Tome II - Fascicule 6 - avril-juin 1984


Un document exceptionnel relatif à l'organisation défensive de la Belgique avant 1940


Pour faire suite à la communication de notre président, A. Gany dans les locaux du CLHAM le 4 octobre 1983, nous publions ci-après le document sur lequel l'exposé s'était basé.

Cette synthèse avait été rédigée par une section de l'état-major général de l'Armée belge vers les années 1935-1936.

Le programme de construction esquissé ne sera pas entièrement réalisé ; c'est en particulier le cas du fort de Sougné-Remouchamps auquel on renoncera.

La note ne reprend pas les coûts d'armement qui sont donc à ajouter aux montants cités. Tous les chiffres sont exprimés en francs de l'époque et doivent donc être multipliés par 20 pour obtenir leur contre-valeur actuelle.

Par ailleurs, nous faisons suivre ce texte d'une série de documents photographiques, communiqués et commentés par notre érudit membre J. Lebeau. Un lexique figure in fine.

L'exposé est structuré comme suit :

I. Vue d'ensemble du système fortificatif belge vers 1935

1. Défense permanente de la frontière de l'est

     a. La situation à l'est des provinces de Liège et de Luxembourg

     b. La position fortifiée de Liège (P.F.L.)

     c. La situation dans les provinces de Limbourg et d'Anvers

     d. La situation entre Liège et la frontière française

2. La position fortifiée de Namur (P.F.N.)

3. La position fortifiée d'Anvers (P.F.A.)

4. Le réduit national

5. La tête de pont de Gand

6. La position semi-permanente Anvers-Namur

7. Inondations et destructions

II. J. Lebeau : Documents photographiques et commentaires

III. CLHAM : abréviations employées


I. Vue d'ensemble du système fortificatif belge vers 1935

En 1930 fut instituée une "Commission des Fortifications" qui décida d'adopter, pour la défense du territoire, le principe des régions fortifiées. Ce système permet en effet d'obtenir le meilleur rendement d'une quantité déterminée de travaux, de crédits et d'effectifs, et se plie beaucoup mieux à la souplesse des plans d'opérations, que le système du champ de bataille continu à la frontière. Celui-ci était pratiquement impossible à réaliser dans un petit pays comme le nôtre, dont le développement des frontières nord et est, d'Anvers à Arlon, atteint 300 kilomètres. Il ne suffit pas, en effet, de créer des positions, il importe de pouvoir les garnir et les défendre. Les effectifs réduits de l'armée étaient par eux-mêmes un obstacle insurmontable à l'application d'un tel système.

Vu l'exiguïté de notre territoire, la Commission estima d'abord, que le système détenait devait être porté aussi près de la frontière que possible, afin de soustraire la plus grande partie du pays aux dévastations de l'ennemi, et d'éviter la perte d'une partie importante de nos ressources ; elle conclut ensuite, que l'organisation défensive devait être établie en profondeur, et comporter deux lignes de régions fortifiées respectivement sur la Meuse et sur l'Escaut.

Ces deux fleuves constituent les seuls obstacles importants à des opérations militaires à travers le pays, non seulement pour l'ennemi, mais aussi pour nous-mêmes. Il importe donc d'y établir une défense permanente, tant dans le but de contrarier ou d'arrêter l'avance de l'adversaire, que d'assurer notre liberté de manoeuvres sur toute l'étendue du territoire.

Par ailleurs, les lignes d'eau des provinces de Limbourg et d'Anvers, ainsi que les couverts des Ardennes, peuvent également être d'un secours appréciable pour la défense du pays.

Enfin, la création d'un réduit national ayant des communications assurées avec l'extérieur, à l'abri duquel l'armée puisse se refaire, et éventuellement attendre de l'intervention de troupes alliées, fut reconnu indispensable.

Ces considérations ont conduit à l'organisation :

  1. de la défense permanente de la frontière de l'est ;
  2. de la position fortifiée de Namur ;
  3. de la position fortifiée d'Anvers ;
  4. d'un réduit national ;
  5. de la tête de pont de Gand ;
  6. à la préparation d'organisations semi-permanentes entre Namur et Anvers ;
  7. en ordre subsidiaire, à la préparation d'inondations et de destructions.


1. De la défense permanente de la frontière de l'est

L'organisation défensive permanente de la frontière de l'est comprend :

  1. des organisations échelonnées à la frontière orientale des provinces de Liège et de Luxembourg ;
  2. la position fortifiée de Liège ;
  3. des organisations dans les provinces du Limbourg et d'Anvers ;
  4. des abris contre l'irruption sur la Meuse, entre Liège et la frontière française.


a. Les organisations permanentes échelonnées à la frontière orientale des provinces de Liège et de Luxembourg ont été établies selon les directives suivantes :

En cas de menace d'invasion, une partie de nos forces seraient portées à la frontière orientale des provinces de Liège et du Luxembourg dans le but :

  • de protéger l'exécution des destructions prévues sur les voies ferrées et routières de pénétration ;
  • de s'opposer à la progression de l'ennemi ou, dans le cas où celui-ci s'avérerait avoir une supériorité marquée, de retarder sa progression dans la mesure du possible.

Un certain nombre de points seront occupés à cette double fin. La mission des troupes de défense sera facilitée par des obstructions qui seront créées à proximité immédiate de la frontière, à l'intervention de la gendarmerie, ainsi que par des destructions. Il est entendu, au surplus, que les troupes se couvriront d'obstructions dans la mesure compatible avec le temps disponible et les circonstances locales.

Malgré tout, la mission de ces garnisons de défense n'en reste pas moins délicate, car elles courent le grave danger d'être enveloppées ou accrochées, danger qui ne peut être atténué qu'aux conditions ci-après :

  • l'enveloppement devant être rendu difficile, il faut créer des flancs solides, présentant un échelonnement défensif en profondeur ;
  • il faut que, tant que les flancs résistent aux tentatives de débordement, le restant de la garnison ait la faculté de se replier à l'abri des vues, donc des feux ajustés de l'ennemi opérant sur les flancs ;
  • il faut qu'à l'arrière des centres de résistance et sur ses directions de repli, la garnison trouve, postés, des éléments de feu capables de la soustraire à l'emprise adverse. Les éléments de feu ainsi disposés, soit en flanc, soit sur les directions de repli, auront une mission qui peut les amener à prolonger la résistance; ils doivent donc être protégés, c'est-à-dire mis sous des abris bétonnés.
  • Pour éviter de déceler l'emplacement de la défense frontale, celle-ci ne comportera qu'exceptionnellement des abris. Au reste, la défense sera renforcée par l'action d'engins motorisés, dont l'intervention s'adaptera à l'organisation fortificative, mais ne doit pas conditionner celle-ci.
  • Tous les abris seront conçus pour une mitrailleuse avec 4 servants, gradés compris. Ils seront constitués de façon à donner au maximum la protection contre le coup isolé de canon de 77 mm. Ne comportant ni système de ventilation, ni cloche d'observation, ni projecteur, ils seront de dimensions réduites, ce qui diminuera leur vulnérabilité et leur visibilité. L'idéal serait de pouvoir les dissimuler dans des couverts naturels, ou dans des bâtiments ; en cas d'impossibilité, ils seront camouflés.
  • Le but à poursuivre est de les rendre suffisamment invisibles pour que l'ennemi ne puisse les soumettre à un tir observé. Ceux qui seront dissimulés aux vues pourront présenter une résistance moindre que celle prévue plus haut.

L'application de ces directives a conduit à la construction :

  • d'une première ligne de centres ou de postes fortifiés, comprenant un nombre d'abris variant de un à vingt-neuf : ce sont les postes ou centres fortifiés de Beusdael (3 abris), Hombourg (14 abris), Henri-Chapelle (12 abris), Grünhault (3 abris), Dolhain (12 abris), Jalhay (6 abris), Hockai (2 abris), Malmédy (6 abris), Stavelot (8 abris), Poteau (4 abris), Vielsam (13 abris), Salm-Château (3 abris), Cierreux (2 abris), Bovigny (4 abris), Beho (9 abris), Gouvy (7 abris), Brisy (1 abri), Houffalize Taverneux (8 abris), Rachamps (2 abris), Bourcy (4 abris), Noville (3 abris), Foy (3 abris), Bastogne (29 abris), Lutremange (2 abris), Villers-la-Bonne-Eau (2 abris), Tintange (2 abris), Warnach (2 abris), Strainchamps-Bodange (9 abris), Martelange (5 abris), Perlé (2 abris), Attert (8 abris) et Arlon (28 abris), soit au total, pour la première ligne, 218 abris ;
  • d'une deuxième ligne de centres ou de postes fortifiés, comprenant un nombre d'abris variant de un à onze : ce sont les postes ou centres fortifiés de Lansival (4 abris), Lierneux (5 abris), Fraiture-les-Tailles (6 abris), Wilogne (1 abri), Achouffe (2 abris), Grande-Mormont (3 abris), Herlinval-Wyenpont (6 abris), Bertogne (2 abris), Tenneville-Ortheuville (11 abris), Saint-Hubert (9 abris), Arville-Val de Poix (2 abris), Grupont (3 abris) et Forrières (2 abris), soit pour la deuxième ligne un total de 56 abris ;
  • d'abris défendant les noeuds routiers de Habay-la-Neuve (6 abris), Vance (3 abris), Neufchâteau (27 abris) et Recogne (8 abris), soit pour les noeuds routiers, 44 abris ;
  • de deux lignes d'abris de cloisonnement, l'une allant de Bastogne à Neufchâteau, comportant 13 abris, l'autre allant d'Amberloup à Recogne et comportant 14 abris, soit pour les lignes de cloisonnement, 27 abris.

Les organisations défensives échelonnées de Beusdael à Malmédy jalonnent la ligne avancée de la P.F.L., laquelle sert de position de repli à leur garnison ; tandis qu'elle constitue appui d'aile gauche pour les lignes des autres centres et postes fortifiés mentionnés situés plus au sud.

La première de ces lignes s'y raccorde par les vallées de la Salm et de l'Amblève ; la deuxième, par les vallées de la Lienne et de l'Amblève.

Chacune de ces vallées est défendue par des abris agissant en flanquement du fond, ou interdisant l'accès des routes qui y débouchent, abris au nombre de 12 pour la Salm, de 13 pour la Lienne et de 5 pour l'Amblève.

L'ensemble de ces organisations comportent donc 375 abris dont la construction a coûté 6 millions de francs.


b. La position fortifiée de Liège est appelée à jouer un rôle d'une importance primordiale dans la défense du pays.

Ce rôle peut être défini comme suit :

  • Couvrir la mobilisation et la concentration de l'armée de campagne, de concert avec la position fortifiée de Namur.
  • Former tête de pont offensive, permettant à l'armée de déboucher sur la rive droite du fleuve, et de menacer les communications d'une armée ennemie engagée soit dans le Luxembourg, soit dans le Limbourg hollandais.
  • Former tête de pont de retraite, permettant de recueillir l'armée après un échec éventuel subi sur la rive droite du fleuve.
  • Constituer, pour des fractions de l'armée en campagne, des positions fortifiées particulièrement solides.
  • Constituer pivot de manoeuvre, comme appui d'aile droite de la position Anvers-Liège, et comme appui d'aile gauche de la défense du Luxembourg ou de la position Meuse-Amont.

Pour remplir ces différentes missions, la P.F.L. doit être organisée solidement en profondeur. Elle comporte :

  • une ligne avancée, à proximité de la frontière ;
  • une première ligne de défense, à hauteur de la Meuse entre Lanaye et Visé, et, de là, jalonnée par Neufchâteau, Battice, Pepinster, Sougné-Remouchamps et la vallée de l'Amblève entre Remouchamps et Comblain-au-Pont ;
  • une deuxième ligne de défense à hauteur des anciens forts de la rive droite ;
  • une troisième ligne de défense, à hauteur de Jupille, Chênée-Renory ;
  • la ligne de défense de la Meuse à hauteur du fleuve ;
  • un réseau téléphonique enterré ;
  • enfin, pour mémoire, la ligne des forts non réarmés de la rive gauche de la Meuse, dont l'occupation par des unités spéciales de Mi est prévue.

 La ligne avancée : son tracé et ses organisations défensives permanentes ont été décrits plus haut.

La première ligne de défense comprend :

  • cinq forts modernes : Eben-Emael, Neufchâteau, Battice, Pepinster et Sougné-Remouchamps ;
  • une ligne d'abris d'intervalle.

Les forts contiennent l'armement de sûreté destiné en ordre principal, à intervenir dans l'irruption ou dans l'attaque brusquée ; à agir par des tirs de flanc dans les intervalles et à suppléer, en cas de percée du front, à la déficience de l'artillerie non protégée.

Ils constituent en outre des points d'appui de la position d'infanterie.

Ce sont des ouvrages fermés, entourés le plus souvent, par un fossé sec et par un réseau de défenses accessoires dont la majeure partie est placée dès le temps de paix.

Leurs organes actifs sont à l'épreuve du 280 à Eben-Emael, du 420 à Neufchâteau, Pepinster et Sougné-Remouchamps ; du 520 à Battice.

Le fort d'Eben-Emael est l'appui d'aile gauche de cette première ligne. Il a pour mission particulière l'interdiction des débouchés de Maastricht et de Visé, ainsi que le flanquement de la tranchée du canal Albert, entre Lixhe et Canne. Il tient également sous ses feux l'écluse de Lanaye dont l'occupation permettrait à l'ennemi d'effectuer des manoeuvres d'eau préjudiciables à la défense du canal Albert.

Sa superficie est de 66 hectares.

Son armement comprend :

1 coupole de deux canons de 120 ;

2 coupoles de deux canons de 75 ;

4 casemates de 3 canons de 75 GP chacune, dont 6 pièces tirent en direction de Visé et 6 pièces en direction de Maastricht ;

3 Mi flanquent le terre-plein intérieur.

Ce fort possède en outre trois observatoires d'artillerie cuirassés intérieurs et un observatoire cuirassé extérieur situé au nord-ouest de Visé.

L'obstacle est constitué, sur les fronts nord et est, par le canal Albert ; sur le front sud, par un fossé sec, de 5 mètres de profondeur et de 10 mètres de largeur au plafond, sur le front ouest, par les inondations du Geer ; il est battu par mitrailleuses et par canons de 60.

Le fort de Neufchâteau a pour mission particulière d'interdire les routes, et particulièrement celle d'Aix-la-Chapelle à Visé, de battre les carrefours de Val-Dieu et du mamelon 205 situé à 800 mètres de Val-Dieu, et de flanquer la ligne de défense au nord-ouest du plateau.

Sa superficie est de 30 hectares.

Son armement comprend :

3 mortiers de 61 mm ;

2 coupoles de 2 canons de 75 mod. 34 ;

7 cloches pour Mi. pour le flanquement du glacis ;

4 cloches pour F.M.

Ce fort ne comporte aucun organe intérieur spécialement affecté comme observatoire d'artillerie, mais deux abris munis de cloche pour guetteur, de l'intervalle Neufchâteau-Visé, ainsi que deux abris observatoires de l'intervalle Neufchâteau-Battice, travaillant à son profit comme observatoires cuirassés extérieurs.

L'obstacle est constitué par des fossés secs, de 5 mètres de profondeur et 15 mètres de largeur au plafond, battus par Mi et par canons de 47.

Le fort de Battice a pour mission l'interdiction du chemin de fer d'Aix-la-Chapelle à Liège, de la route d'Aubel à Battice, du chemin de fer d'Aix-la-Chapelle-Herve-Liège, et le flanquement de l'intervalle vers le sud et vers le nord.

Son armement comprend :

2 coupoles de 2 canons de 120 ;

3 coupoles de 2 canons de 76 mod. 34 ;

8 cloches pour Mi pour le flanquement des glacis ;

2 observatoires à artillerie et deux ouvrages détachés avec observatoire d'artillerie.

L'obstacle est constitué par la tranchée du chemin de fer flanquée par 4 canons de 60 et par des fossés secs (type Neufchâteau), battus par Mi.

Le fort de Pepinster a pour mission particulière l'interdiction de la vallée de la Vesdre et de la route de Theux à Mont, ainsi que l'appui de la ligne d'abris d'intervalle, en tenant la vallée de la Hogne sous le feu de ses mortiers.

Sa superficie est de 30 hectares.

Son armement comprend :

3 mortiers de 81 mm ;

2 coupoles de 2 canons de 75 mod. 34 ;

8 cloches pour Mi pour le flanquement des glacis ;

3 cloches pour F.M., dont 1 sur le bloc mortier pour la défense du terre-plein intérieur.

L'obstacle est constitué par des fossés secs (type Neufchâteau), battus par Mi et canons de 47.

L'accès d'interdiction du fort de Pepinster est complété par deux casemates, armées d'une Mi et d'un canon de 47, l'une enfilant la route d'Aix-la-Chapelle à Liège par la vallée de la Vesdre, l'autre enfilant la route de Theux à Mont. Ces casemates travaillent également comme observatoires d'artillerie au profit du fort qui ne comporte aucun organe intérieur spécialement affecté à cette fin.

Le fort de Sougné-Remouchamps a pour mission particulière l'interdiction de la vallée de l'Amblève et de la route de Werbomont à Aywaille, ainsi que le flanquement de la ligne de l'Amblève vers le sud et vers l'est.

Sa superficie est de 40 hectares.

Son armement comprend :

4 mortiers de 81 mm ;

2 coupoles de 2 canons de 75 mod. 34 ;

8 cloches pour Mi pour le flanquement des glacis ;

2 cloches pour F.M. dont une sur le bloc mortier pour la défense du terre-plein intérieur ;

1 observatoire détaché donnant des vues sur la vallée de l'Amblève.

L'obstacle est constitué par des fossés secs (type Neufchâteau), battus par Mi et canons de 47.

Les organes de ces forts sont reliés par un réseau de galeries souterraines bétonnées profondément enterrées (de 20 à 40 mètres sous le sol à Eben-Emael, 30 mètres à Battice, 25 mètres pour les autres forts).

Sur ces réseaux sont greffés des locaux à munitions, des locaux de piquet et de garde, un poste de commandement, des salles de machines, une salle d'affusion, une station de pompage d'eau potable; une caserne souterraine comprenant des dortoirs, une cuisine, des latrines, plusieurs locaux destinés au service de santé, enfin, à l'écart, un dépôt mortuaire.

La caserne souterraine est réservée au temps de guerre; en temps de paix, la garnison est logée dans des baraquements extérieurs conçus de manière à pouvoir être rapidement brûlés ou détruits.

Le réseau de galeries souterraines s'étend sur 3 1/2 Km à Eben-Emael et Battice, sur 1 1/2 Km environ dans les autres forts.

La force motrice est fournie par des groupes Diesel alternateurs qui, en principe, sont d'une puissance double de la puissance nécessaire.

À Eben-Emael, il existe 3 groupes de 160 CV chacun; à Battice, 3 groupes de 115 CV chacun, dans les autres forts, le placement de 2 groupes de 115 CV est prévu.

Cette force motrice est utilisée pour l'éclairage des galeries et des blocs, pour la mise en batterie des pièces et le déploiement des coupoles, pour le fonctionnement des monte-charges, des ascenseurs, enfin la ventilation.

Celle-ci est assurée par des ventilateurs qui aspirent l'air frais de l'extérieur, puisé à un endroit défilé, bien ventilé, et dont le terrain est en pente, distant de 300 m environ du fort. La galerie d'aspiration de l'air sert également à la relève de la garnison du fort.

S'il en est besoin, l'air peut être aspiré à une quinzaine de mètres au-dessus du sol, au moyen d'un tube télescopique, sauf à Eben-Emael où 3 prises d'air de secours, débouchant dans la tranchée du canal, remplacent ce dispositif. Enfin, si à cette hauteur l'air est encore vicié, on aurait la ressource de faire passer l'air destiné à la caserne souterraine au travers de filtres prévus à cet effet. Les occupants des autres locaux devraient alors se protéger au moyen de masques avec boîte filtrante universelle.

La pression d'air des locaux est réglée de façon à permettre une rapide évacuation des gaz provenant du tir et à empêcher l'infiltration des gaz toxiques venant de l'extérieur.

Enfin, les communications téléphoniques intérieures sont assurées par un réseau complet; les communications avec l'extérieur, par câble téléphonique enterré et par un poste émetteur-récepteur de radio-télégraphie.

Les fossés sont éclairés par projecteurs, tandis que le terrain des abords est éclairé par fusées tirées des cloches pour Mi.

Abris d'intervalle Entre Lanaye et Visé, la première ligne de défense et la ligne de défense du fleuve sont confondues.

Sur le plateau de Herve, la première ligne est jalonnée approximativement par la ligne des forts; elle s'y trouve distante de 8 kilomètres environ de la ligne des anciens forts et est donc appuyée par leurs feux.

Entre Visé et le fort de Neufchâteau, la première ligne est dominée par des hauteurs situées à l'est ; mais cet inconvénient est largement compensé par l'action en flanc et à revers que l'on peut avoir, de la région de Mauhin et de Haussière, sur les occupants de ces hauteurs.

À partir de Houïeux (4 km au nord de Battice) le terrain plus ouvert et les vues plus étendues facilitent l'organisation de cette ligne.

Les directives admises pour l'organisation de la partie comprise entre Houïeux et le bois de Haute-Tribomont (2,5 km au nord de Pepinster) sont les suivantes :

Tant que l'ennemi n'aura pu mettre en position qu'une faible artillerie, la défense sera assurée par le 1er échelon. Dès que les opérations préliminaires pourront faire supposer que cette artillerie a été fortement renforcée, la bataille sera livrée sur le 2ème échelon.

En fonction de cette idée directive, il a été décidé de réaliser un 2ème échelon particulièrement puissant, disposé en arrière de la cote Rouaux-Margerin-Battice-Manaihant-Haute-Tribomont, partout où le terrain le permettra. Là où ce dispositif à contre-pente est réalisé, le 1er échelon a sa limite arrière aux crètes, et celles-ci seront garnies de Mi chargées d'exécuter des tirs en avant de cet échelon.

Au sud de la Vesdre, la première ligne est éloignée des anciens forts de Liège d'une distance variant de 12 à 16 km et adopte le tracé Pepinster-Theux-Spixhe-Haut-Regard, et se raccorde aux pentes Nord du ravin de la Gergova, facilement défendable, puis suit la rive droite de l'Amblève.

La région de Theux, ouverte et très accessible est organisée solidement; les abris y ont des vues et une action étendue.

La région de Spixhe-Haut-Regard, par contre, est entrecoupée de nombreux petits vallons et ravins, provoquant un morcellement extrême des tirs. Dans ce secteur, il y a dès lors 2 lignes : celle des abris de flanquement disposés sur les croupes vers la lisière du 1er échelon et celle des abris disposés plus en arrière, afin d'agir dans les dépressions séparant ses croupes.

Enfin, la vallée de l'Amblève entre Sougné-Remouchamps et Comblain étant naturellement forte, l'organisation vise uniquement à la défense des points de passage et des accès dans la vallée, et au flanquement du plan d'eau.

Les abris, tous pour Mi, constituent l'ossature de la position ainsi définie. Ils sont groupés de façon à former un certain nombre de points d'appui de peloton, choisis aux endroits capables de procurer un grand rendement des feux et des vues.

Ils sont bétonnés, à une embrasure et conçus pour résister au tir prolongé du 150 et à quelques coups du 200 ; sauf mention spéciale, ce type est celui admis pour tous les abris et cette capacité de résistance est celle adoptée pour tous les abris, casemates et centraux téléphoniques.

Certains abris, particulièrement bien placés au point de vue de l'observation, sont pourvus d'une cloche pour guetteur avec P.M. permettant de battre le terrain avoisinant.

Des abris à action frontale, en nombre restreint, sont pourvus d'un dispositif spécial d'embrasure permettant la réduction des dimensions des embrasures.

La densité moyenne de cette ligne d'abris est un abri par 250 mètres.

L'intervalle Visé-Neufchâteau comporte 19 abris, dont un avec cloche pour guetteur et F.M. et 1 avec cloche pour guetteur (non compris 7 abris faisant partie de la tête de pont de Visé dont il sera question plus loin).

L'intervalle Neufchâteau-Battice comporte 38 abris, dont 2 pourvus de cloche pour guetteur avec F.M., ainsi que 2 abris observatoires travaillant au profit des forts de Battice et de Neufchâteau, et ayant des vues étendues vars Aubel et Agenstein.

L'intervalle Battice-Pepinster comporte 50 abris, dont 4 avec cloche pour guetteur, 2 observatoires travaillant au profit des forts de Battice et de Pepinster, ainsi que 1 casemate, déjà citée plus haut, armée d'une Mi, d'un canon de 47, d'un P.M., d'un projecteur et d'une cloche pour guetteur destinée à interdire la vallée de la Vesdre et à servir d'observatoire cuirassé pour le fort de Pepinster.

L'intervalle Pepinster-Sougné-Remouchamps comporte 43 abris, dont 2 cloches pour guetteur et F.M., ainsi qu'une casemate déjà citée, armée d'une Mi., d'un canon de 47, d'un projecteur et d'une cloche pour guetteur destinée à la défense de la route de Theux à Mont, et à servir d'observatoire cuirassé extérieur pour le fort de Pepinster.

L'intervalle Sougné-Remouchamps-Comblain comporte 22 abris.

La première ligne de la P.F.L. comporte donc un total de 178 abris pour Mi, 4 observatoires et 2 casemates pour canon de 47.

Les cinq forts de cette ligne coûteront 172 millions ; les abris ont coûté 11 millions de francs, soit au total pour cette première ligne 163 millions, non compris l'armement.

Deuxième ligne de la P.F.L. Le tracé de cette deuxième ligne suit le tracé de la ligne des anciens forts de la rive droite (Barchon, Évegnée, Fléron, Chaudfontaine, Embourg et Boncelles) et s'appuie à la Meuse au nord vers le fort de Pontisse et au sud vers le fort de Flémalle, respectivement en aval et en amont, sur la rive gauche.

Ces huit anciens forts sont réarmés et occupés en tous temps ; sauf à Flémalle, la garnison est logée dans des baraquements extérieurs.

Le rôle de ces forts consiste à coopérer, par leurs feux d'artillerie, à la défense de la première ligne, à s'opposer à l'irruption, et à former point d'appui de la seconde ligne, ou à appuyer la défense du fleuve, en ce qui concerne les forts de Pontisse et de Flémalle.

L'armement provient en majeure partie d'anciens matériels allemands récupérés pour lesquels on disposait de munitions, et non employables en campagne, vu leur poids. Il comprend des coupoles de canons de 105 ou de 150, pour l'action lointaine, d'obusiers de 75, pour la défense de l'intervalle de la 2e ligne et de Mi. pour le flanquement des glacis, à savoir :

pour Pontisse : 1 coupole de 2 canons de 105 et 4 coupoles d'obusiers de 75 ;

pour Barchon : 2 coupoles pour 1 canon de 150, 2 coupoles de 2 canons de 105, 4 coupoles d'obusier de 75 et 1 coupole de Mi ;

pour Évegnée : 1 coupole pour 1 canon de 150, 2 coupoles pour 1 canon de 105, 3 coupoles d'obusier de 7,5 et 1 coupole de Mi ;

pour Fléron : 2 coupoles pour 1 canon de 150, 2 coupoles de 2 canons de 105, 4 coupoles d'obusier de 75 et 1 coupole de Mi ;

pour Chaudfontaine : 1 coupole pour 1 canon de 150, 2 coupoles de 1 canon de 105 et 4 coupoles d'obusier de 75 ;

pour Embourg et Boncelles : 4 coupoles d'obusier de 75 ;

pour Flémalle : 1 coupole pour 1 canon de 150, 1 coupole de 2 canons de 105, 4 coupoles d'obusier de 75 et 1 coupole de Mi.

L'obstacle est constitué par des fossés secs, flanqués par F.M. et par un réseau de défenses accessoires dont la majeure .partie est placée dès le temps de paix.

Ces forts sont à l'épreuve du 220. Le principe de leur renforcement est le suivant :

Les coffres de flanquement des fossés, la salle des machines, le bureau de tir, deux locaux pour le service de santé, les gaines de circulation reliant ces divers organes, ainsi que les locaux d'accès aux anciennes coupoles de 57 (actuellement coupoles d'obusier de 75) ont été renforcés, en créant, à l'intérieur des locaux et gaines existants, d'autres locaux en béton armé, avec tôles en ciel, et interposition, entre les nouvelles et les anciennes maçonneries, d'un blocage de moellons et de terre.

Sous le massif central, un réseau de galeries bétonnées a été créé pour servir, non seulement de gaines de circulation, mais également pour entreposer les munitions. Ces galeries réunissent les puits à matériel et à personnel donnant accès aux coupoles.

Les anneaux de certaines coupoles ont été renforcées par des anneaux en béton armé, d'une largeur de 4 m et d'une épaisseur de 2,50 m. L'observation est assurée par un observateur cuirassé, placé à la partie la plus élevée du massif central.

Enfin, une galerie d'une longueur variant de 200 à 400 m permet d'aspirer de l'air frais à l'extérieur du fort sauf à Pontisse et à Embourg, cette aspiration se fait au sommet d'une tour bétonnée de 18 m de hauteur (et d'effectuer la relève de la garnison du fort).

Une partie de cette galerie, enterrée à une profondeur de plus de 25 m, est aménagée pour servir d'abri de bombardement à la garnison.

Chaque fort dispose, comme force motrice, de deux groupes Diesel alternateurs d'une puissance de 75 CV chacun.

Un réseau téléphonique complet est établi à l'intérieur de chacun des ouvrages, lesquels sont reliés à l'extérieur par un câble téléphonique enterré et par un poste émetteur-récepteur de radiotélégraphie.

Abris de la deuxième ligne. La Commission des fortifications a estimé inutile la construction, dès le temps de paix, d'abris échelonnés en profondeur, étant donné l'échelonnement des positions se trouvant en avant.

Elle a jugé par contre indispensable de maintenir une ligne d'abris non seulement contre l'irruption et l'attaque brusquée, mais également pour la couverture immédiate de l'artillerie engagée sur la rive droite de la Meuse.

Un échelon d'abris a donc été construit entre les forts, depuis la Meuse-Aval jusqu'à la Meuse-Amont, en vue de créer un système continu de feux de Mi. En outre, des abris ont été construits aux avancées de Micheroux et de Magnée, l'occupation de ces points étant nécessaire à une bonne action des forts de Fléron et de Chaudfontaine. Tous ces abris sont à 2 embrasures.

Les intervalles Meuse-Aval-Barchon et Barchon-Évegnée comportent chacun 6 abris, l'intervalle Évegnée-Fléron comporte 9 abris dont 3 aux avancées de Micheroux ; l'intervalle Fléron-Chaudfontaine comporte 13 abris, dont 4 aux avancées de Magnée ; l'intervalle Chaudfontaine-Embourg comporte 3 abris, dont 1 pour canon de 47 et Mi ; l'intervalle Embourg-Boncelles, 8 abris, et l'intervalle Boncelles-Meuse-Amont 3 abris, soit au total 48 abris, correspondant à une densité moyenne de 1 abri par 500 mètres.

Le renforcement et la modernisation des huit forts de l'ancienne place de Liège ont coûté 56 millions de francs ; les abris ont coûté 5 millions de francs, soit 61 millions de francs pour la deuxième ligne.

3e ligne de la P.F.L. Le tracé de cette ligne est le suivant :

Éperon est de Jupille-borne 5,600 de la route de Liège à Aix-la-Chapelle, Chênée, Colonster et Renory. L'appui des ailes se fait à la Meuse.

Le rôle de ces organisations est d'arrêter les irruptions en avant de Liège, et de constituer une petite tête de pont favorable à la défense du fleuve.

La Commission des Fortifications a estimé inutile de construire une ligne continue d'abris en cet endroit; seule la construction d'abris bétonnés défendant les itinéraires routiers propices à une irruption a été décidée.

Chaque abri contre l'irruption, tant de cette ligne que tout autre, est armé d'un canon de 47 fixe, pour agir contre le matériel, d'une Mi pour agir contre l'infanterie qui aurait été débarquée, d'un projecteur et, éventuellement, d'une cloche pour guetteur, avec ou sans F.M. Ils sont tous pourvus d'un ventilateur à bras, puisant l'air à la partie supérieure de l'abri. Seule la question "Cloche" différencie donc ces abris à canon de 47.

En avant de chacun des abris contre l'irruption, une obstruction est préparée, sauf indication contraire, chaque obstruction comprend 2 séries de 1 ou 2 câbles attachés à des bornes ancrées dans le sol, placées respectivement à 25 m et 100 m environ de l'abri. Cette obstruction de première urgence doit être complétée, dans la mesure où les circonstances le permettront, par une obstruction plus importante.

Cette ligne comporte huit abris de l'espèce tous avec une cloche pour guetteur, à savoir :

  • trois à Jupille : le 1er gardant la route de Visé à Liège et la route de Barchon à Jupille par Rabosée ; le 2e gardant la route de Bellaire à Jupille ; la 3e, la route de Beyne-Heusay à Jupille.
  • un abri au km 5,600 de la route Aix-le-Chapelle-Liège et gardant cette route ;
  • deux abris à Chênée, l'un enfilant la route Chaudfontaine-Liége par la rive gauche de la Vesdre; l'autre, la route de Romzée à Chênée par la rive droite de la Vesdre ;
  • un abri à Colonster gardant la route de Tilff à Liège ;
  • enfin, un abri à Renory gardant la route d'Ougrée à Liège, par la rive droite de la Meuse.

Ces huit abris ont coûté 650.000 francs, non compris l'armement.

Ils sont occupés en permanence.

La ligne de défense de la Meuse comprend :

en avant du fleuve :

  • la troisième ligne de la P.F.L. dont il vient d'être question ;
  • les têtes de pont de Visé et d'Argenteau.

derrière le fleuve : des organisations permanentes le long de la Meuse et du canal Albert.

Les têtes de pont de Visé et d'Argenteau ont été construites en vue d'empêcher l'ennemi de mettre la main sur les ponts, avant leur obstruction ou leur destruction.

Ces organisations comportent :

en ordre principal : des abris contre l'irruption, destinés à interdire les routes, et à constituer éventuellement observatoires pour aider l'action des forts de Barchon, Pontisse et Eben-Emael, dans la région.

en ordre subsidiaire : des abris pour Mi. formant système avec les premiers et destinés, d'abord à les soutenir, ensuite à empêcher que l'ennemi, ayant débarqué, ne puisse s'introduire rapidement dans Visé ou Argenteau, et contrarier ainsi la préparation et l'exécution de la destruction des pont si ces abris, d'ordre secondaire, sont du type adopté pour les organisations échelonnées dans les provinces de Liège et du Luxembourg, à l'épreuve du coup isolé de 77.

La tête de pont de Visé comporte :

  • 4 abris contre l'irruption ; le premier, interdisant la route de Dalhem à Visé, est muni d'une cloche pour guetteur avec F.M. ; le second interdisant la route de Bombaye à Visé ; le troisième interdisant la route de Berneau à Visé ; le quatrième la route de Mouland à Visé. Les deux voies ferrées qui aboutissent à Visé, venant de Maastricht d'une part, de Montzen d'autre part, sont également tenues sous le feu.
  • 15 abris pour Mi, dont deux pour la défense de la caserne de l'unité cycliste cantonnée à Visé.

La tête de pont d'Argenteau comporte :

  • 2 abris contre l'irruption ; l'un interdisant la route de St-Remy à Argenteau est pourvu d'une cloche pour guetteur avec F.M. ; l'autre interdisant la route de Dalhem à Richelle.
  • 8 abris pour Mi.

Les têtes de pont de Visé et d'Argenteau, comprenant 29 abris, ont coûté ensemble 1.200.000 francs.

Les organisations permanentes en arrière du fleuve comportent :

  • des obstructions par câbles aux ponts de Visé, Wandre, Argenteau et Seraing ;
  • les forts de Flémalle et de Pontisse ;
  • de Flémalle à Jupille, des abris bétonnés pour Mi. flanquant le plan d'eau, abris à un ou deux flancs de tir créés à cet effet dans les culées de la rive gauche des ponts des Arches, Maghin et de Coronmeuse ;
  • de Jupille à Lixhe, des abris pour Mi répartis comme suit : sur la Meuse, 19 abris, à 1 ou 2 flancs de tir, dont plusieurs dans les culées de pont ; sur le canal Albert, 7 abris, à 1 ou 2 flancs de tir, dont plusieurs dans les culées de pont ; en arrière du canal, des abris à 2 embrasures défendant, face aux directions les plus dangereuses, les trouées entre les falaises qui doivent être flanquées par Mi. Cet échelon comprend actuellement 10 abris, répartis entre Oupeye et le chemin de fer Aix-la-Chapelle Tongres par Visé.
  • entre Lixhe et Lanaye, la construction d'organisations se heurte à des difficultés d'ordre technique qui, pour être surmontées, exigeraient des sacrifices pécuniaires disproportionnés au rendement qu'on peut en attendre. Dans ce secteur, 2 abris pour Mi seulement ont été construits dans les culées des ouvrages du canal, l'un au pont de Lanaye, l'autre à l'écluse de Petit-Lanaye. D'autres abris sont toutefois projetée, le long du Canal.

Ces organisations permanentes de la rive gauche du fleuve, dont l'exécution dépend des travaux des Ponts et Chaussées, ont coûté jusqu'à présent 2.000.000 de francs.

Elles se compléteraient par la destruction des ouvrages d'art et par une inondation à tendre entre les falaises et le canal, de l'écluse de Lanaye au pont de chemin de fer de Visé (inondation de la Loën).

Le réseau téléphonique enterré de la P.F.L. est un réseau-type, tel que prévu par les règlements sur les liaisons et les transmissions. Il comporte la liaison, par axes et transversales, des lignes avancées de D.I. et de C.A. aux P.C. éventuels de la P.F.L. établis soit à la Chartreuse, à la Citadelle ou au fort de Loncin.

Son développement est de 285 km ; il comporte 30 centraux téléphoniques bétonnés, construits à proximité des emplacements probables des P.C., et 161 chambres de connexions bétonnées.

Les forts, ainsi que la majorité des abris contre l'irruption de la P.F.L., y sont raccordés.

Ce réseau a coûté 24.000.000 francs.

Signalons enfin que la création d'obstacles en rails et de champs de mines, contre les tanks et autos blindées, en avant des première et deuxième lignes de la P.F.L., est actuellement à l'étude, et que la construction de réseaux de défenses accessoires, à réaliser à la mobilisation, tant dans la P.F.L., que dans le Limbourg, est prévue.

En résumé, les organisations permanentes de la P.F.L. comprennent : cinq forts modernes ; huit forts de l'ancienne place de Liège réarmés et modernisés ; 310 abris (non compris les abris de la ligne avancée) ; un réseau téléphonique enterré.

Pour l'ensemble de la P.F.L., les travaux incombant au génie s'élèveront à 276.000.000 francs.


c. Organisations permanentes des provinces de Limbourg et d'Anvers

Le rôle de ces organisations est :

  • s'opposer à une irruption motorisée ;
  • favoriser la défense des positions successives que l'armée de campagne pourrait occuper.

Elles comportent :

  • une ligne avancée ;
  • la défense des canaux du Limbourg et de la province d'Anvers.

La ligne avancée s'échelonne le long de la rive ouest de la Meuse, de Kinroy, au bord ouest de Maeseyck, jusqu'à l'enclave de Maastricht. Au nord, la distance et la région marécageuse de Peel nous protègent quelque peu contre l'irruption.

Cette ligne avancée qui ne comporte que des abris contre l'irruption, a un rôle analogue à celle établie à la frontière dans les provinces de Liège et de Luxembourg.

Elle comprend :

  • trois abris avec cloche pour guetteur et F.M. gardant les passages par pont volant de Grevenbicht, de Berg et d'Eisloo ;
  • les deux centres fortifiés de Kinroy et de Maeseyck. Le centre de Kinroy comporte 3 abris dotés d'une cloche pour guetteur avec ou sans F.M. ; le 1er abri interdit la route de Weert à Kinroy ; le 2e et le 3e, les routes venant de l'est et du sud-est. Le centre de Maeseyck comporte d'abord trois abris, dont 2 avec cloche pour guetteur ; le 1er interdit le pont de la Meuse ; le 2e, la route d'Ittervoort à Maeseyck ; le 3e, la route de Kinroy à Maeseyck. Cette organisation est complétée par deux abris de flanquement armés chacun de 2 Mi et de 2 canons de 47 disposés en aval et en amont du pont de la Meuse, qui interdisent le pont, et flanquant le pont d'eau vers le nord et vers le sud.
  • enfin, en cas de défaillance des centres de Kinroy et de Maeseyck, la défense contre l'irruption est assurée à Dilsen, par un abri doté d'une cloche pour guetteur avec F.M., qui interdit la route de Maeseyck à Eysden.

Cette ligne avancée, de 12 abris, a coûté : 2.700.000 francs.

La défense des canaux comporte deux lignes : la première est établie sur le canal de la jonction Meuse-Escaut jusque Pierre-Bleue, puis sur le canal d'embrenchement de Turnhout ; l'autre sera établie en bordure du canal Albert.

La 1ère ligne s'accroche, d'une part à la P.F.A. à hauteur du fort de Schooten, et, d'autre part, à la P.F.L. à hauteur du fort d'Eben-Emael, en suivant, de Briegden à Neerhaeren, la jonction entre le canal de jonction Meuse-Escaut et le canal Albert.

Ce dernier tronçon est particulièrement important, par suite de l'enclave de Maastricht, qui forme tête de pont pour l'agresseur ainsi que de la présence de 2 écluses, dont la possession permettrait à l'ennemi de saigner le canal Albert. Aussi, la densité des abris y est-elle plus forte.

Les organisations permanentes y comportent 5 abris contre l'irruption, interdisant les routes venant de l'Est, et complétant l'action d'interdiction du fort d'Eben-Emael vers Maastricht, ainsi que 6 abris pour Mi flanquant le plan d'eau.

Sur le canal de Jonction Meuse-Escaut, entre Neerhaeren et Pierre-Bleue, les organisations permanentes comporteront 58 abris de flanquement du plan d'eau pour Mi; ces abris, dont la plupart existe déjà, sont implantés, soit sur le chemin de halage, soit dans les berges du canal, soit dans des ouvrages de garde du canal. La partie Nord de ces organisations comporte, en outre, 2 abris contre l'irruption, interdisant les passages sur le canal, de Gaulille et de Bocholt à des troupes qui emprunteraient les routes de Beeringen, Weert-Hechtel ou Roermond-Weert-Hechtel.

Aucun abri contre l'irruption n'est envisagé pour les ponts de Lommel, Groote Barrier, Neerpelt et Lille-St-Hubert, dont la défense est prévue par des engins motorisés stationnés au camp de Beverloo. De même, au Sud de Bocholt, aucun abri contre l'irruption n'a été prévu, les accès des ponts de cette région étant commandés par les routes de Kinroy.

Enfin, sur le canal d'embranchement de Turnhout, le passages des ponts de Wessel, Rethy et Voorheid seront battus par 3 abris de flanquement. Le terrain en dehors des routes est particulièrement inondable dans cette région.

Entre Turnhout et Anvers, la position du canal de Turnhout dispose, .jusque et y compris le n?ud de Turnhout, de quelques 130 abris construits par les allemands sur la rive Nord et répartis en une série d'îlots, formant petites têtes de pont aux points de passage et aux écluses.

Ce sont exclusivement des abris pour guetteurs au des abris de bombardement pour le personnel. En outre, un certain nombre d'abris bétonnés ont été construits par les Allemands, sur la rive Sud du canal, notamment aux bassins d'évitement. Les armes tirant en barbette à proximité des abris étaient destinées à soutenir en flanc les ouvrages de la rive Nord, et à en battre les intervalles. La défense de Turnhout est basée sur une série d'îlots de résistance disposée en arc de cercle autour de la ville, ceux de droite se présentant en échelon.

Les organisations de cette ligne comprendront donc 7 abris contre l'irruption ; 67 abris pour Mi, ainsi que des abris allemands et coûteront, en ce qui nous concerne environ 4.500.003 frans.

La 2e ligne s'accroche, d'une part à la P.F.A., à hauteur de la redoute de Maessenhove, et d'autre part à la P.F.L., à hauteur du fort d'Eben-Emael. Elle comporte des abris contre l'irruption et des abris de flanquement du plan d'eau.

La construction des organisations permanentes de cette ligne dépend de l'avancement des travaux du canal ; c'est ainsi que des études sont encore en cours pour la partie Anvers-Hasselt, tandis que pour la partie Hasselt-Briegden l'on prévoit une vingtaine d'abris pour Mi, à 2 flancs de tir, flanquant le plan d'eau.

Le tronçon Canne-Briegden, le seul réalisé actuellement, est particulièrement important, puisqu'il fait face à l'enclave de Maastricht dont il a pour mission de garder les débouchés. Il comporte :

  • 3 abris contre l'irruption interdisant respectivement les ponts de Canne, Vroenhoven et Veldwezelt ; les deux derniers sont avec cloche et F.M. ;
  • 6 abris de flanquement du plan d'eau pour Mi., dont deux à un flanc de tir, situés de part et d'autre des ponts de Veldwezelt et de Vroenhoven.

Ajoutons que les digues, rives et rampes du canal Albert et des parties élargies du canal de jonction ont été profilées de façon à assurer, au défenseur de la rive amie, des vues et un commandement complet sur la rive ennemie. Les digues de celles-ci ont été profilées en glacis.

Des dispositifs spéciaux (barricades, coupures préparées dans le tablier) sont conçus pour pouvoir assurer rapidement l'obstruction des ponts intéressants de ces canaux.

Enfin, des inondations résultant de barrage des ruisseaux passant en siphon sous ces voies complètent la défense, notamment sur le canal de jonction Meuse-Escaut au Sud de Mechelen, aux environs de Lanklaer, de Neeroeten, de Tongerloo, de Brée, de Lille St-Hubert et d'Overpelt, et, sur le canal Albert, au sud-est de Sutendael, au sud et au nord-est de Sutendael, au sud et au nord-ouest de Hasselt, aux environs de Beeringen, d'Eynthout et d'Herenthals.


d. Abris contre l'irruption sur la Meuse entre Liège et la frontière française

Il vient d'être décidé que la défense contre irruption motorisée sera complétée et étendue jusqu'à la frontière française, de façon à pouvoir disposer d'une barrière défensive continue mettant le coeur du pays à l'abri d'une invasion brusquée.

Cette barrière ne peut être que la Meuse, obstacle important, ne nécessitant d'organisation défensive permanente qu'aux passages franchissant ce fleuve.

Les passages entre Liège et la frontière française seront donc défendus chacun par un abri disposé sur la rive amie, autant que possible dans l'axe même de l'ouvrage à défendre, et de façon à pouvoir agir par le feu à vue directe et à courte distance sur les obstructions; celles-ci sont préparées ainsi qu'il a été dit ci-avant pour les ponts de canaux du Limbourg.

Le cas échéant, l'abri sera établi dans un immeuble et constituera par exemple cave à canon.

Ces abris devront pouvoir résister à une atteinte par projectile de 150, cette résistance pouvant être réduite s'il s'agit de locaux de tir à créer dans un immeuble.

Les reconnaissances de détail sont actuellement en cours et une somme de 4.000.000 de francs est prévue au budget de 1936 pour la réalisation de cette organisation.


2. De la position fortifiée de Namur

Le rôle de cette organisation est :

  • couvrir la mobilisation et la concentration de l'armée en campagne en arrêtant les irruptions lointaines ayant pour objectif les n?uds routiers et ferroviaires importants de Namur ;
  • forcer tête de pont offensive, permettant à l'année de déboucher et de man?uvrer en toute sécurité au sud de la ligne Meuse-Sambre ;
  • former tête de pont de retraite, en cas d'échec éventuel subi au sud de cette ligne ;
  • constituer pivot de manoeuvre, comme appui d'aile droite de la position Meuse-Aval, ou d'aile gauche de l'une des positions Meuse-Amont ou Sambre ; enfin, comme appui d'aile droite de la position Namur-Anvers.

Étant donné l'éloignement de cette position à la frontière, et son importance relativement moindre que celle de Liège au point de vue stratégique, les organisations permanentes ont été poussées moins loin qu'à Liège.

Elles ne comportent que :

  • sept forts réarmés de l'ancienne place de Namur ;
  • des abris d'intervalle ;
  • des abris contre l'irruption ;
  • un réseau téléphonique enterré.

Les forts réarmés sont :

  • sur la rive droite de la Meuse : les forts de Maizeret, Andoy et Dave.
  • dans l'Entre-Sambre-et-Meuse : les forts de Saint-Héribert et Malonne.
  • sur la rive gauche : le fort de Marchovelette en aval de la Sambre, celui de Suarlée, en amont.

Ces forts sont renforcés et modernisés suivant les mêmes principes que ceux admis pour les forts de l'ancienne place de Liège. Toutefois les galeries d'amenée d'air frais sont en général plus longues à Namur qu'à Liège (700 mètres à Dave, 1200 mètres à Andoy).

Maizeret a pour mission particulière d'interdire la vallée de la Meuse en aval, et d'agir par ses feux dans la vallée du Samson, ainsi qu'en avant de la position Meuse-Aval et de la 1ère ligne de la position Namur-Anvers.

Andoy interdit la route de Marche à Namur.

Dave interdit le chemin de fer de Namur à Luxembourg, et agit dans la vallée de la Meuse-Amont par ses feux d'obusier.

St-Héribert constitue un appui d'aile de la position de la Meuse-Amont.

Malonne a une action de flanquement dans la vallée de la Sambre.

Suarlée est un appui d'aile de la position de la Sambre et a une mission de flanquement de la 2e ligne da la position Namur-Anvers.

Marchovelette est un appui de la position de la Meuse-Aval et de la 1ère ligne de la position Namur-Anvers.

Chacun de ces forts est armé :

d'une coupole de 2 canons de 75 G.P. (de 105 à Maizeret);

de 3 ou 4 coupoles d'obusiers de 75 G.P.;

de 2 coupoles armées soit Mi soit de lance-grenades.

Tous les fossés sont flanqués par Mi.

Les travaux de renforcement de ces forts ont coûtés 42.500.000 francs, pour ce qui concerne les travaux du génie.

La ligne d'abris des intervalles s'appuie, d'une part à la Meuse-Aval, à hauteur de Maizeret, et, d'autre part, à la Sambre, à hauteur de Malonne. Son tracé est jalonné par la ligne des forts, sauf dans l'entre Sambre et Meuse où elle passe à 1,300 km en arrière du fort de St-Héribert. Les inconvénients de la situation avancée de ce fort sont reconnus depuis longtemps. Si la position d'infanterie suivait le tracé fort de Dave-St-Héribert-Malonne, elle serait prise en enfilade des hauteurs situées en avant de la position.

Le tracé de l'Entre-Sambre-et-Meuse s'établit donc comme suit : fort de Dave, Couvent de la Marlagne, fort de Malonne.

Les abris d'intervalles, tous pour Mi, sont répartis comme suit :

Intervalle Maizeret-Andoy

en 1er échelon, 10 abris, dont 2 avec cloche pour guetteur et P.M. et 1 avec cloche pour guetteur ; en doublement du 1er échelon, 2 abris ; en 2ème échelon, 3 abris.

Intervalle Andoy-Dave

en 1er échelon, 9 abris, dont 2 avec cloche pour guetteur et 1 avec cloche pour Guetteur et P.M. ; en doublement du 1er échelon, 1 abri ; en 2ème échelon, 3 abris.

Intervalle Dave Entre-Sanbre-et-Meuse

en échelon avancé, 6 abris ; en 1er échelon, 17 abris, dont 3 avec cloche pour guetteur et F.M.

soit au total 52 abris pour Mi, dont 19 à deux embrasures, qui ont coûté 5.700.030 francs

Outre ces abris d'intervalle, il existe 7 abris contre l'irruption.

Cinq de ces abris sont avec cloche pour guetteur ; le premier interdit la route de Liège à Namur, sur la rive droite de la Meuse, ainsi que le débouché de la vallée du Samson ; les 2e et 3e, placés de part et d'autre de la route de Marche à Namur, interdisent cette route ; le 4e interdit, à hauteur du fort de Dave, la route d'Yvoir à Namur, par la rive droite de la Meuse ; le 5e interdit, à même hauteur, la route de Dinant à Namur par la rive gauche de la Meuse.

À proximité des forts de Maizeret et de Dave, il existe en outre deux casemates pour canons de 60, reliés téléphoniquement à ces forts par câble souterrain. Ces deux casemates ont des vues directes et une action étendue dans la vallée, l'une en aval vers Sclaigneaux, l'autre en amont vers Profondville.

Ces 7 abris ont coûté 1.250.000 francs.

Enfin, un réseau téléphonique enterré est établi suivant les mêmes principes qu'à Liège ; son développement est de 65 km ; 3 centraux téléphoniques bétonnés et 49 chambres de visite ont été construits. Ce réseau a coûté 5.000.000 francs. Au total l'ensemble de la P.F.N. a coûté 54.000.000 francs.


3. De la position fortifiée d'Anvers

Le rôle de cette organisation est :

  • mettre la région anversoise à l'abri des irruptions ou attaques motorisées ;
  • former une position solide obligeant l'ennemi à employer, pour une attaque brusquée ou régulière une artillerie de grande puissance et des moyens importants ;
  • servir d'appui d'aile gauche des défenses qui s'y accrochent, soit sur le canal de Turnhout, soit sur le canal Albert, soit le champ de bataille semi-permanent Anvers-Namur ;
  • former une vaste tête de pont sur l'Escaut, le Rupel et la Nèthe et, d'autre part, assurer le débouché entre l'Escaut et la Meuse.

L'organisation défensive de la P.F.A. a été conçue avec l'idée de réduire au minimum les dépenses à consentir, en tirant parti des fortifications existantes : forts et redoutes, ainsi que de nombreux abris construits par les Allemands pendant la guerre, dans les 1er et 4e secteurs, sur la ligne des intervalles entre les ouvrages. Elle comporte :

  • la réutilisation des forts et redoutes de 1ère ligne de la rive droite ;
  • l'organisation des intervalles ;
  • la préparation d'inondations ;
  • des mesures de précautions pour la défense du Bas-Escaut ;
  • la préparation des travaux à exécuter au P.P.R. et à la mobilisation.

Les forts et redoutes constituent actuellement des points d'appui d'infanterie, enchâssés dans les organisations du 1er échelon de la défense.

Ils ont un double rôle :

  • être susceptibles d'une résistance propre, au cas où ils seraient isolés, soit que les intervalles ne soient pas occupés ou aient été abandonnés ;
  • coopérer par action flanquante de Mi à la défense des intervalles.

Seuls les ouvrages de la rive droite ont été ou seront remis en état, sauf toutefois ceux du 4e secteur (Escaut-Amont-Senne), moins exposés et couverts par des inondations importantes, ainsi que le 3e secteur.

Les forts transformés sont armés normalement de 4 sections de Mi lourdes et de 6 sections de Mi légères. Les 4 sections de Mi lourdes, distribuées à raison de 2 sections par flanc de l'ouvrage, assurent le flanquement des intervalles.

Une des sections est installée à l'étage haut de la traditore, l'autre, dans un massif bétonné appelé "abri-tourelle" et construit sur le puits de coupole basse du saillant arrière de demi-fort.

Ces abris-tourelles sont pourvus de trois embrasures avec guichets pare-balles, l'une permet le tir en flanquement des intervalles, la seconde assure le tir tant sur le terrain extérieur du fort que sur le fossé de gorge ; la troisième permet de battre le fossé latéral, la section de Mi qui l'occupe pouvant coopérer aussi à la défense de l'ouvrage.

Les Mi légères sont utilisées comme suit :

  • 4 sections défendent en flanquement les fossés de l'ouvrage et sont installées tant dans les caponnières et demi-caponnières du fort qu'à l'étage bas de la traditore ;
  • 2 sections, disposées dans des abris légers construits dans des puits de coupole du front de tête, défendent le terrain en avant de ce front.

Les redoutes transformées sont défendues normalement par une section de Mi lourdes et 3 sections de Mi légères.

L'action des redoutes en flanquement des intervalles se fait par une section de Mi légères sur chaque flanc, installée à l'étage haut de la traditore. La défense du front de tête se fait par 2 abris bétonnés conjugués, construits sur le rempart du front de tête, et disposant chacun de 2 Mi (une lourde et 1 légère) ; ce sont des abris pourvus de 2 embrasures donnant des feux croisés devant le front de la redoute.

La défense propre de l'ouvrage est complétée par un encagement de feux provenant de 2 abris extérieurs accolés à l'ouvrage et armés de Mi lourdes.

Tous ces travaux de construction d'abris-tourelles, abris élémentaires et abris conjugués sont terminés, ou en cours d'exécution. Les abris encageant les redoutes de leurs feux n'existent que dans le 1er secteur (Escaut-Aval, canal de Turnhout).

La mise en état de défense des ouvrages comporte encore d'autres travaux : établissement d'obstacles en fil de fer, cloisonnement des îlots de résistance, création d'entrées chicanées réduisant l'effet du souffle des projectiles, barrages intérieurs amovibles des gaines de l'ouvrage, de façon à limiter la progression de l'ennemi qui y aurait pris pied, aménagement de protection collective contre les gaz dans certains locaux.

La plupart de ces derniers travaux ne seront exécutés qu'à la mobilisation, sauf ceux ayant trait à la protection contre les gaz, pour lesquels on examine la possibilité de les exécuter dès le temps de paix.

L'organisation des intervalles repose notamment sur l'utilisation des quelque 650 abris construits par les Allemands dans les 1er et 4e secteurs, soit 525 environ entre l'Escaut-Aval et le canal de Turnhout d'une part, et 125 environ entre la Senne et l'Escaut-Amont d'autre part. Parmi ces constructions on compte, en ordre principal, des abris de bombardement et des abris pour guetteurs; il existe également quelques abris de tir.

Entre le canal de Turnhout et la Senne, n'existe par contre aucun abri allemand. C'est pourquoi, les premiers crédits accordés sont utilisés dans ce secteur ainsi qu'il suit : 5 abris à deux flancs pour Mi sont en voie d'exécution au milieu de chaque intervalle entre un fort et une redoute, depuis le fort de Schooten (au canal de Turnhout) jusqu'à la redoute de Massenhove sur le canal Albert, et 19 abris pour Mi seront construits dans le même secteur en 1936.

Il est probable que des crédits ultérieurs permettront la construction d'abris entre le canal Albert et la Senne.

L'organisation de 1er échelon serait complétée, à la mobilisation, par la création de retranchements terrassés et de réseaux d'obstacles, ainsi que par le dégagement des champs de tir.

Le front dans le 1er secteur serait couvert par de nombreuses obstructions routières tendant à retarder la progression de l'ennemi. Des études sont en cours pour la réalisation d'obstacles en rails et la création de champs de mines, contre les tanks et les autos blindées.

Ces organisations seraient renforcées par les inondations du Grand Schijn, de la Nèthe et du Rupel.

Les crédits alloués jusqu'à présent pour la P.F.A. s'élèvent à 5.000.000 francs.


4. D'un réduit national

La nécessité d'un réduit national a été justifiée ci-avant.

Ce réduit est limité par les forts de la Position Fortifiée d'Anvers, les inondations de l'Escaut entre Rupelmonde et Quatrecht, la tête de pont de Gand, les inondations de la Lys, la Mandel, les inondations d'Handzaeme et de l'Yser.

Il couvre donc Anvers, ainsi que les ports d'Oostende et de Zeebrugge.

Sa création a nécessité l'établissement d'organisations permanentes à Gand, constituant la tête de pont de Gand.


5. De la tête de pont de Gand

Il a été reconnu nécessaire de fortifier la région de Gand, parce que l'Escaut y accuse un rentrant vers le Nord que les inondations du fleuve ne peuvent couvrir, alors que toutes les communication ferrées et routières de la région, et notamment celles du pays de Waes, y aboutissent.

La tête de pont de Gand doit permettre, en outre, de déboucher dans le flanc des lignes d'investissement que l'ennemi aurait établies devant Anvers, et réciproquement.

Cette tête de pont est organisée comme une position de campagne, où toutes les armes principales : Mi, P.M. et canons de 47, sont placées sous abris bétonnés. Elle s'appuie d'une part à l'Escaut, à hauteur de Quatrecht, et, d'autre part, aux inondations de la Lys à hauteur d'Astene.

Elle comporte au total 227 abris bétonnés groupés en centres de résistance et points d'appui, séparés par des courtines de moindre résistance. Les 3/4 de ces abris sont en 1er échelon, le 1/4 restant en 2ème échelon.

Ces centres de résistances et ces points d'appui sont :

  • le centre de résistance de Betsberg qui comprend 22 abris ;
  • le centre de résistance de Kunte qui comprend 25 abris ;
  • le point d'appui de Semmersaecke qui comprend 12 abris ;
  • le point d'appui de Eecke qui comprend 10 abris ;
  • et le point d'appui d'Astene qui comprend 8 abris.

Certains abris pour canons de 47 mobiles sont accolés à des abris pour Mi. Des abris contre l'irruption, armés d'un canon de 47 fixe et de Mi, interdisant les accès principaux.

Enfin, il existe trois abris pour canon de 75 sur roues, chargés de missions spéciales. Ces organisations sont à compléter à la mobilisation par la construction d'abris et de réseaux.

L'ensemble des organisations permanentes de la tête de pont a coûté 20.000.000 francs.

En résumé, l'ensemble de ces organisations défensives permanentes décrites ci-avant est en voie d' achèvement.

En ce qui concerne les travaux du génie, le fort d'Eben-Emael est quasi terminé, le fort de Battice sera vraisemblablement achevé fin 1936; ceux de Pepinster et de Neufchâteau, vers mi-1937, et celui de Sougné-Remouchamps, vers fin 1937.

La ligne d'abris d'irruption sur la Meuse entre Liège et la frontière française sera terminée pour fin 1936.

Enfin, on espère avoir terminé, dans le courant de 1937, les derniers abris des provinces d'Anvers, du Limbourg et de la P.F.L. dont la construction est liée à l'avancement des travaux des Ponts et Chaussées.

L'ensemble de ces travaux défensifs aura coûté près de 400 millions, non compris l'armement.


6. À la préparation d'organisations semi-permanente entre Namur et Anvers

Les dispositions sont prises pour créer, à la mobilisation, entre les positions fortifiées d'Anvers et de Namur, un champ de bataille de lignes successives à plusieurs échelons.

La 1ère ligne s'accroche à la P.F.A. à hauteur du fort de Koningshoyckt, passe à Betecon, Vezin, fort de Marchovelette et s'appuie à la Meuse à hauteur du fort de Maizeret.

La 2e ligne s'accroche à la P.F.A. à hauteur du fort de Wavre Ste-Catherine, passe par Wygmael, Meux, fort de Suarlée et s'appuie à la Sambre à hauteur du fort de Malonne.

Deux bretelles cloisonnent le champ de bataille, l'une allant de Betecom aux environs de Wygmael, l'autre de Vezin à Meux.

Des études faites au sujet de la possibilité de réaliser une telle position, il résulte que la réalisation d'un secteur de 5 km de front exige journellement 2.500 hommes et 803 tonnes de matériaux pendant une quinzaine de jours; or, il s'agit de créer non pas un secteur, mais 30 à 40 secteurs de l'espèce.

Le travail comporte, pour un secteur de 5 km de front :

  1. la construction de 35 à 40 abris bétonnés pour Mi, réalisant rideau continu devant chaque échelon, et d'abris cavernes ou bétonnés pour P.C., P.S. et centrales de transmission ;
  2. la création d'obstacles pour réseaux flanqués ou de sûreté ;
  3. la création de transmissions.

Les dossiers pour la réalisation de ce champ de bataille sont préparés, et les marchés pour acquérir les matériaux nécessaires sont passés dès à présent avec l'industrie, sous forme de marchés différents. Les transports sont organisés avec minutie (trains standardisés).


7. En ordre subsidiaire, à la préparation d'inondations et de destructions

Inondation. Dans l'état actuel de la question, les inondations peuvent être classées dans 3 catégories :

  1. les inondations à tendre dans tous les cas, à la première alerte ou à la mobilisation ;
  2. les inondations dont les travaux de préparation sont à entamer dès la mobilisation, mais à ne tendre que sur l'ordre du commandement ;
  3. les inondations à étudier dès le temps de paix, mais à ne préparer et à ne tendre que sur l'ordre du commandement.

La préparation, dès le temps de paix, des inondations des 2 premières catégories est très poussée; le personnel exécutant est désigné et au courant de sa mission; les ouvrages d'eau à utiliser ont été mis en état; le matériel, l'outillage et une partie des matériaux (poutrelles de barrage, engins de levage, etc?) sont acquis et entreposés.

La préparation des inondations de la 3e catégorie ne comprend que la rédaction d'un dossier et l'acquisition, par voie de contrats différés, des matériels et matériaux indispensables.

Les délais de préparation et de tension des inondations sont très variables : de 1 à 45 jours; les inondations de la Loen, du Geer et celles en bordure des canaux Limbourgeois demandent de 1 à 3 jours; celles de la Lys : 45 jours.

Les effectifs nécessaires pour exécuter les travaux préparatoires sont très variables, parfois fort élevés, sans qu'il y ait relation entre l'étendue de l'inondation et les effectifs à y consacrer. C'est ainsi que deux pelotons du génie sont utilisés à la préparation de l'inondation du Geer, qui est peu étendue, alors que d'autres inondations, notamment celles à marées, autour de la P.F.A., peuvent être assez étendues tout en ne demandant que de faibles effectifs.

Destructions. le Haut Commandement a arrêté un plan de destruction à mettre en oeuvre au début des hostilités; c'est le plan initial des destructions.

Au surplus, il existe sur toute l'étendue du territoire de nombreux ouvrages d'art pourvus de dispositifs permanents de destruction; en principe, tout ouvrage construit ou reconstruit depuis l'après guerre est pourvu d'un dispositif de l'espèce.

Le plan initial des destructions comporte :

  1. des destructions stratégiques ou massives routières, classées en 1ère urgence et 2e urgence ;
  2. des destructions folles, sur voies ferrées ;
  3. des destructions de réseaux téléphoniques et télégraphiques.

Les destructions de 1ère urgence sont mises en ?uvre, en principe, par des effectifs présents sous les armes ; celles de la 2e urgence sont effectuées par le personnel en congé illimité, à rappeler; elles ne peuvent être mises en oeuvre qu'au P.P.R. partiel.

La préparation de toutes les destructions du plan initial est soigneusement étudiée ; le personnel exécutant est désigné et au courant de sa mission ; le matériel et les explosifs sont stockés, mais rarement à pied d'?uvre.

Le plan initial compte environ 550 destructions qui ont exigé l'entreposage, par lots, de 600 tonnes d'explosifs, (indépendamment d'une réserve de 300 tonnes).

La quantité d'explosifs varie beaucoup suivant l'importance et la nature des destructions : une destruction routière consomme en moyenne 4 à 500 kg, pour la création d'un entonnoir de 12 m de diamètre et de 3 à 3,50 m de profondeur ; un pont sans support intermédiaire et à structure métallique exige en moyenne 1.200 kg d'explosifs ; mais si l'ouvrage comporte des supports intermédiaires, la consommation d'explosifs atteint rapidement 2 et même 3 tonnes. Certains ponts exigent jusque 5 tonnes d'explosifs.

La durée d'exécution de la préparation des destructions du plan initial est en moyenne de 6 à 8 heures ; toutefois une destruction incomplète, mais satisfaisante, peut en général être effectuée au bout de 2 à 3 heures.

La mise en oeuvre du plan initial des destructions exige pour la constitution des détachements : 120 officiers du génie, dont 60 présents et 60 à rappeler, et 60 d'autres armes : au total 160 officiers, 4.500 troupes du génie, dont 1.600 présents et 2.900 à rappeler, et 3.200 troupes d'autres armes : soit au total 7.700 hommes de troupe.

On peut dire que la totalité des troupes du génie présents sous les armes est absorbée par cette mise en oeuvre.


II. Documents photographiques et commentaires

Photo N° 1 - Prise d'air du fort de Barchon



Photo N° 2 - Prise d'air du fort de Battice (Waucomont)


Chaque fort, étant pressurisé, nécessitait une prise d'air extérieure. Sauf pour Embourg, Pontisse et Eben-Emael qui disposent d'une situation favorable, soit au-dessus d'une vallée ou d'une tranchée comme celle du canal Albert, les forts de la PFL 2 possèdent une tour bétonnée tandis que les forts de la PFL 1 (Tancrémont, Battice et Aubin-Neufchâteau) ont un système de prise d'air rétractable. L'air frais était pris à une hauteur de 10 à 20 mètres, les gaz toxiques étant plus lourds que l'air.


Photo N° 3 - Abri observatoire Mg 1 (OP 289)


P.O. de Chaudfontaine situé à Magnée. Le 11 mai 40, suite à une destruction faite par le Génie à Romsée, le câble Tf reliant Chaudfontaine à Fléron fut endommagé. Un bouclage fut opéré à Mg 1 qui, relié à Mg 4 (P.O. de Fléron) permit les communications téléphoniques entre les 2 forts. Le 13 mai 40 à 20.50 Hr, fut attaqué par l'infanterie allemande. Le tir de dégagement de Chaudfontaine fit de nombreux morts. À 22.50 Hr les occupants se replient à Wérister. Le 15 mai à 3.30 Hr est réoccupé par les brigadiers Delaurier et Heuskin ainsi que par les soldats Kelders et Peeters. Le 16 mai à 21.20 Hr, une patrouille de MG 1 signalait la présence d'officiers allemands sur la terrasse du château Ancion.


Photo N° 4 - Abri FE 3


Fortin d'infanterie situé à Retinne derrière le terril du charbonnage du Hasard. Avec FE 1 - FE 4 - FE 5 - FE 6 était prévu pour défendre le champ de rails et de barbelés situé dans l'intervalle Fléron-Évegnée. Deux embrasures de Mi ou F.M.


Photo N° 5 - Abri observatoire NN 11 (OP281)


Abri cuirassé (cloche de 1,20 m de diamètre) P.O. du fort d'Aubin-Neufchâteau situé à Gorhez non loin de la route Aubel-Rossenfosse (n° 442). Était occupé par le MDL Bartholomé, le brigadier A. Clerfays, le sdt Nyssen et un autre dont le nom nous est inconnu. Est tombé le 11 mai 40 vers 07.00 Hr après une défense héroïque où le MDL Bartholomé fut blessé et le sdt Nyssen tué.


Photo N° 6 - Abri d'infanterie MN 12


Abri pour Mi ou FM de la P.F.L. 1, secteur Margarins - Neufchâteau. Situé à proximité de MN 11 il était construit, attenant a une chapelle, qui le rendait inapparent.


Photo N° 7 - Abri I du secteur Lixhe-Lanaye


2 Mi battant le plan d'eau - situé sur la rive gauche du canal Albert à ± 600 m en amont du pont de Lanaye occupé par le peloton Limelette de la 9e Cie du 3e Bataillon du 2e Régiment de Grenadiers a contribué à la défense du passage du canal Albert. On remarque sur la photo les impacts d'obus de C 37 mm.


Photo N° 8 - Abri F


Abri F du secteur Lixhe-Lanaye situé sur la rive droite du canal Albert à Lixhe et à gauche de la route de Lanaye à hauteur de la ferme St-Lambert. Était occupé en mai 1940 par un groupe du peloton Lacroix de la 9e Cie 3e Bat 2e Rgt Grenadiers et 1 section de Mi, ce fortin de conception spéciale et certainement unique dans la P.F.L. avait 5 embrasures de tir disposées sur environ 270° de sa périphérie. La 9e Cie du 3e Bat du 2e Rgt Grenadiers était commandée par le Lt Depré - Le Comd du 3e Bat étant le major Monteyne.


Photo N° 9 - C Tf 9


Central téléphonique 9 situé à Beyne-Heusay près du château Neufcour. Camouflé en maisonnette, est un des 34 centraux du réseau Tf enterré de la P.F.L. Le 11 mai 40 à 10.30 Hr, était abandonné par les TTR qui avaient omis de faire le bouclage pour le poste d'observation CP 216 (Wérister). Le fort de Chaudfontaine téléphona au Comd des TTR à la Citadelle qui répondit qu'il ne pouvait pas exposer un motocycliste. Du personnel de Chaudfontaine construisit alors une ligne aérienne en dérivation sur celle de OP 217 (autre observatoire situé au lieu dit "Les Gottes".


Photo N° 10 - IR 10


Fortin dit de "contre-irruption" situé à Chénée, avenue Henri Borguet, défendait le barrage de barrières "Cointet" situé rue de Henne. Camouflé en maison d'habitation ce fortin avait à l'étage un C 47 et une Mi au rez-de-chaussée. Les fortins de "contre-irruption", au nombre de 8, situés aux entrées principales de la ville de Liège, avaient pour mission de contrer une invasion soudaine de blindés. Ils étaient occupés en permanence.


Photo N° 11 et 11 bis - PP 8 A



Poste permanent d'alerte situé à Beyne-Heusay au coin de la rue des Églantines et de la rue de Homvent derrière le site de l'ancien charbonnage du même nom. Ces abris étaient construits pour recevoir une équipe d'intervention rapide. Un petit garage était prévu pour le matériel, le plus souvent un C 47 mm et son tracteur (chenillette). Leur mission était similaire à celle des fortins de "contre irruption" qui eux étaient des postes de combat fixes. En plus de PP 8 A, nous connaissons autour de Liège, les postes permanents PP 9 A et PP 9 B situés à Chénée (Piedsous), PP 11 A à l'entrée de la gare de Chénée. PP 5 A se trouvait à Jupille et PP 13 A à Renory. Ces deux derniers ont disparus suite à des travaux d'aménagement de voirie.


Photo N° 12 - Cloche de Mi de fort


La cloche de Mi représentée est une des 2 cloches Mi du bâtiment 4 du fort de Battice. Ces Mi assuraient la défense des fossés et l'accès à la superstructure du fort. On remarque très bien les impacts très concentrés d'obus de C 57 mm allemand.


Photo N° 13 - Fortin C S 8 situé à Martinrive (Aywaille)


Un des 31 fortins qui assuraient la défense de l'Amblève. Groupe Comblain-Sougné. Ce fortin pour Mi ou FM, était déguisé en maisonnette et prenait le pont de Martinrive en enfilade.


III. Abréviations employées

Les abréviations sont classées dans l'ordre dans lequel elles apparaissent pour la première fois.


P.F.L.

Position fortifiée de Liège

C 37

canon de 37 mm

Mg

Magnée

Cie

compagnie

P.O.

poste d'observation

Bat

bataillon

Tf

téléphonique

Rgt

régiment

FE

Fléron - Evegnée

Lt

lieutenant

Mi

mitrailleuse

Comd

commandant

FM

fusil mitrailleur

C Tf

central téléphonique

MN

Margarin- Neufchâteau

TTR

troupes de transmission

MDL

maréchal des logis

IR

irruption

Sdt

soldat

PP

poste permanent

G

gauche

CS

Comblain - Sougné

 

Date de mise à jour : Mercredi 28 Octobre 2015