Tome III - Fascicule 10 - avril-juin 1988


Les Chasseurs ardennais

André ALEXANDRE


"Es sind keine Menschen, sondern grüne Wölfe" ("Ce ne sont pas des hommes, mais des loups verts")

Erwin Rommel, commandant la 7e Panzerdivision, à Chabrehez, le 10 mai 1940


Il y aura bientôt 54 ans, étaient créés officiellement les régiments de Chasseurs ardennais, qui reçurent leurs drapeaux, à Waltzing (Arlon) le 15 septembre 1934.


Des origines à la guerre

La défense des Ardennes a toujours été l'un des principaux sujets de préoccupation de l'état-major de l'armée. Ce problème avait déjà été soulevé lors du conflit franco-prussien de 1870.

Bien avant la Première Guerre mondiale, on reparla de la défense du Luxembourg. Le major Bremer suggérait même, en mars 1914, d'y créer des unités spéciales, chargées de la défense des frontières et de la préparation des destructions.

La question est reposée à nouveau par le général Hellebaut, en 1928, à la Commission militaire mixte. Ce général préconise de lutter à la frontière, au moyen d'un système de destructions et d'obstructions tenues par des détachements spéciaux s'appuyant sur des positions préparées, dont l'ossature serait faite d'abris bétonnés.

Le 16 avril 1931, le sénateur libéral Albert Devèze fait adopter, par le Conseil Supérieur de la Défense Nationale, un projet de constitution d'un centre de résistance permanent pour défendre "la trouée des Ardennes". Il demande la création d'un bataillon de Chasseurs Ardennais à six compagnies, à Bastogne.

Monsieur Devèze devient ministre de la défense nationale en décembre 1932. Aussitôt il fait mettre ses conceptions en pratique.

En février 1933, le ministre crée le Commandement des Troupes de Défense du Luxembourg et de Namur (T.D.L.N.) et provoque, en mars, le changement de dénomination du 10e régiment de ligne, caserné à Arlon, en régiment de Chasseurs ardennais, dont la devise sera "Résiste et mords".

Dès la fin de cette même année, il conçoit le projet de diviser le régiment en trois détachements, établis à Arlon, Bastogne et Vielsalm, avec recrutement et mobilisation locaux. La construction de casernes à Bastogne et Vielsalm décidée, le régiment commence à recruter en Ardennes.

Les trois bataillons cyclistes de Chasseurs ardennais, formés au moyen de volontaires à Beverloo, rejoignent Arlon à l'issue de leur instruction. Le régiment se fractionne alors en trois détachements :

- à Arlon, le 1 CH A (état-major du régiment et 1er Bn (ex-1er Bn 10 Li) forment le 1er détachement.

- à Bastogne, le 2 CH A (ex-2e Bn 10 Li) forme le 2e détachement.

- à Vielsalm, le 3 CH A (ex 3e Bn 10 Li) forme le 3e détachement.

Le 15 septembre 1934, à Waltzing, près d'Arlon, le Roi Léopold III remet à chacun des détachements un drapeau reprenant les citations de l'"ancêtre", le 10e régiment de ligne, dont l'étendard sera remis au Musée royal de l'Armée, à Bruxelles.

En novembre 1934, le régiment devient corps des Chasseurs ardennais, et les détachements s'appellent désormais groupements mixtes des Chasseurs ardennais. L'état-major du corps reste à Arlon.

La même année est créé à Arlon, le groupe d'artillerie des Chasseurs ardennais.

En juillet 1935, les groupements se renforcent par l'arrivée des bataillons Cyclistes Frontière d'Arlon, de Bastogne et de Vielsalm, qui, constitués à Beverloo, accentuent le caractère d'unité spéciale.

Fin 1935, le corps devient division des Chasseurs ardennais.

De 1935 à 1937, les Ch A poursuivent leur formation.

À partir du 27 mars 1937, les groupements mixtes prennent officiellement la dénomination de régiments :

- 1er régiment de Chasseurs ardennais, casernes Léopold et Callemeyn, à Arlon.

- 2e régiment de Chasseurs ardennais, caserne Heintz, à Bastogne.

- 3e régiment de Chasseurs ardennais, caserne Ratz, à Vielsalm.

On notera qu'à Vielsalm, le 3e Ch A comprend des Belges de langue allemande, originaires des "cantons rédimés".

Le groupement d'artillerie devient régiment d'artillerie le 18 juillet 1939, et occupe la caserne de Flawinne (Namur).

Les échelons arrière des Chasseurs ardennais, comprenant les bataillons de recrues et des dépôts de mobilisation des 4e, 5e et 6e régiments, s'installent dans les nouvelles casernes construites à Flawinne, Seilles et Antheit, tandis que l'école divisionnaire vient tenir garnison à Namur.

À la mobilisation de septembre 1939, les Chasseurs ardennais comprennent :

- 6 régiments d'infanterie, numérotés de 1 à 6,

- 2 bataillons de réserve cyclistes,

- 1 bataillon de troupes auxiliaires,

- 1 régiment d'artillerie,

- 1 bataillon du génie,

- 1 bataillon de troupes de transmission,

- 1 compagnie de mitrailleurs anti-avions,

- 1 compagnie médicale,

- 1 compagnie d'intendance,

- 1 compagnie de transport.

Le 22 novembre 1939, l'appellation de T.D.L.N. est remplacée par celle de VIIe corps d'armée, avec deux divisions de Chasseurs ardennais :

- la 1ère division comprend les 1er, 2e et 3e régiments et est commandée par le général Descamps,

- la 2e division comprend les 4e, 5e et 6e régiments et est commandée par le général Ley.

Le 11 janvier 1940, le régiment d'artillerie prend la dénomination de 20e régiment d'artillerie des Chasseurs ardennais.

Au matin du 10 mai 1940, donc, les Ch A constituent un corps d'armée à deux divisions, avec régiment d'artillerie, bataillon moto et autres troupes de corps d'armée, plus un centre de renfort et d'instruction (CRI) qui serait devenu, si la guerre s'était prolongée, une 3e division composée des 7e, 8e et 9e régiments.


La mission des Chasseurs Ardennais

Le premier projet d'emploi, au moment de leur création, prévoyait, pour chacun des groupements, une phase de première résistance limitée, à proximité de la frontière. Cette résistance devait être articulée sur des systèmes d'abris constitués en points d'appui.

Chaque groupement devait ensuite se replier le long d'un itinéraire principal, en y faisant des arrêts derrière les destructions et obstructions, en les défendant.

Durant l'hiver 39-40, les Chasseurs ardennais occupent successivement les différents points de défense prévus, et assurent toutes les gardes le long de la frontière, comme les unités Cyclistes Frontière des provinces de Liège et du Limbourg. Ils occupent de petits abris en béton, appelés "abris Devèze", construits dans tout le Luxembourg belge et dans la partie sud de la province de Liège.

Chaque abri est prévu pour une arme automatique (mitrailleuse ou fusil-mitrailleur) et quatre servants, gradé compris. Il doit pouvoir résister au feu du canon de 77 mm. Ces abris ne comportent pas de système de ventilation, ni de cloche d'observation ni de projecteur. Ils sont de dimensions réduites (3,30 m x 3,25 m) et dissimulés dans des couverts naturels ou des bâtiments.

Le colonel Chardomme, premier chef de corps des Ch A, a imaginé un affût spécial de casemate pour la mitrailleuse Maxim, et un autre officier, du nom de Squifflet, a apporté une modification qui permet de fixer le F.M. Mod 30.

Une première ligne de 172 abris est établie près de la frontière, sur une ligne allant de Stavelot à Arlon, par Houffalize et Bastogne ; cette ligne s'appuie sur les rivières Salm, Ourthe orientale supérieure et Sure.

Les centres fortifiés d'Arlon et de Bastogne comportent respectivement 28 et 29 abris. Certains noeuds routiers sont défendus par un total de 44 abris.

Habay-la-Neuve (6 abris), Vance (3), Neufchâteau (13) et une ligne d'Amberloup à Recogne (14) complètent le système de défense qui comporte au total 312 abris qui ont coûté 6 millions de francs de l'époque.

Ajoutons encore que, dans la région de Manderfeld - Saint-Vith - Losheimergraben, le peloton du lieutenant Stevelinck (3e Ch A) a utilisé des skis, au cours de l'hiver, pour parcourir toute la région, devenant ainsi, officieusement, la première (et unique) unité belge de "chasseurs-skieurs" !


La campagne des 18 jours

En mai 1940, les Ardennais remplissent magnifiquement leur devoir, forçant l'admiration de l'ennemi ; ils se battent courageusement du début à la fin, faisant ainsi honneur à leur devise. Voici quelques exemples :

- Le commandant Kelecom, à la tête de la 4e cie du II/1 Ch A, accroche l'ennemi qui se présente à Martelange vers 7 heures du matin le 10 mai et lui occasionne des pertes sensibles.

- À Bodange, la 5e Cie du II/1 Ch A, du commandant Bricart, bloque l'avant-garde de la 1ère Panzerdivision toute la journée ; à Strainchamps, le 1er peloton du sous-lieutenant Nemry se maintient même jusqu'à la tombée de la nuit, arrêtant un élément avancé de la 2e Panzerdivision.

- Entre Vielsalm et Houffalize, la 3e cie du 1/3 Ch A accroche le 7e Panzer et le bloque pendant plusieurs heures à Chabrehez, obligeant Rommel à intervenir en personne.

- À Léglise, les aéroportés allemands transportés par Fieseler Storch sont contre-attaqués par la cie motos du 1 Ch A et doivent abandonner le village.

- À Rochelinval, un peloton de la 5e cie du 11/3 Ch A, commandé par le sous-lieutenant Liégeois, contient pendant 5 heures la 8e Infanteriedivision, l'empêchant de contourner la position de Trois-Ponts.

Pour toutes ces actions, les Chasseurs ardennais reçoivent une citation "Ardennes 40".

Par la suite, sur la Meuse, le Canal Albert, la Dendre et la Lys, les Chasseurs ardennais combattront avec un rare courage, contre-attaquant avec succès à Vinkt, à Gottem, à Deynze ; ils réoccuperont de nombreuses positions prises par les Allemands.

Pour l'ensemble de la brève campagne des 18 jours, les Chasseurs ardennais auront reçu 6 citations : "Ardennes 40", "La Dendre", "Vinkt", "La Lys 40", "Canal Albert", "Bataille de Belgique 1940".

Les Anglais, impressionnés par les actions des Chasseurs ardennais, doteront leurs commandos de bérets verts, en hommage à leur bravoure.

Le 1er Ch A recevra en outre, suite aux combats livrés dans la région de Neufchâteau, la Croix de Guerre française avec palme, et la fourragère aux couleurs de l'Ordre de Léopold. Les autres régiments recevront également la fourragère.

Durant l'occupation est créé le service social des Chasseurs ardennais, qui viendra en aide aux Chasseurs et aux familles des prisonniers.

Plusieurs réseaux de résistance adopteront, en signe de symbole, le béret vert des Chasseurs, et certains groupes, comme celui d'Orchimont (armée secrète), compteront dans leurs rangs de nombreux Chasseurs rescapés de la campagne de 40.


Les tenues

Lorsqu'il s'agit, en 1933, de doter les Chasseurs Ardennais d'un uniforme et d'attributs particuliers, on se soucie de l'implantation géographique des garnisons et du recrutement local.

Des études sont entreprises et il semble que trois projets successifs ont vu le jour.

Le premier attribue aux Chasseurs ardennais un uniforme gris, du genre de celui de la Grenzschutz allemande ; le Musée de l'Armée détient les preuves de l'existence de ce projet, sous forme de planches en couleurs.

Le deuxième projet propose une tenue bleu marine, comparable à celle des Chasseurs alpins français.

Le troisième, attribué au ministre Devèze, est finalement adopté. Les Chasseurs ardennais se voient dotés d'une tenue à peine différente de celle du reste de l'armée (veste ou vareuse kaki avec culotte des troupes montées ou cyclistes, casque d'acier, etc.). Les différences les plus évidentes tiennent à la coiffure et aux insignes.

On notera que, pendant un court laps de temps, le bataillon à pied sera équipé du pantalon d'infanterie avec guêtrons, avant la généralisation de la tenue des troupes montées (culotte et guêtres). La capote réglementaire est celle des cyclistes, très courte, sauf pendant la période où le bataillon susmentionné fut équipé de la capote normale d'infanterie.

Il existe des vestes de cuir de plusieurs modèles et couleurs ; les premières sont de couleur noire et les suivantes seront kaki-olive. Des différences (longueur, coupe des poches et du col) résultent des différents contrats passés avec des firmes civiles.

Les pantalons de cuirs sont moins courants que les vestes.


Coiffure et insignes

À la place du "bonnet à floche", les Ardennais sont dotés du large béret vert sapin, presque identique, couleur exceptée, à celui des Chasseurs alpins français. Il a un diamètre de 28 cm, soit un peu plus que le béret actuel du même corps. Sa teinte est aussi légèrement plus foncée. Il se porte davantage sur l'oreille droite qu'à l'heure actuelle.

L'insigne du béret et des pattes de col est la hure de sanglier. Les couleurs des pattes de col sont le vert-sapin avec passepoil écarlate (à l'exception des officiers généraux, du personnel médical et des artilleurs).

Le vert rappelle la couleur dominante de l'Ardenne et l'écarlate, l'appartenance à l'infanterie. La hure rappelle l'animal caractéristique des Ardennes, qui symbolise lui-même la  puissance et l'agressivité résumées par la devise : "Résiste et mords".

La casquette est rarement portée ; dans ce cas, la hure est posée sur le bandeau et le sommet de ce dernier est orné d'un passepoil écarlate. Les aumôniers portent la croix sur la casquette et les médecins, le caducée. Les généraux (le général Ley est vu le plus souvent en casquette) y portent les attributs prévus par le règlement. Cependant, le généraux peuvent porter le béret ; dans ce cas, le foudre est porté en principe entre les doubles barrettes. On note cependant que le général Descamps a l'habitude de remplacer le foudre par la hure sur son béret, pratique qu'il avait déjà adoptée en tant que colonel commandant le 1 Ch A alors que, officier breveté d'état-major, il eût dû porter le demi-foudre entre les barrettes.

Sur le béret, les officiers brevetés d'état-major portent donc le demi-foudre et les officiers supérieurs, une barrette verticale de part et d'autre de la hure ou du demi-foudre, selon les cas. Les aumôniers portent la croix, les médecins, le caducée enguirlandé et les infirmiers, le caducée simple.

Les bataillons cyclistes arborèrent au début la roue cycliste surmontée d'un  chiffre. Par après, la hure fut généralisée (sauf exceptions ci-dessus), surmontant le chiffre régimentaire.

Le bataillon moto portait aussi la hure, posée sur le chiffre romain VII. En effet, le bataillon était directement rattaché au corps d'armée ; les documents prouvent cependant que le chiffre romain ne fut pas porté par tous.

Une dernière exception : les artilleurs arboraient au béret vert une roue dentée posée sur deux canons croisés. Ceci était destiné à souligner que l'unité était une des rares de toute l'artillerie à être entièrement motorisée. On notera également que les artilleurs ne portent pas de hure aux pattes de col, qui sont d'ailleurs de la couleur traditionnelle de l'artillerie, c'est-à-dire bleu de roi à passepoil rouge.

Divers modèles de hures ont existé, dans l'ensemble un peu plus allongées que les modèles actuels, plus bombées et un peu plus épaisses. Il est à remarquer que sur les pattes de col, les têtes sont placées se regardant et que sur la coiffure, la hure est placée regardant dans la même direction que sur la patte de col gauche.


L'équipement

L'équipement individuel est en cuir et en toile. Il est porté en grande partie sur le vélo.

Les pionniers artificiers sont munis d'un étui spécial contenant une cisaille repliée en deux parties.

Le personnel des T 13 et T 15, et le personnel motocycliste portent la veste de cuir et le casque moto ou celui du modèle des équipages de blindés. Sur cette veste, et même sur la capote, est portée la gaine du GP avec planchette-crosse, et l'étui pour chargeur de rechange.

Les porteurs de FM ont l'équipement en webbing et les Chasseurs dotés d'une mitraillette (en principe, deux par compagnie) ont un équipement spécial en cuir pour porter les chargeurs.

L'homme porte sur lui l'arme de poing dans son étui s'il en est pourvu, sa pelle et sa baïonnette (dans un étui combiné). Le reste de l'équipement personnel est porté sur le vélo.


Harnachement du vélo

Le fusil modèle 35 est fixé le long du cadre par une boîte pour la crosse et une sangle de cuir sur plaque de tôle placée sur le cadre, pour le canon. Deux besaces sont placées de part et d'autre du porte-bagage ; sur ce dernier, une couverture, la capote roulée dans une toile de tente, le casque, sanglé sur le tout. Le masque à gaz est attaché sur une des deux besaces, lesquelles contiennent la gourde et tout le reste de l'équipement, qui approche les 40 kilos avec le vélo.

Les vélos sont de lourds engins, fabriqués spécialement pour l'armée par deux firmes : Bury et Van Howard. Ils ont été décrits dans l'article consacré aux carabiniers cyclistes (Bulletin, tome III, fascicule 9).


L'armement

L'armement des Ch A est semblable à celui de l'infanterie et comprend, au début, le fusil Mauser M 1899, la mitrailleuse Hotchkiss, le FM Mod 30 et le pistolet FN 1910-22 de 7,65 mm. Plus tard, on verra apparaître les fusils Mod 35 ou 36, le GP 35 en 9 mm Para, la mitrailleuse Maxim en calibre 7,65 mm, la mitrailleuse lourde Hotchkiss de 13,2 mm (sur les T 15), le canon de 4,7 cm, le lance-grenades DBT, le mortier d'infanterie de 7,6 mm FRC.


Le matériel roulant

En plus de leurs vélos, les Ch A disposent de camions de marque FN ou CMC, ou de véhicules civils réquisitionnés.

Les motos, spécialement construites pour l'armée belge, sont des Saroléa, Gillet, FN, 600 cc solo ; Saroléa, FN, 1000 cc side-car ; tricar FN 1000 cc.

Les véhicules blindés sont des T 13 et des T 15. Les T 13 type III sont des  véhicules chenillés, sur châssis Vickers Carden-Lloyd, armés d'un canon de 4,7 cm FRC et d'un FM 30. Le 4,7 est monté en semi-tourelle à révolution totale. Le poids est de 5 tonnes, la longueur de 3,65 m, la largeur de 1,87 m, et le blindage à 9 mm. Le moteur est un Vickers 6 cylindres ; vitesse sur route 40 km/h ; rapport de 5 vitesses. L'équipage est composé de trois hommes.


Les Chasseurs Ardennais après la guerre

L'armée mise sur pied après la victoire de 1945 reprend les noms et traditions des vieux régiments.

Le 1er bataillon de Chasseurs ardennais est reformé en 1946 et occupe successivement, en Allemagne, les garnisons de Brand, Hemer, Siegen, Siegburg, Spich, avant de revenir en Belgique à Marche-en-Famenne.

Le 2e bataillon est reformé à Bastogne en 1952, mais sera dissous en 1956, et placé en réserve.

Le 3e bataillon retrouve sa garnison de Vielsalm en 1952 et y est toujours stationné. On remarquera d'ailleurs qu'hormis les années de guerre, cette unité n'a jamais quitté sa garnison, fait trop rare pour ne pas être signalé.

Les 4e, 5e et 6e Chasseurs ardennais sont des bataillons de garde mis en réserve.

Tous ces bataillons reprennent les couleurs et insignes des Chasseurs ardennais.

Le 20e régiment d'artillerie des Chasseurs ardennais est reconstitué en 1951, à Aix-la-Chapelle, sous le nom de 20e bataillon d'artillerie. Au contraire des autres unités citées ci-dessus, il adopte le béret bleu de roi propre à l'artillerie, mais garde ses traditions ardennaises en arborant un foulard vert.

Le bataillon moto n'a pas été reconstitué après la guerre.


Organigramme des unités

Composition des détachements de 1934 à 1937

Un bataillon de miliciens à pied à quatre compagnies, dont une de mitrailleurs ; une compagnie de mortiers F.R.C. de 7,6 cm ; une compagnie de canons antichars de 4,7 cm ; quatre autos blindées.

En 1935, les groupements se renforcent par l'arrivée des bataillons cyclistes ; les Chasseurs reçoivent des T 13.

Composition des régiments en 1937

Deux bataillons, dont un cycliste, de deux compagnies, à deux pelotons ; une compagnie d'engins composée d'un peloton de quatre mitrailleuses, un peloton de  quatre T 13, une section de deux mortiers 7,6 FRC et une section de deux T 15.

En mars 1938, les compagnies passent de deux à trois pelotons, par l'appoint de quatre mitrailleuses, et la compagnie d'engins perd ses mitrailleuses et ses mortiers ; elle reçoit, en contrepartie, neuf T 13 et un peloton de motocyclistes. La même année, les bataillons de recrues des échelons arrière sont mis à vélo, et tous les Chasseurs ardennais reçoivent une instruction multiple comprenant les qualifications de pionnier et d'artificier.

Composition des régiments en 1940

État-major régimentaire et cie médicale

1er bataillon : état-major, 1ère, 2e, 3e cie

2e bataillon : état-major, 4e, 5e, 6e cie

3e bataillon : état-major, 7e, 8e, 9e cie

10e cie motos et 11e cie engins (T13 et T15).

La compagnie comprend trois pelotons de fusiliers à deux groupes de combat et une équipe DBT, un peloton de mitrailleurs à quatre pièces, un peloton hors-rangs.

Le peloton comprend 46 hommes (contre 65 à l'infanterie de ligne), formant deux groupes de combat et un groupe de trois lance-grenades (même organisation que les CyF de Liège et du Limbourg). La puissance de feu est cependant sensiblement égale à celle de l'infanterie de ligne car le groupe de combat est à deux FM chez les Ardennais. Le peloton de mitrailleurs comprend deux sections, armées chacune de deux mitrailleuses.

Composition du groupe d'artillerie (1934 à 1938)

À sa formation, le groupe d'artillerie comprend : 3 batteries de canons 75mm Bofors M34 à quatre pièces, remorqués par des tracteurs à chenilles Vickers Carden Lloyd ; ces canons sont d'un type spécial permettant une action efficace dans les sites parfois tourmentés de l'Ardenne. Dans le film de l'époque, de Gaston Schoukens, Ceux qui veillent, on voit les Chasseurs ardennais porter à bras les différentes pièces des canons (tubes, affûts, boucliers, bêches).

Composition du régiment d'artillerie 1938

Le régiment comprend un groupe à deux batteries de canons Bofors 75mm M34 et un  groupe à deux batteries d'obusiers 105 mm. Ces pièces sont remorquées par des tracteurs FN de 3 tonnes. En outre, les Chasseurs ardennais disposent d'artillerie lourde, les batteries de Neufchâteau et de Libramont, qui comptent chacune quatre obusiers de 6 pouces.

Le 10 mai 1940, la composition est la suivante :

1er groupe de canons de 75 mm à deux batteries

2e groupe de canons de 75 mm à deux batteries

3e groupe d'obusiers de 105 mm à trois batteries de deux pièces

4e groupe d'obusiers de 105 mm à trois batteries de deux pièces

Une batterie école.

Composition du bataillon motos 1940

Deux compagnies motos à trois pelotons de fusiliers et une compagnie d'engins de deux pelotons de mitrailleurs à quatre pièces et deux pelotons de canons de 4,7 tractés à quatre pièces (traction par camions GMC). La mission du Bn Motos ChA est la reconnaissance, la sûreté et le renseignement.

Composition du CRI ChA, 7e régiment ChA 1940

Trois bataillons, un de recrues et deux de renforts; une compagnie de services et une compagnie école.


Date de mise à jour : Mercredi 4 Novembre 2015