Tome II - Fascicule 5 - janvier-mars 1984

Souvenirs de guerre - Aventures de jeunesse (5)

Freddy GERSAY



Deuxième partie : Yasreg légionnaire

C'est fait. Le contrat de cinq ans est signé. Yasreg est légionnaire.

Ou du moins il le croit. En échange de sa liberté mitigée, de l'épée de Damoclès suspendue sur sa tête, il a revêtu l'uniforme, l'anonymat.

À présent sa sécurité et son nécessaire sont assurés. Pourtant le coeur est lourd.

Yasreg n'a rien d'un poète, mais il se rappelle bien des choses. Des bribes de Musset se mêlent à toutes sortes de réminiscences. Il est vrai que, chose qui ne lui était plus arrivée depuis longtemps, il se regarde dans un miroir. Ce n'est là ni coquetterie ni narcissisme. Il se contemple parce qu'il se rase. Il le fait avec curiosité, comme s'il regardait un autre homme. Est-ce vraiment lui, ce type maigre, sec, pas très attrayant, qui vient tout juste de passer sous la tondeuse réglementaire ? Ce nouveau venu, vêtu de kaki, impeccablement propre, flambant neuf, avec en poche une somme d'argent qu'il pourrait utiliser en principe comme il l'entendrait, n'était il y a quelques jours qu'une cloche. Quel luxe !

Puis soudain, est-ce l'imagination ou l'influence de Musset, Yasreg réalise qu'il n'est pas seul. À ses côtés, sa vieille compagne de toujours, celle qui l'a accompagné tout au long de son existence, celle qui ira un jour s'asseoir sur sa tombe, est là. Silencieuse et mélancolique. C'est elle qui partageait sa couche, s'installait à ses côtés pour le regarder se nourrir. C'est elle encore qui lui tenait compagnie au milieu de la foule indifférente, quand il s'efforçait de distinguer malgré tout l'aspect comique des choses et des hommes.

Euphorie amère, teintée de grotesque, mais parfois agrémentée d'une touche d'humour de bon aloi, c'était là le refuge où il retrouvait sa vieille garce de maîtresse qui avait fini par s'identifier avec sa conscience. Yasreg en était arrivé à l'aimer, l'habitude aidant.

"L'humour", disait Mark Twain,"a été donné aux hommes pour les consoler de ce qu'ils sont, alors que l'imagination leur a été donnée pour les dédommager de ce qu'ils ne sont pas".

Yasreg fait finalement le point. Il entreprend mentalement un retour en arrière ; tout n'est pas négatif pour lui dans cette introspection.

Mais il se sent soudain vieilli face au miroir. L'humour n'est pas tout, et en dépit de son sens inné de ce qui est caricatural, il réalise subitement, lucidement ce qu'il est si difficile de réaliser pour la majorité des gens. Il a oublié, ou plutôt n'a jamais connu, ce qui fait la joie des jeunes de son âge. Confronté au drame immense qui se joue dans le monde entier, Yasreg se fait l'effet d'un simple robot téléguidé. De quoi demain sera-t-il fait ? Il se rend bien volontiers à l'évidence que son ignorance est épaisse, qu'il a tout à apprendre et à expérimenter. Tout cela s'amplifie encore du fait qu'il est bourré de préjugés et de conceptions fausses mais qu'il tient mordicus comme vraies. Il n'y a rien dans tout cela qui soit détenteur d'optimisme, rien que l'inconnu et sa compagne habituelle : la solitude.

Pourtant, pragmatiquement, il n'est pas seul. Sorti de son rêve éveillé, il doit constater la présence des autres. Ce sont les nouveaux engagés. Dans sa chambrée, il y en a une vingtaine, fraîchement issus comme lui du magasin d'habillement. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ont le physique de l'emploi.

D'abord, il convient pour les recrues de s'inspirer de l'idée qu'on n'est pas bombardé "légionnaire" en signant le contrat d'engagement. Le képi blanc traditionnel ne s'obtient qu'après un entraînement sérieux et très dur. Les mauviettes se transforment ou capitulent. Il est impératif aussi de s'adapter à la mentalité spéciale qui prévaut à la Légion. Ce corps n'est pas constitué par des soldats français, même s'ils servent la France.

C'est sans doute la raison de leur accoutrement. On les a coiffés d'un bonnet de police à pointes avant et arrière : un peu comme un bonnet d'âne placé de travers. Ils ont enroulé des bandes de drap kaki sur leurs mollets. Cela donne des effets divers selon les individus. Si Yasreg n'est pas bancal du côté cérébral, il l'est plus ou moins aux extrémités ; de quoi édifier des complexes. Les brodequins cloutés tout neufs, un peu vastes pour lui, lui donnent l'impression de patiner dans le confort. On a revêtu le pantalon d'infanterie, la veste réglementaire à boutons bronzés sans insignes, bien sûr, puisqu'on n'a pas d'affectation. Chacun dispose aussi d'une vaste capote en drap, laquelle, dans les circonstances idoines, peut, par sa coupe étudiée, servir de couverture. Bref, à défaut d'élégance, on est tenu bien au chaud.

Si l'on dispose de deux chemises, la numéro un pour les grandes occasions, la numéro deux pour les moins grandes, on pète dans le pantalon pur. L'Intendance n'a, en effet, fourni aucun linge de corps.

Par contre, on a été doté d'une musette en toile, d'un bidon à pipette, d'une gamelle avec couvercle et couvert ainsi que d'un nécessaire à coudre. On a touché un tiers de la prime d'engagement, du savon réglementaire, du caporal de troupe (tabac) et on a droit à l'atmosphère réconfortante et euphorique du foyer du Camp Sainte-Marthe, avec son pinard et ses sandwiches au lard cru.

Mais comme il est de tradition à la Légion, la nourriture est bonne et les cuisines propres. Bref, si l'on s'en tient à des concepts purement matériels, on peut constater que tout n'est pas noir, si tout n'est pas blanc. Bien sûr, il va falloir s'adapter, s'habituer à la promiscuité, de gens sans complexes. S'efforcer aussi de quitter les rêveries philosophico-spirituelles pour se mettre au diapason de l'ambiance. C'est impératif mais... difficile.

Ensuite, il y a les agréments de la vie journalière en garnison. On "pluche", on récure les locaux tant bien que mal, on ratisse les allées en éliminant les mégots, on "plonge" à la cuisine, on s'initie aux suavités de la scatologie pratique, etc... Bref, le moins dégourdi sent ses côtelettes se redresser toutes seules et les petits délicats qui se sont fourvoyés dans le lanterneau sont invités à faire des bonds.

Accessoirement à ces joyeusetés, Yasreg se rappelle les millions de fourmis, attirées par tout ce qui est sucré, et qu'on retrouve partout, dans son lit, ses vêtements et même sa gamelle. Mais finalement, l'habitude aidant, on en arrive à accepter placidement ces suppléments de nutrition qui d'ailleurs assez souvent, font bon ménage avec les "charançons".


Embarquement, non pour Cythère mais pour Oran

Le cargo, énorme, est à quai. Les passerelles sont jetées. Tout est prêt pour embarquer le contingent de recrues destiné à étoffer les effectifs nord-africains. Il y a de tout là-dedans : des Goumiers algériens et marocains, quelques Sénégalais, des Chasseurs d'Afrique, des Spahis et autres Zouaves et Turcos. En plus, bien sûr, le groupe de recrues destinées à la Légion.

À proximité des passerelles d'accès au navire on a placé deux tables qui font office de bureau. Des officiers allemands et italiens vont vérifier chaque recrue, la questionner s'ils le désirent et éventuellement empêcher l'embarquement de ceux qui ne leur plaisent pas. Deux par deux, un pour chaque table, les candidats au voyage s'approchent, subissent les formalités et embarquent avec leur baluchon. La Légion forme le dernier groupement. Tout le monde est "en place, repos".

Discrètement un ordre circule, de bouche en bouche : les nommés Yasreg, XYZ, etc. doivent quitter le gros du peloton et se rassembler derrière un hangar. Là, Yasreg se trouve devant un escalier de pierre descendant à l'intérieur de la jetée. C'est un sous-officier de marine qui conduit tout le monde, après avoir attiré l'attention sur la nécessité du silence et de la rapidité d'exécution au moment décisif. L'escalier débouche face au cargo. Une passerelle légère, simple planche nantie d'une corde comme garde-fou, relie le quai au navire : distance environ trois mètres. Ce moyen d'accès amène à une ouverture étroite et basse dans le flanc du cargo. Des précisions chuchotées circulent sur ce qu'il conviendra de faire et de ne pas faire. Il faut éviter tout accroc. La passerelle improvisée se situe à environ quinze mètres en-dessous de celle contrôlée par les Fritz. Pendant que l'embarquement continue en haut, les cinq légionnaires sélectionnés, vont passer un à un à bord du navire, au signal donné par un robuste matelot placé à l'entrée de l'écoutille comme guetteur, lorsqu'il le jugera opportun. Il s'agira alors de bondir, faire trois pas sur la planche et s'engouffrer dans l'ouverture, après avoir empoigné la main du marin. On voit clairement ce que cela donnerait si quelqu'un loupait la planche après avoir raté la main tendue. Le malheureux se retrouverait dans un graillon noirâtre où surnagent dans l'huile crasseuse, toutes les ordures que des générations de navires peuvent produire.

Cette situation, pour le moins ennuyeuse, deviendrait délicate dans ses implications. En effet, ce micmac ne pourrait manquer de faire du bruit. Il serait vain de ne pas croire à la sagacité des Italo-Fridolins et de supposer que les choses en resteraient là. On peut, en bonne logique, imaginer qu'ils empêcheront d'abord le départ du navire et ensuite le videront de ses occupants et procéderont à un ratissage au peigne fin. Les conséquences pourraient en être dramatiques pour Yasreg et sans doute pour ses compagnons. On peut imaginer que si ces cinq légionnaires ont été sortis du tas, il y a des raisons bien précises pour le faire. La Légion n'abandonne jamais ceux dont elle assure la sécurité chez elle, mais les circonstances auraient été telles que cette belle tradition n'aurait pu s'exercer efficacement.

Cela explique les préoccupations de Yasreg quand, avec autant de grâce que d'élégance, il fit le bond qui lui faisait quitter de quelques centimètres le sol français. La planche était instable, simplement coincée entre les jambes du marin. La corde n'avait qu'un rôle psychologique et seul la poigne de fer du colosse sauva la situation.

Finalement, tout alla bien. La planche réintégra discrètement sa place dans la cale, l'écoutille se ferma pudiquement et chacun, dans l'obscurité complice, s'abandonna à ses méditations personnelles en attendant que le bateau s'en aille vers d'autres cieux, qu'on souhaitait plus cléments.


En mer

Marseille a disparu depuis longtemps. Tout autour du navire, c'est l'immensité bleue de la Méditerranée écrasée de soleil, par moments, une brise légère s'infiltre, contourne les écoutilles, le matériel du pont, pénètre les recoins où chacun, dans son désoeuvrement, s'efforce de supporter la chaleur. Le cap est plein sud, destination Oran. La consigne est stricte : seul l'équipage a accès à l'avant du navire.

Sur le pont, deux énormes camions destiné au transsaharien sont amarrés avec de grosses chaînes. Tout le reste de l'espace disponible a été soigneusement réparti. Les caisses s'empilent entre les amoncellements de sacs. Il ne reste que peu de place pour circuler et s'installer. Chacun fait ce qu'il peut pour se planquer tant bien que mal dans un coin. Et finalement, on parvient quand même à récupérer vaille que vaille un peu d'espace vital.

Entre les deux camions, quelques débrouillards ont profité d'un trou et se sont installés pour une partie de cartes. La paix règne.

Yasreg n'a fraternisé avec personne encore. Il s'agit de connaître son monde. Des personnages à mine patibulaire en font partie. Il faut du temps pour jauger le milieu et se faire une idée de comment manoeuvrer. Certains membres de la nouvelle confrérie semble s'être connus depuis toujours. D'autres, taciturnes et perdus dans leurs pensées, recherchent les coins isolés pour y digérer leurs problèmes.

Yasreg a le coeur lourd. II ne laisse pas grand monde derrière lui. Personne ne s'intéressera réellement à ce qu'il adviendra de sa personne. L'avenir, c'est l'inconnu. Vraisemblablement une sorte de servitude, d'école d'abrutissement et d'humiliation où sa personnalité devra lutter pour ne pas se diluer dans l'ambiance générale. Déjà, les quelques contacts subis avec "ceux qui commandent" font entrevoir que tout ne sera pas rose et qu'il faudra se barder contre la mesquinerie. Il est clair qu'il s'agira là d'une épreuve morale de première grandeur et qu'il faudra en sortir victorieux. Il faudra assimiler la force d'inertie, s'assouplir l'échine, ne compter que sur ses propres ressources, identifier sa volonté avec sa conscience et ne pas déchoir.

Le bateau tangue un peu, change légèrement de cap. Les remous de l'hélice projettent en tous sens les déchets de cuisine éjectés par les cuistots. Les marsouins en profitent, font des exhibitions de souplesse, se rendent intéressants. Faute de mieux, on les regarde et on sourit de leurs cabrioles. Rien n'est visible à l'horizon si ce n'est le bleu profond de la mer qui fusionne à la limite avec la brume lointaine et le bleu du ciel. Seul le ronronnement monotone des machines berce la torpeur générale.


Première bagarre

Un groupe de joueurs de cartes assis à même le pont. Autour de ceux qui misent, il y a les spectateurs intéressés. Une sorte de "suspense" s'est installée. L'ambiance devient tendue.

Méki perd solidement. Tout le monde le regarde : va-t-il continuer ? En face, son adversaire, ancien membre des Brigades républicaines d'Espagne est consciencieusement occupé à lui rafler une bonne partie de sa prime d'engagement. L'atmosphère se survolte, on en oublie la chaleur, il y a de la bagarre dans l'air. Méki est Français, natif de Lyon. Yasreg apprendra plus tard la raison de son engagement. C'est un colosse simple, une sorte de cariatide humaine. Ses épaules font penser à l'Hercule de Farnèse. Il possède des poings énormes dont il a tendance à trop faire usage quand il a bu, ce qui lui arrive plus souvent qu'à son tour. Les problèmes moraux de Méki se cantonnent dans des limites rudimentaires. Pour lui, il y a des "choses qu'on fait" et des "choses qu'on ne fait pas".

Mais si son cheminement cérébral n'est pas des plus rapides, ce costaud a acquis, grâce à des expériences nombreuses en milieu carcéral surtout, un solide bon sens et un discernement qu'il est dangereux de tenter de prendre en défaut. Méki, à tort ou à raison, s'est persuadé que Diego Gonzalès triche et le prend pour un imbécile. Le rouge lui monte à la face. Lentement, comme tout ce qu'il fait d'ailleurs, Méki se lève. La raison de cette lenteur, ce n'est pas l'ankylose. II a jeté ses cartes dans la figure de l'Espagnol et d'un même mouvement, il l'a saisi par le col de sa chemise et il le met debout en même temps que lui. Tout cela d'un seul geste. L'"hidalgo" n'est pourtant pas un poids léger. Méki étouffe de fureur. Il ne trouve pas de mots pour exprimer son opinion sur Gonzalès. Et il le secoue comme un prunier. Cette manifestation de mauvaise humeur n'aurait peut-être pas eu de suite plus grave, car Méki n'est pas méchant au fond, si le secoué n'avait poussé le souci de défendre sa dignité compromise face à plusieurs compatriotes, en essayant d'envoyer à Méki un coup de pied dans les parties vitales.

C'était là une maladresse psychologique dont l'Espagnol allait sur le champ subir les conséquences douloureuses. Le poing droit du costaud lui écrasa tout simplement la figure. Son poing gauche projeté avec une force irrésistible l'atteignit presque en même temps, l'expédiant comme un paquet déglingué sous un camion amarré. Le crâne du malheureux évita de justesse le pare-choc en acier de l'engin, qui l'aurait sans doute achevé. Comme un pantin disloqué, le pauvre diable gisait sous les roues du camion : un problème pour l'en sortir.

Personne n'avait touché aux mises déposées sur le pont. Personne n'avait osé intervenir. Tout le monde s'était mis debout. Le silence régnait. Méki réalisa soudain ce qu'il venait de faire. Il s'immobilisa, parut se tasser sur lui-même, grimaça, puis regarda autour de lui. Constatant que personne ne prenait la relève de son adversaire, il sembla se calmer. Vite entouré d'une demi-douzaine de marins solides mais peu rassurés, le colosse n'offrit aucune résistance. La traversée se termina pour lui à fond de cale, aux fers, en attendant le Conseil de Guerre. Admis à l'infirmerie, Gonzalès termina sa traversée sur une civière. Personne ne fut autorisé à l*approcher. De toutes façons, il n'intéressait personne.


Même décor : bruits qui circulent

Une nouvelle fantastique, considérée d'abord, par bon nombre comme un bobard, se répand : l'Allemagne a attaqué la Russie.

On se pose la question : pourquoi ?, puisqu'ils étaient pratiquement alliés. Mais des recoupements se font par-ci par-là parmi les opinions et la stratégie facile des bien-renseigné fait faire surface aux espoirs les plus nébuleux. Certains s'imaginent même que la France s'est ressaisie et vient de déclarer la guerre aux Anglais. La conséquence est simple, il fallait y penser : le cargo sera arraisonné par la marine de guerre anglaise et amené dans un port neutre. On parle même d'un soulèvement probable d'une partie de l'équipage et de sa prise en main par des officiers gaullistes. D'autres prétendent qu'on a déjà mis le cap sur Gibraltar. Bref, l'imagination délirante suscitée par l'exaltation surchauffe les esprits.

Mais le commandant du cargo fait réunir tout le monde sur le pont, pour remettre de l'ordre dans les méninges. Yasreg se rappelle grosso-modo son allocution :

"Marins français, soldats français, des bruits intéressés circulent parmi vous. On prétend que nous allons être arraisonnés par la Flotte anglaise et que des éléments séditieux envisageraient de saisir le navire sur lequel vous vous trouvez. Nous connaissons l'origine de ces fantaisies dangereuses et ceux qui les ont propagées ne perdent rien pour attendre. J'avertis chacun d'entre vous que toute insubordination sera réprimée au besoin par la force des armes. La nouvelle disant que la France a repris les hostilités contre l'Angleterre et contre la Russie à côté de l'Allemagne est dénuée de tout fondement. Je vous invite à vous abstenir de toute manifestation, quelle qu'elle soit. Je ferai appliquer les règle de discipline en vigueur dans la marine de guerre, selon les pouvoirs qui me sont conférés par l'État Français. Vous pouvez disposer."

Yasreg voyage sur un navire de commerce. Mais les circonstances spéciales dans lesquelles évoluent le système économique français et en particulier la Marine, exigent une protection efficace contre toute ingérence indésirable. On voit donc paraître des sous-officiers et marins militaires français en des endroits stratégiques. Il n'est nullement nécessaire de sortir de l'École de Guerre pour constater que plusieurs mitrailleuses lourdes sont à leur disposition.

Ces précisions quant aux intentions de l'Autorité maritime refroidissent illico les velléités trop prononcées d'indépendance dans les idées, et les cantonnent dans le domaine des chuchotements confidentiels.


NDLR

Le texte de Freddy GERSAY est également publié dans la Revue LEGIO PATRIA NOSTRA éditée par la Fraternelle des Anciens de la Légion étrangère de Belgique.

Les croquis qui illustrent le récit sont également dus à la plume de Freddy GERSAY.

Date de mise à jour : Mercredi 28 Octobre 2015