était mort. Avec quelques hommes je pris le bon chemin, c'est-à-dire la chaussée vers Queue-du-Bois. Tout à coup, des flammes devant moi, un coup de mitrailles éclata le long de la route sans toutefois nous blesser. Quelques pas plus loin, nous tombions sur un tas de soldats allemands morts ou blessés. C'était la pointe avancée avec le général von Wussow ; ils devaient avoir été fauchés par un autre coup de mitraille. Je rassemblais les soldats du 4e bataillon de Chasseurs et du 27e régiment d'infanterie qui arrivaient peu à peu et décidais de prendre le commandement de la brigade.

Il s'agissait d'abord d'éliminer les canons qui tiraient sur la route. Les commandants von Harbou et Brinckmann de l'état-major général se glissaient avec quelques hommes courageux entre les haies et les fermes des deux côtés de la chaussée jusqu'aux canons, dont l'équipage se rendait. Le chemin plus loin était libre.

Nous avancions et bientôt, à Queue-du-Bois, nous étions impliqués dans un violent combat de maison à maison. Tout doucement, il commença à faire clair. Les deux commandants de l'état-major général, le chef de corps du 4e Chasseurs, le major von Marcard ; le commandant de la 2e sub-division du régiment de campagne n° 4, le major de Greiff et son excellent adjoint, le lieutenant Neide, quelques soldats et moi-même, nous avancions. On amena un premier obusier de campagne, puis un second, qui nettoyaient les rues et tiraient dans les maisons à droite et à gauche. Nous progressions lentement. Souvent, j'étais obligé d'avertir les hommes, qui hésitaient, de ne pas me laisser seul. Finalement, le village était derrière nous ; la population s'était d'ailleurs enfuie. Il s'agissait ici de combat contre l'armée belge régulière.

En sortant du village, nous vîmes du côté de la Meuse, une colonne marchant en direction de Liège. J'espérais que c'était la 27e brigade d'infanterie. Mais c'étaient des Belges qui ayant perdu la tête, se retiraient au-delà de la Meuse au lieu de nous attaquer. Il fallut beaucoup de temps pour stabiliser la situation.

Pendant ce temps, mes effectifs se renforçaient par l'arrivée de soldats qui étaient restés en arrière.

La percée à travers la ligne des forts avait été une réussite. Le régiment d'infanterie 165, sous les ordres de son éminent commandant, le colonel von Oven, arrivait en bloc ; le général von Emmich était présent. La marche vers la Chartreuse continuait.

Le général von Emmich mettait encore à sa disposition des unités de la 11e brigade d'Infanterie, mise en oeuvre plus au sud et qu'il supposait avoir réussi également à percer la ligne des forts.

L'avance continuait sans incident. Sous le nez des fortifications du front nord de Liège, nous remontions de la vallée de la Meuse vers les hauteurs à l'est de la Chartreuse. Lorsque la brigade y arriva, il était presque 2 heures. Les canons étaient mis en position contre la ville. De temps en temps, un coup était tiré, soit comme signal pour les autres brigades, soit pour rendre le commandant de la ville plus "malléable". Je devais économiser les munitions, car les stocks avaient fondu. La troupe était épuisée et certaines unités avaient subi de grandes pertes au cours des combats harassants. Les officiers avaient perdu leurs chevaux. Les cuisines de campagne étaient restées en arrière. Je mis la brigade au repos et la faisais ravitailler, tant bien que mal, par des réquisitions faites dans les maisons du voisinage.

Bientôt, le général von Emmich rejoignait à nouveau la brigade. Des hauteurs à l'est de la Chartreuse, nous avions une belle vue d'ensemble sur la ville ; elle était à nos pieds. Sur l'autre rive, émergeait la Citadelle. Là, tout à coup, on hissait des drapeaux blancs.

Le général von Emmich avait l'intention d'envoyer un parlementaire ; moi, je proposais d'attendre celui de l'ennemi, mais le général maintenait son idée. Le commandant von Harbou allait en ville. À 7 heures du soir, il rentrait : les drapeaux blancs avaient été hissés contre la volonté du commandant de la ville. Il était trop tard pour entreprendre l'entrée dans la ville. Nous avions devant nous une nuit dure.

Entre-temps, j'avais laissé la brigade s'installer. Notre situation était très sérieuse. Nous n'avions pas de nouvelles des autres brigades, même de la 11e ; les estafettes n'avaient pu passer ; il fallait bien se rendre à l'évidence : la brigade était seule dans la ligne des forts, coupée du monde extérieur. Nous devions compter avec des contre-attaques ennemies. Ce qui nous gênait spécialement, c'était la présence d'un millier de prisonniers belges. Lorsque nous avons appris que la Chartreuse, une vieille forteresse située devant nous, n'était pas occupée, j'y ai envoyé une compagnie avec ces prisonniers. Le Commandant de cette compagnie s'est sans doute demandé où j'avais ma raison !

À la tombée de la nuit, la nervosité des hommes augmentait. Je passais parmi eux, les invitais au calme et à une tenue ferme. La phrase : "Demain nous serons à Liège" les encourageait.

Le général von Emmich et son état-major trouvaient à se loger dans une petite ferme.

Je n'oublierai jamais la nuit du 6 au 7 août.

Il faisait froid, mes bagages étaient restés en arrière et le major von Marcard me passait son manteau. Avec attention, j'écoutais pour entendre les bruits d'un combat éventuel. J'espérais toujours que l'une ou l'autre brigade aurait pu percer la ligne des forts. Tout restait calme : toutes les demi-heures, un coup d'obusier s'abattait sur la ville. La tension devenait insupportable. Vers les 10 heures du soir, je donnais ordre à la compagnie de Chasseurs du commandant Ott d'occuper les ponts sur la Meuse dans la ville ; ceci afin de les avoir en mains pour la progression ultérieure et pour assurer les avants de la brigade. Le commandant me regardait et... partait. La compagnie atteignit son but sans combat ; après nous n'en avons plus eu de nouvelles.

Le matin approchait. Je me rendis chez le général von Emmich pour discuter avec lui de la situation : nous étions décidés à entrer en ville ; le général se réservait seulement d'en fixer l'heure. Pendant que j'améliorais le dispositif de la brigade et tentais d'atteindre la route empruntée par la 11e brigade, je reçus bientôt du général l'ordre de me mettre en marche. Le colonel von Oven commandait l'avant-garde. Le gros de la brigade, avec les prisonniers, suivait à une certaine distance, avec en tête l'état-major du général von Emmich et moi-même avec l'état-major de brigade.

Pendant l'entrée en ville, de nombreux soldats belges isolés se rendaient. Le colonel von Oven avait pour mission d'occuper la Citadelle. Des renseignements complémentaires l'incitaient à ne pas le faire, mais de prendre plutôt la direction du fort de Loncin au nord-ouest de la ville et d'occuper cette sortie de ville.

Supposant que le colonel von Oven se trouvait à la Citadelle, je m'y rendais en compagnie de l'adjudant-major de la brigade dans une voiture belge dont j'avais pris possession. Lorsque j'y arrivais, aucun soldat allemand ne s'y trouvait. La Citadelle était encore entre les mains de l'ennemi ; je frappais sur le portail fermé, qui fut ouvert de l'intérieur. À ma demande, les quelques centaines de belges qui s'y trouvaient, se rendaient.

Maintenant la brigade avançait et occupait la Citadelle, que j'organisais en vue de sa défense.

Ainsi la mission que je m'étais donnée moi-même, était accomplie. Je pouvais prier le général von Emmich de me laisser partir. Mon intention était de quitter la position fortifiée par le même chemin que j'avais emprunté pour y entrer ; je pensais mettre le commandant d'armée au courant de ce qui s'était passé, rechercher les autres brigades et amorcer le dispositif de l'artillerie contre les forts.

Pendant que j'étais encore à la Citadelle, arrivèrent quelques centaines de prisonniers allemands qui venaient d'être libérés. La 34e brigade d'Infanterie avait fait passer une partie de ses troupes sur la rive ouest de la Meuse, mais avait dû cesser le combat ; les hommes ayant fait la traversée furent faits prisonniers. Venait ensuite la 11e brigade, plus tard encore la 27e, de sorte que, au moment de mon départ, le général von Emmich disposait d'une force appréciable. Malheureusement, on avait appris que des Français, partis de Namur, approchaient ; la situation restait donc désespéramment sérieuse. Elle ne pouvait être considérée comme sûre qu'après la chute d'au moins quelques forts du côté est.

Mon congé du général von Emmich fut émouvant. À 7 heures, je partais pour Aachen, voyage assez drôle.

Un homme de la garde civique se présentait pour m'y conduire. Il choisit un véhicule, que je refusais. Celui que moi j'avais choisi, tomba en panne dans la Citadelle même. Il ne me restait donc qu'à me confier aveuglément au soldat belge. Le voyage se passa sans histoire : nous traversions Herve, où mon cantonnement et la gare avaient été incendiés. Arrivé en territoire allemand, le conducteur s'arrêta tout à coup et me déclara ne pas pouvoir continuer à rouler. Par divers autres moyens de transport, j'arrivais tard le soir à Aachen avec mon soldat belge. À l'hôtel Union, je fus salué comme un rescapé. J'y trouvais aussi mes grands bagages avec mon ordonnance Rudolf Peters qui m'est resté fidèle pendant six longues années. Son désir le plus cher était d'obtenir la Croix de Fer ; elle ne pouvait pas lui être attribuée car dans son cas, cela aurait été contraire à mes conceptions.

À Aachen, je mangeais vite et peu, puis retournais vers le front pour chercher les brigades. Pendant presque 90 heures, je ne quittais pas mes vêtements. Par hasard, je tombais sur mon ancien régiment qui avait été mis en route à toute vitesse pour porter aide à ceux qui se battaient à Liège.

Le commandement suprême de l'armée à Berlin avait aussi eu les plus grandes craintes sur notre sort. La situation de nos troupes dans la forteresse est très tendue, je me faisais des soucis pour eux. La tension se relâchait cependant, car l'ennemi ne bougea pas. Le récit des événements ultérieurs devant Liège fait partie de l'histoire de la guerre.

J'ai seulement eu l'occasion de participer à la prise du fort de Pontisse au front nord et ai pu assister à la chute du fort de Loncin. Un coup de notre canon de 42 cm l'avait touché ; les stocks de munitions avaient fait explosion et l'ouvrage s'était effondré. Des soldats tout noirs et complètement troublés sortaient du tas de décombres, mélangés à des prisonniers allemands de la nuit du 5 au 6. Saignants, les mains en l'air, ils venaient vers nous. Ils parvenaient à balbutier "Ne pas tuer, ne pas tuer". Nous n'étions pas des Huns. Nos hommes apportaient de l'eau pour rafraîchir l'ennemi.

Peu à peu les ouvrages tombaient entre nos mains et assez vite pour que l'aile droite de l'armée allemande puisse continuer, sans être gênée, au-delà de la Meuse vers l'intérieur de la Belgique. Une pierre venait de tomber de mon coeur.

J'ai considéré comme une faveur spéciale du sort d'avoir pu participer à la prise de Liège, d'autant plus qu'en temps de paix, j'avais collaboré à la mise au point des plans d'attaque et que j'étais persuadé de l'importance de la mission.

Pour avoir conduit la brigade, Sa Majesté m'octroya l'Ordre pour le Mérite. Le général von Emmich reçut naturellement cet ordre avant moi, car c'était lui le commandant responsable. D'autre part, la prise de Liège n'était pas le fait d'un seul homme, mais le fruit de la collaboration de toute une série de militaires qui peuvent se partager la gloire d'avoir soumis la forteresse.

En ma qualité de quartier-maître principal, j'ai pu vivre notre marche plus en avant. J'ai eu l'occasion d'étudier à fond tous les problèmes de ravitaillement d'une armée, ce qui ultérieurement, m'a grandement facilité mes fonctions de chef.

Au cours de mes voyages à travers le pays, je suis passé par Andenne où j'ai eu une image saisissante et émouvante des horreurs de la guerre des francs-tireurs. Le 21 août, j'assistais encore au passage de la Sambre à l'ouest de Namur par la 2e division de la garde. Les déploiements pour le combat se faisaient dans le calme. Il est exaltant de voir les beaux gaillards du régiment Augusta se jeter au combat.

Le 22 août au matin, je recevais ma mutation pour l'est.


Date de mise à jour : Mardi 3 Novembre 2015