Tome II - Fascicule 4 - octobre-décembre 1983


Comment sont tombés les forts belges en 1914 et en 1940 ?

Jean HARLEPIN


Sommaire

A. Préambule

B. Les armes utilisées

En 1914

Calibres 810 - 305 - 420 gamma - 420 M. - les Minenwerfer

En 1940

I - Remarques préliminaires

1. Expérience

2. Examen d'un plan de feu

3. La Tchécoslovaquie - butin

II - Les Armes

1. Artillerie divisionnaire

2. Canons de 1914 réutilisés

a. 1 x 420

b. les 505

c. des 210

3. Artillerie sur voie ferrée

a. le 170,

b. les 280 Bruno - liste

4. Le calibre 355

5. les canons antichars 57-88

C. Les méthodes d'attaque

  1. En 1914

Processus de destruction massive par l'artillerie lourde (ajouté à une ventilation inexistante)

À Liège

À Namur

À Anvers

  1. En 1940

Comparaison entre les forts en 1914 et 1940

À Liège - deux cas :

1. forts réarmés

2. nouveaux forts

Comment les Allemands s'y sont-ils pris ?

1. Préparation d'artillerie

2. L'action des anti-chars

3. Pionniers - stosstruppe et explosifs

4. L'aviation

D. Conclusion


A. Préambule

Pendant de nombreuses années, il a été difficile de se faire une idée précise du sort de nos forts. En effet, avant 1940, ils relevaient du secret militaire ; après 1944, ils restèrent domaine militaire et personne parmi les autorités militaires ou civiles ne semblait disposé à faciliter une étude à ce sujet.

Puis finalement l'accès fut peu à peu autorisé. Actuellement on peut visiter et se faire une idée de ce que furent nos forts.

Pour approfondir le sujet on peut se référer à un certain nombre d'ouvrages ou de publications apportant des témoignages mais tout ce qui a été écrit n'est pas nécessairement la vérité totale (exemple : le fort d'Eben-Emael imprenable !).

Nous avons essayé de rassembler un certain nombre de données, aussi objectivement que possible afin de se faire une idée sur le sort de nos forts en 1914 et en 1940 - à Liège, Namur ou Anvers. Comment ont-ils été amenés à succomber ou à se rendre ?

Il n'entre pas dans notre idée de faire un historique complet mais uniquement un survol du problème. Toute information complémentaire ou rectification restent les bienvenues.


B. Les armes utilisées

Pour bien comprendre les méthodes d'attaques et leurs effets il faut au préalable décrire les principaux canons utilisés par les allemands en 1914 et 1940 et cela en vue d'apprécier à leur juste valeur les armes et leur impact. De tous temps, les Allemands ont poussé leurs études et réalisations dans ce domaine parfois au-delà du raisonnable. Néanmoins, ils avaient acquis une fâcheuse renommée dans le domaine de l'artillerie. Voyons cela en détail.


En 1914

L'Allemagne ayant préparé la guerre était très bien pourvue en artillerie de campagne qui comportait surtout des calibres comme celui du canon de campagne de 77 mm auquel se joignaient des 100 mm, 130 mm, 150 mm. Sur ces types, non prévus pour réduire des forts, nous ne nous étendrons pas. Par contre nous décrirons plus en détail les canons plus lourds.



1.  L'obusier lourd de 1911, calibre : 21 cm

C'est le plus gros calibre pouvant être inclus dans l'artillerie de campagne, puisque son déplacement et sa mise en ou hors batterie pouvait se faire dans un temps court.

Cela donne un avantage du point de vue tactique. Toutefois son déplacement se faisait en deux charges (affût + tube). Un modèle est visible au MRA. Les allemands possédaient un grand nombre de batteries de 21 cm. Elles jouèrent à Liège, Namur et Anvers, un rôle important.

Il y eut plusieurs modèles :

a. le 21 cm (exactement 211 mm) M.10 - 1911

portée : 8 km

210 pièces étaient disponibles en 1914

b. modèle M.16 de 1916 (tube allongé - langer Mörser)

portée : 11 km

c. le 211 M.17 (ou 18) sorti en 1918 ; ce dernier a été repris sur nouvel affût pour la Deuxième Guerre mondiale.

2. Le mortier lourd de côte (schwere Küsten Mörser)

De 30,5 cm - pièce lourde et difficile à manier. Cette pièce, tirant à poudre noire, n'apparut que devant Anvers.

À ne pas confondre avec la pièce suivante :

3. Le mortier autrichien de 30,5 cm

À l'encontre de la pièce allemande, il était plus maniable (transport en trois chariots à roues métalliques : plate-forme - affût berceau - tube).

Il y avait en 1914, 24 pièces "30,5 cm M.11" disponibles.

En 1917 on comptait 72 pièces construites. Le 4 août 1914, les Austro-Hongrois ne sont pas en guerre, mais suite aux difficultés des Allemands devant Liège, ils mettent à leur disposition 8 pièces d'abord, portées par la suite à 24.

Ces 8 pièces n'étaient pas à Liège, mais furent présentes à Namur et à Anvers. (N.B. Ces pièces ont été construites chez Skoda).

4. Le mortier de 42 cm type gamma

En 1906, Krupp avait réalisé un obusier de 420 mm de calibre, appelé "Kurze Marine Kanone" type gamma. Il s'agissait d'un canon sur platte-forme fixe. Le transport nécessitait deux trains complets. Cette pièce était donc tributaire du chemin de fer. En pratique, elle ne joua aucun rôle marquant devant Liège, mais par la suite à Anvers. Elle fut néanmoins présente à Liège dès le 15 août 1914. En effet, une batterie de deux pièces a été montée au parc d'Avroy en vue de réduire les deux derniers forts de Flémalle et Hollogne, qui se rendirent le 16 août à 0710 Hr et 0725 Hr respectivement. Les premiers coups de réglage furent précisément tirés le 16 août vers cette heure. Pour 0800 Hr les tirs avaient cessé. Cette batterie, arrivée trop tard n'eut aucun effet à Liège, mais bien à Anvers. Il y eut cinq canons de ce type en 1914.

5. Le mortier de 42 cm type M

Devant les difficultés d'emploi du 42 cm gamma, on chercha un modèle de canon plus mobile mais semblable en calibre. C'est alors que Krupp réalisa une batterie de deux pièces en 1913, laquelle fut prête au moment du déclenchement des hostilités en août 1914. C'était la Batterie n°3 (Erdman) en cours d'exercice à Essen en août 1914.

Le calibre du type M était, comme le gamma, de 42 cm, mais l'obus passa de 923 à 796 kg. La portée fut ramenée de 14 km à 9 km. Cela permet une manipulation plus aisée des mortiers et leur transport par route.

Par canon, il fallait cinq remorques :

- une voiture - agrès

- une voiture - plate-forme

- une voiture - berceau et bêche

- une voiture - affût

- une voiture - bouche à feu

(voir tableau des caractéristiques des pièces ci-après).

Ce type de canon est celui qui provoqua, par son tir, l'explosion du fort de Loncin. Les Allemands firent à son sujet un battage publicitaire destiné à bien implanter la suprématie de l'artillerie allemande. Il porta le nom de "Grosse Bertha" (prénom de Madame Krupp). À ne pas confondre avec le "Lange Max" qui tira par la suite sur Paris, (calibre 210 mm - portée 110 km) et appelé aussi, mais à tort "Grosse Bertha". Le 420 mm M n'avait qu'une portée allant jusque 9 km et les Allemands étaient à 120 km de Paris.

6. Les "Minenwerfer"

Cette arme fut particulière aux Allemands en 1914. Elle fut présentée en 1912 par Rheinmetall. Il y avait à ce moment deux types de fort calibre : 245 mm - lourd et 170 mm - moyen. Par la suite il y eut un modèle léger. La portée était courte : 900 à 1000 mètres, mais le projectile était relativement lourd (50 kg pour le lourd) et la proportion d'explosif était importante. C'était une arme qui connut ses heures de gloire dans la guerre de tranchée. Une première série de ces engins fut mise en batterie devant le fort  de Fléron (cela fit penser que Fléron aurait reçu des coups de 420).


En 1940

I.  Remarques préliminaires

Après avoir passé en revue les canons lourds de 1914 et avant de voir les types de 1940, il faut faire quelques remarques :

1. Forte de l'expérience de 1914, l'armée belge a mieux construit ses fortifications. Le béton est cette fois armé ; il est plus épais ; les blocs sont, dans les ouvrages modernes, dispersés ; les services, casernes, groupes électrogènes, centres de transmission ou de tir sont mieux enterrés (jusque ± 30 mètres).

Bref, cette fois, il ne faut plus craindre les gros calibres.

2.  Si nous examinons un plan de feu (voir ci-après) prévu par les allemands pour Aubin Neufchâteau, on constate avec étonnement, outre la présence de gros calibres, l'apparition de deux armes nouvelles par rapport à 1914.

a. l'attaque par Stuka

b. la présence du "Flak Regiment 246"

Or, Flak signifie "Flieger Abwehr Kanone".

Que vient donc faire ce canon de défense anti-aérienne dans l'attaque d'un fort ? C'est ce que nous verrons plus loin.

Il s'agit de célèbres canons de 8,8 cm Flak devenus aussi 8,8 cm Pak (Panzer abwehr Kanone).

Quant à l'aviation, c'est évidemment la révélation de la campagne de 1940.

ATTAQUE de NEUFCHATEAU - PLAN de FEU

Selon un document allemand le 20.5

1.- A.R. 223 - 12 obusiers de 150

2.- Batterie 779 - 2 mortiers de 305

3.- Batterie 810-1 mortier de 355

4.- Eisenbahn. Batterie 695 - 2 canons de 280

5.- Eisenbahn. Batterie 696 - 2 canons de 280

6.- Eisenbahn. Batterie 717-2 canons de 170

7.- Eisenbahn. Batterie 718-2 canons de 170

8.- Flak R. 246 - en liaison avec infanterie

9.- Stuka Angriff

Coups Prévus

420 coups de 150

24 coups de 305

15 coups de 355

2 x 25 coups de 280

2 x 40 coups de 170


3. II faut aussi rappeler qu'à Munich, Daladier et Chamberlain ont "lâché" la Tchécoslovaquie à Hitler dans l'espoir de sauver la paix. Or, c'est un cadeau royal qui a été fait à Hitler. En effet, celui-ci a trouvé en Tchécoslovaquie :

a. des chars excellents (Skoda) qui devinrent dans ses "Panzer-Divisionen" les PzKfw 35 (t) et PzKfw 38 (t), lesquels complétèrent les divisions qui percèrent à Sedan ;

b. des canons Skoda de 30,5 cm - les mêmes qui mirent à mal (sous le nom Austro-Hongrois) les forts de Namur et d'Anvers en 1914.

c. un embryon de ligne Maginot en cours de construction - il y avait de quoi se faire une bonne idée des fortifications modernes belges ou françaises. Les Allemands ont certainement médité devant les fortifications tchèques sur la meilleure façon de les mettre à mal (exercices compris).


II. Les armes

Voyons maintenant quelles armes furent employées en 1940 par les Allemands.

1. Artillerie divisionnaire

Étant donné que l'attaque des forts est du ressort des divisions d'infanterie, on retrouvera comme en 1914, l'artillerie divisionnaire classique et comprenant cette fois en priorité le 105 mm (FH 18) devenu le canon courant (remplaçant le 77 en voie de disparition).

Il y eut aussi d'autres calibres mais non significatifs sauf le 150 mm, canon bien représenté dans l'arsenal de l'artillerie allemande.

Exemple : plan de feu pour Aubin - présence pour la journée du 20 mai de l'"Artillerie Régiment 223" soit 12 obusiers de 150 mm avec 420 coups prévus contre Aubin.

2. Canons de 1914 réutilisés en 1940

a. un tube de 420 mm repéré par Hitler lors d'une visite chez Krupp. Hitler donna l'ordre de remettre ce tube en service sur nouvel affût.

Il semble que ce canon fut présent à Liège.

Il le fut en tous cas devant l'ouvrage du Schonenbourg de la Ligne Maginot et à Sébastopol.

b. un certain nombre de canons tchèques (ex - autrichiens) de 30,5 cm dont nous avons déjà parlé.

Ces pièces ont été construites chez Skoda qui après la guerre se trouva en Tchécoslovaquie.

Un certain nombre de ces pièces semble être restées en souffrance et Hitler en récupéra un certain nombre qui furent à nouveau utilisées contre les Alliés. Deux de ces pièces ont tiré sur Aubin le Château (voir plan de feu d'une journée sur Aubin).

Le transport de ce mortier nécessitait trois chariots :

- un chariot - plate-forme - 10 T

- un chariot - porte-sellette, affût et berceau - 10 T

- un chariot - porte-canon - 8,5 T

c. Un certain nombre de canons de 21 cm "Lange Mörser M.16" - II s'agit des canons de 1916 calibre 21 cm, reconditionnés sur affûts plus modernes. Ces canons très puissants et maniables ont joué un grand rôle en1914 ; ils apparaissent fort modestes en 1940 et ne semblent plus avoir fait preuve de performances particulières.

3. Artillerie sur voie ferrée  (Eisenbahn-geschütze)

Au début de 1914 il n'y avait pas d'artillerie sur voie ferrée. Ce sont les Français qui, par manque de canons lourds, vont en urgence, placer des tubes de marine sur des "affûts truck" d'abord à deux essieux, puis sur des affûts de plus en plus lourds utilisant 2 voire 3 bogies à 4 ou 5 essieux.

En 1914 les Allemands restèrent fidèles aux canons sur plaques de base fixes et rotatives.

En 1940, devant les succès des canons sur voie ferrée (A.L.V.F.) en 1916-1917, les Allemands avaient prévu des équipements similaires. Au moment de l'attaque sur Liège les canons suivants ont été repérés :

a. canon de 17 cm (probablement le 17 cm SK-L/40(E).

Il s'agit d'un canon de calibre 170 mm (existant aussi en150 mm) monté sur un wagon plat à 2 bogies avec bras d'équilibre repliables. Le canon pouvait tourner sur 360° ; sa portée était de 26 km. Il y eut au moins deux batteries à deux pièces à Aubin (batteries n° 717 et n° 718) et une autre batterie n° 676. 0n n'en sait pas plus.

b. canon de 28 cm.

Dès 1936 un vaste programme de rééquipement prévoyait des canons lourds sur voie ferrée. Krupp avait ce programme en charge et tout ne fut pas prêt pour 1940. Toutefois, un certain nombre de pièces fut disponible. On repère à Aubin les deux batteries 695 et 696, chacune avec deux canons de 28 cm. Il y eut aussi une batterie n° 780, également avec le calibre 28 cm.

Le calibre de 28 cm fut caractéristique d'une série de canons sur voie ferrée dénommés Bruno.

Il y eut :

- Le Th. K (E) d'un calibre 23,8 cm ; portée : 26.750 m (prototype ?)

- Le Th. Br. K (E) - 23,8 cm (Theodor Bruno) ; portée : 20.200 m - six pièces construites

- Le Kz. Br. K (E) - 28,3 cm (Kurze Bruno) (c) ; portée : 29.500 m - huit pièces construites

- Le Lg. Br. K (E) - 28,3 cm (Lange Bruno) ; portée 28.500 m - trois pièces construites

- Le S.Br K (E) - 28,3 cm (Schwere Bruno) (d) ; portée : 29.400 m - deux pièces construites

- Le Br. N. K (E) - 28,3 cm (Neue Bruno) (e) ; portée : 46.600 m (tube de 16,4 m) - trois pièces construites

- Le canon précédent fut suivi du K 5 (E) qui semble être la version définitive, construite à 25 exemplaires - même calibre - portée : 62.400 m - tube 21.538 m

À notre avis, les canons à prendre en considération à Liège en mai 1940 seraient l'un ou l'autre des modèles c d, ou e ci-dessus.

4. Le calibre 355

Dans le plan de tir sur Aubin Neufchâteau figure un canon de calibre inhabituel : le 355 mm. Il est mentionné comme faisant partie de la Batterie 810. Nous trouvons la description de ce canon dans Waffen Revue, n° 49 E 5052 F, 2e trimestre 1983.

En 1940, il y avait au plus un canon de ce type (une pièce prête en décembre 1939 et une en mars 1942). Sur toute la guerre huit pièces furent construites.

La revue précitée mentionne la batterie 641 qui en 1943 avait deux pièces de 35,5 cm. La désignation de ce canon dont le seul exemplaire en 1940 fut présent à Liège, était "35,5 cm Mörser M.1". Ajoutons que c'est précisément ce canon qui fut par la suite utilisé à Battice pour faire des essais avec l'obus Röchling.

Nous vous renvoyons pour cette pièce au Bulletin du CLHAM, tome II, fascicule 2, avril-juin 1983, lequel donne à son sujet toutes précisions.

5. Les canons anti-char

Nous avons remarqué dans le plan de feu contre Aubin la présence du 8,8 cm Flak ! Les Allemands qui étaient passés maîtres dans l'arme blindée, avaient également étudié les armes anti-char. La caractéristique principale était leur tir tendu ce qui permettait une visée directe sur l'objectif. En outre leur vitesse initiale (Vo) était nettement supérieure aux canons classiques, ce qui assurait une pénétration supérieure de l'obus anti-char.

a. Le premier type de canon réalisé (en grand nombre) fut le 3,7 cm PAK 36. C'est un petit canon très léger et maniable, en dotation dans toutes les divisions allemandes et qui fut célèbre au début de la guerre 40-45, mais toutefois moins que le "88".

b. Le deuxième canon anti-char disponible en 1940 fut le 8,8 cm PAK, lequel, en fait, n'était autre que le 8,8 cm FLAK, anti-aérien utilisé pour la défense anti-char compte tenu de ses caractéristiques. Voir en annexe les caractéristiques de ces deux canons et leur image.

L'idée d'utiliser les canons anti-chars contre les forts devait venir normalement aux Allemands cherchant à neutraliser les blindages (embrasures, coupoles, cloches) des forts.Ces canons furent utilisés en tir direct chaque fois qu'il leur fut possible de s'approcher, car leur portée (inférieure à celle des 75 de tourelle) les exposait à la destruction en cas de repérage.


Tableaux annexes

Tableau A



Obusier lourd Type 1911Langer Mörser Type 40/45Schwere Küsten MörserSkoda Mörser Type 1911
Calibremm211211305305
Poidskg5.4509.22012.15021.000
Tube (longueur)mm2.5203.063
3.100
Projectilekg120120445380
Cadence/heure
1030410
Portéem8.00011.10012.4009.600
Angle vertical°0-700-700-650-70
Angle horizontal°66360120


Tableau B



Kurze Marine Kanone Type GammaKurze Marine Kanone Type MMörser ThorCanon Dora
Calibremm420420600800
Poidskg100.00058.000120.0001.300.000
Tube (longueur)mm7.0005.0005.06832.480
Projectilekg9237962.2004.800 (*)
Cadence/heure
61063
Portéem14.0009.0006.80047.000
Angle vertical°0-640-7050-600-53
Angle horizontal°6630

(*) Projectile blindé - poids : 7.000 kg


Tableau C

Minenwerfer Ehrhardt


lourdmoyen
Calibremm245170
Poidskg620483
Tube (longueur)mm860600
Projectilekg5017
Portéem9001.030

Leichte 105-mm-Feldhaubitze 18(LFH-18) - Deutschland

Kaliber: 104,9 mm

Gewicht in Fahrstellung : 1.985 kg

Lange in Feuerstellung : 5.994 mm

Lange in Fahrstellung : 5.588 mm

Breite in Feuerstellung : 3.580 mm

Breite in Fahrstellung : 2.010 mm

Höhe in Fahrstellung : 1.800 mm

Rohrlänge : 2.706 mm

(25,77 Kaliber)

Hohenrichtbereich : -5 bis +42°

Seitenrichtbereich : 56 insges

Höchstschussweite : 10.600 m

Feuergeschwindigkeit : 6-8 Schuss/min

Munitionsart : Sprengmunition, panzerbrechende Munition

Nebelgeschosse usw.:

Gew. des Sprenggeschosses : 14,8 Kg; Vo = 670 m/s

Bedienung : 6-10 Mann

Zugmittel : Lkw

Die 105-mm-LFH-18 wurde erstmals im Jahre 1935 von Rheinmetall hergestellt.  Sie war die Standard-Feldhaubitze der deutschen Divisionsartillerie. Rücklauf-und Vorholesystem ist hydropneumatisch. Die Lafette ist eine Spreizlafette, bei der der  Erdsporn des einzelnen Holms in Fahrstellung nach vorn auf dir Holmoberseite geklappt wird. ...


C. Les méthodes d'attaque


En 1914

Lorsque le 4 août 1914, les Allemands entrent en Belgique, ils croient à un effondrement rapide de l'armée belge et Liège, avec ses forts ne les préoccupe pas outre mesure. En effet, ils ont bien prévu des canons spéciaux contre les fortifications (les 420 - Grosse Bertha - voir plus loin) mais en pensant aux forts français ; ces pièces sont toujours à Essen, chez Krupp, à l'exercice (Batterie Erdmann).

Dès le 5 août, Barchon et Evegnée se trouvent sous le feu des obusiers lourds de 21 cm. Les troupes belges d'intervalle se retirent et le 8 août les Allemands annoncent la prise de Liège. C'était vrai mais partiellement, car les forts, livrés à eux-mêmes, résistaient toujours. À ce moment, le général von Bülow demandait l'envoi d'urgence de la batterie n°3 (Batterie Erdmann de deux canons de 420 type M.). En attendant, les troupes allemandes procèdent à l'investissement des forts, à des préparations d'artillerie avec leur artillerie organique (calibre jusque 21 cm) suivies d'attaques d'infanterie ; cela est donc très classique. Mais les forts se défendent ; rappelons qu'il y a dans les forts une partie d'infanterie qui peut monter sur le massif central et se défendre derrière des banquettes prévues à cet effet. Aucun fort n'est pris de cette façon.

Les Allemands placent alors leur espoir dans leur artillerie lourde et changent de tactique. Celle-ci consiste à écraser les forts sous une artillerie très puissante jusqu'à destruction.

Toutefois, à Liège, cette tactique n'eut pas le temps de sortir ses effets rapidement. Si l'on examine les dates, on constate que les deux canons de 42 cm type M. (les deux seuls qui furent mis en oeuvre à Liège) n'arrivèrent que le 10 août à 23 heures à Herbestal. Ce n'est que le 12 août, à Mortier, que la batterie ouvrit le feu contre Pontisse (commencé à 1745 Hr le 12, il fut poursuivi le 13). Le fort hissa le drapeau blanc après le 23e coup. À noter que Pontisse était sous le feu des pièces de 7,7 cm, 13 cm et 15 cm depuis le 5 août (période des assauts d'infanterie) et le 9 août les obusiers de 21 cm entrent en jeu.

Ici il faut attirer l'attention sur le fait que les forts de 1914 avaient des carapaces de béton calculées pour résister au 21 cm maximum, mais un 21 cm de 1887.

L'énergie cinétique à l'arrivée de l'obus lors des essais était 240 t/m ; or le 21 cm allemand de 1914 avait 540 t/m (voir R.B.H.M., XVIII, 8 décembre 1970, page 624. L'énergie est donnée en tonne/mètre). Il était donc à lui seul plus que suffisant pour mettre à mal les forts belges. Les Allemands étaient bien pourvus en canons de 21 cm.

Revenons à Liège et au 42 cm. Après Pontisse le canon se retourna contre Loncin le 15 août. Le tir commença vers 15 heures et vers 1615 Hr, le fort fit explosion (au 25e coup de 420). Ce furent les deux seuls forts qui subirent le tir des 42 cm (la Grosse Bertha).

Quand on regarde les dates des redditions (voir tableau) on constate qu'en fait le calvaire des forts est dû en ordre principal aux canons de 21 cm. En tout état de cause, les Allemands mirent au point à Liège la tactique ultérieurement employée à Maubeuge - Namur - Anvers.

Quelles furent donc les causes qui obligèrent les défenseurs des forts à hisser le drapeau blanc ?

À Liège les forts tinrent en 1914, une moyenne de 10 à 11 jours ce qui est plus qu'honorable. Dans le premier stade la résistance fut active et les Allemands furent gênés par les forts. Mais, une fois l'investissement mis en place, la situation changea. Tout d'abord, les forts furent peu à peu privés des observatoires extérieurs (points hauts, clochers d'église) ce qui limita les possibilités de réaction des coupoles. Ensuite le bombardement, même sans les 420, fut destructeur. Si l'on excepte Loncin (où c'est le magasin à poudre qui explosa) l'artillerie ne parvint pas néanmoins à détruire de fond en comble l'ensemble des casemates et galeries (on les retrouve en bon état encore aujourd'hui, voir Lantin).

Par contre, les superstructures furent entamées et, ne l'oublions pas, le béton n'était pas armé. Il en résulte que même si les calottes des coupoles se sont bien comportées, le béton entourant ces coupoles, s'est détérioré, ne jouant plus son rôle de protection. Des coupoles se calèrent ou furent endommagées latéralement par les obus.

Ajoutons que pour les coupoles de 210 mm il n'y avait pas de protection latérale par manteau cylindrique ; il en résulte que les servants de ces coupoles furent exposés aux éclatements des obus au point que les flammes provenant d'explosions dans le béton entourant ces coupoles, pouvaient provoquer l'explosion des munitions de l'obusier de 210 (Chaudfontaine).

Une autre caractéristique des forts de 1914 était leur peu de profondeur. Cela signifie que les chambrées, locaux de tir, casemates, couloirs, etc. étaient en permanence sous l'influence des bombardements ; d'où la conséquence : exposition à des dégâts locaux, poussière de béton, fumée et gaz d'explosions, inquiétude, nervosité, manque de sommeil et de repos, etc. On peut comprendre que la résistance a dans ce cas des limites pour tout homme normal.

Il y a lieu d'ajouter que la ventilation était inexistante, le fort ayant tendance à aspirer l'air extérieur chargé de gaz et poussières ; à cela s'ajoutait enfin l'absence de toilettes et sanitaires convenables, entraînant des odeurs pestilentielles. L'air devenait peu à peu irrespirable. C'est cette atmosphère intérieure dantesque, ajoutée à la mise hors service progressive des tourelles qui mirent fin à la résistance des forts.


À Liège

Selon des informations prises ça et là nous pouvons dire à propos de certains forts :

* LONCIN : le jour de la chute (le 15/8), le fort reçut un obus de 420 vers 17 h dans le magasin à munition. Le fort explosa littéralement, ensevelissant une grande partie de sa garnison. Le fort est resté dans l'état où il se trouvait et est devenu un monument.

* PONTISSE : subit un bombardement de divers calibres et finalement le 420 vint s'y ajouter. Il reçut 43 coups de 420. Il eut ses tuyaux de WC crevés. Les deux coupoles de 5.7 de tête ont été pulvérisées. Les autres coupoles ont été disjointes et avariées. Reddition.

* BARCHON : premier fort à tomber. Assaut des 210 situés à 4500 m - observatoire allemand à Blegny - inondation - air irrespirable - grosses coupoles bloquées - capitulation.

* ÉVEGNEE : Tir des 210 - mise hors service des canons des tourelles.

* EMBOURG : deux coupoles de 5,7 ont été détruites. La grosse artillerie s'est coincée - manque d'eau.

* FLÉRON : Tir des 210 auxquels se sont ajoutés les mortiers Ehrhardt de 240 (Minnenwerfer) à 800 m - artillerie hors service.

* LANTIN : Fort non terminé - coupoles calées sous le tir allemand - état sanitaire à toute extrémité.

Le 16 août il restait FLÉMALLE et HOLLOGNE qui se sont rendus au moment où la batterie des 2 x 420 gamma du parc d'Avroy ajustait ses tirs.

Remarque : il y a également lieu d'attirer l'attention sur le fait que l'artillerie lourde allemande tirait depuis des emplacements situés hors de portée des canons équipant les forts belges.


Les forts de Liège en 1914 et 1940

Forts

Reddition 1914

Résistance

Reddition 1940

Résistance

BARCHON

8 août

5 jours

 18 mai

9 jours

ÉVEGNEE

11 août

8 jours

 19 mai

10 jours

FLÉRON

14 août

11 jours

 16 mai

7 jours

CHAUDFONTAINE

13 août

10 jours

 17 mai

8 jours

EMBOURG

13 août

10 jours

 17 mai

8 jours

BONCELLES

15 août

12 jours

 16 mai

7 jours

FLÉMALLE

16 août

13 jours

 16 mai

7 jours

PONTISSE

13 août

10 jours

 18 mai

9 jours

HOLLOGNE

16 août

13 jours



LONCIN

15 août

12 jours



LANTIN

15 août

12 jours



LIERS

14 août

11 jours



EBEN-EMAEL



 11 mai

36 heures

AUBIN



 21 mai

12 jours

BATTICE



 22 mai

13 jours

TANCREMONT



 29 mai

20 jours

NB    Boncelles ne s'est pas rendu - Tancrémont s'est rendu le 29 mai - Jours comptés à partir du 04 août 1914 et du 10 mai 1940.


À Namur

À Namur, les Allemands ont l'expérience de Liège et ils amènent de suite leurs gros canons. On retrouvera, outre l'artillerie de campagne et les 210 mm, les deux mortiers de 305 mm autrichiens (mis à disposition des Allemands et enfin arrivés).

Par contre, la batterie de 2 x 420 mm type gamma, tributaire du transport par voie ferrée ne put arriver à temps par suite du sabotage des voies ferrées (pont de Seilles).

La chute des forts de Namur en 1914

Date de départ de l'attaque : le 18 août 1914.

NB : Devant Namur, il y eut 16 canons de 100, 16 canons de 130, 32 canons de 150, 40 canons de 210, 8 canons de 305, 2 canons de 420 (M), soit 114 pièces plus 300 pièces de campagne de 77 et 105.

MARCHOVELETTE : soumis au tir de 420 les 21 et 23 août, mais aussi au tir des 305 ; s'est rendu le 23 août, à 14 heures.

MAIZERET : soumis au tir de 420 le 22 août et au 305 les 21 et 22 août - serait tombé le 28 août au soir.

SUARLÉE : soumis au tir de 305 et 420 le 25 août - se rend le même jour, 25 août.

ÉMINES : soumis au tir de 305 et peut-être 420 le 24 août. Il capitule le 24 août à 1630 Hr.

COGNELÉE : attaqué le 22 août, se rend le 23 août à 1230 Hr.

ANDOY : soumis au tir de 305 du 21 au 24 août - reddition le 24 août 1914.

DAVE : s'est rendu le 25 août 1914.

MALONNE - n'avons pas trouvé d'information - en fait a été abandonné par son équipage.

SAINT-HÉRIBERT : seul fort sur lequel on a écrit une histoire. S'est rendu le 24 août 1914 à 2100 Hr après bombardement les 22 - 23 - 24 août. Air irrespirable, hommes au bord de l'asphyxie, mise hors service des pièces.

Il y eut à Namur :

- la Batterie n°3 (2 x 420 M)

- les 8 mortiers de 305 mm

- 40 mortiers de 210 mm

- 32 canons de 150 mm

- 16 canons de 130 mm

- 16 canons de 100 mm

À cela il faut ajouter ± 300 canons de campagne de 77 et 105 mm.

Remarque : l'intervention de l'artillerie de campagne ne recherche pas la destruction du béton, mais a pour rôle de bouleverser les défenses superficielles telles que réseaux de fil de fer barbelé et créer des trous d'obus permettant en cas d'assaut, à l'infanterie de progresser en se mettant à l'abri. Dans de telles conditions, les forts furent rapidement mis hors service - voir le tableau donnant les dates de cessation du combat.

La chute des forts de Namur en 1940

MAIZERET23.05.401445 Hr
ANDOY23.05.401730 Hr
DAVE24.05.400800 Hr

SAINT-HÉRIBERT

21.05.401210 Hr
MALONNE21.05.40?
SUARLÉE19.05.401445 Hr
ÉMINESnon modernisé
COGNELÉEnon modernisé
MARCHOVELETTE18.05.402030 Hr


NB : En 1940, le P.G. de la garnison de Namur, ainsi que l'état-major du régiment de Chasseurs Ardennais se trouvaient à Terra Nova à la Citadelle de Namur.

On a peu écrit sur les combats des forts de Namur en 1940 et c'est dommage. On peut toutefois se faire une idée très précise des combats autour du fort de Saint-Héribert - voir le fascicule très bien fait intitulé : L'Historique du Fort de Saint-Héribert par le Commandant L'ENTREE.


À Anvers

Il y a lieu de noter qu'après Namur les Allemands se retournèrent sur Maubeuge et, seulement après, attaquèrent la première ceinture d'Anvers (ligne Bornem - Breendonck - Walem - Wavre Sainte Catherine - Koningshooikt - Lierre).

Ici les Allemands ont beaucoup d'expérience dans la réduction des forts, après Liège - Namur - Maubeuge, et immédiatement, c'est l'abondance des canons lourds en vue d'une destruction systématique des forts.

Pièces présentées :

a.  40 pièces de 100 à130 mm

72 pièces de 150 mm

48 obusiers de 210 mm.

b.  4 obusiers de 305 autrichiens

5 obusiers de 305 allemands (de l'ancien type à poudre noire dénommé Küsten Mörser)

2 obusiers de 420 M

2 obusiers de 420 gamma (cette fois ils sont prêts)

À noter que la salve des canons lourds était :

- à Anvers : 7.191 kg

- à Namur : 4.632 kg

- à Liège : 1.592 kg

Cela en dit long sur l'emploi des gros canons pour museler les forts et sur la gradation depuis Liège.

Nous avons relevé les batteries présentes à Anvers (voir RBHM) :

Batterie n°2

Batterie n°3

Batterie n°8

Batterie n°1

Batterie n°5

Batterie n°6

(Becker) 2 x 420 gamma

(Erdmann) 2 x 420 M

(Amann) 4 x 305

(Neumann) 2 x 305 SKM

(Sharp) 2 x 305 SKM

(Buch) 1 x 305 SKM

tirant sur Wavre-sainte-Catherine

Lierre

Koningshooikt

Wavre-ste-Cathérine

Walem

Walem


Il apparaît clairement qu'il y a eu une escalade mortelle pour nos forts puisque certains forts de la ceinture d'Anvers furent abandonnés par leurs équipages alors que les Allemands continuaient à s'acharner sur des forts déjà hors service.

Les dégâts aux forts furent plus spectaculaires à Anvers, et c'est probablement là qu'il y eut le plus grand nombre de coupoles détruites (selon les Allemands, les coupoles cuirassées, dans l'ensemble se sont assez bien comportées et il y eut un nombre limité de destructions totales (il est vrai qu'un coincement suffisait à rendre la coupole inefficace).

La chute des forts d'Anvers en 1914

Début de l'attaque générale : le 29 septembre 1914.

* WAVRE-SAINTE-CATHERINE : résistance du 28 septembre au 01 octobre. Fort abandonné le 29 septembre vers 1800 Hr après explosion d'un magasin à munitions. Bombardement poursuivi par les Allemands le 01 octobre.

* KONINGSHOOIKT : résistance du 29 septembre au 02 octobre. Le fort sauta le 02 octobre à 1400 Hr.

* WALEM : résistance du 28 septembre au 02 octobre. Le fort reçut 556 obus de 445 kg (calibre 305) et capitula le 02 octobre à 1700 Hr.

* REDOUTE de DUFFEL : résistance du 28 septembre au 03 octobre ; fut bombardée par 210 et 305 mm et évacuée le 03 octobre vers 1200 Hr.

* LIERRE : résistance du 30 septembre au 02 octobre. Fort devenu intenable sous les coups de 420. Il reçut 175 obus de 800 kg et fut abandonné le 02 octobre à 1800 Hr et occupé le 03 octobre par les Allemands.

* KESSEL : bombardé le 04 octobre vers 1600 Hr, il fut abandonné le jour même vers 1200 Hr.

* BROECHEM : les 5 et 6 octobre. Il reçut 144 obus ; il fut abandonné le 05 octobre et seulement occupé le 07 octobre par les Allemands.

* BREENDONK : fut depuis le 01 octobre sous le feu des 210 mm ; le 06 octobre sous le feu des 305. Au total 563 obus. Le fort fut occupé le 08 octobre.


En 1940

Nous allons maintenant essayer de comprendre comment les forts furent pris en mai 1940. Cette fois on a tenu compte des leçons de 1914, et des expériences malheureuses de ce terrible conflit. Les Allemands ont également appris la leçon et en tiendront compte. Voyons tout d'abord en quoi résidaient les améliorations ou modifications de nos fortifications.

Tout d'abord, il n'y a plus de ceinture de forts à Anvers. Les forts de 1914 n'ont pas été réarmés.

À Namur, tous les forts anciens furent réarmés, à savoir : Maizeret - Andoy - Dave - Malonne - Saint-Héribert - Suarlée - Marchovelette, sauf Emines et Cognelée.

À Liège, il y a deux cas. Tout d'abord on a formé une ligne dite PFL 2, constituée d'une partie des forts anciens réarmés (comme à Namur).

Il y eut en outre une deuxième ligne plus avancée dite PFL 1, constituée de forts modernes constitués selon des conceptions entièrement nouvelles (similaires à celles servant de base à la ligne Maginot).

On comptait à Liège les forts suivants : PFL 1 : Eben-Emael - Aubin Neufchâteau - Battice - Tancrémont (Pepinster) - PFL 2 : Pontisse - Barchon - Évegnée - Fléron - Chaudfontaine - Embourg - Boncelles - Flémalle.

Il y eut donc deux cas à examiner :

- le réarmement des forts de 1914 ;

- la construction de forts entièrement nouveaux.

Rappelons qu'en 1914, les forts étaient en forme de triangle (parfois de trapèze) ; ils avaient essentiellement un massif central groupant toute l'artillerie principale (gros calibres : 120 - 150 - 210).

La défense rapprochée était assurée par des coupoles de 57 mm à la périphérie et des coffres simples ou doubles de flanquement. Il y avait un fossé avec escarpe et contre-escarpe. Les galeries n'étaient pas très profondes, de même que les postes de tir, centraux téléphoniques et casernements. La modernisation a consisté en ordre principal à revoir l'armement et à renforcer les parties intérieures.

Pour l'armement on a procédé comme suit :

  • les deux coupoles (ou une) de 210 ont été comblées ;
  • la coupole de 150 est devenue coupole de 2 x 75 G P (ou 2 x 105) ;
  • les deux coupoles de 120 deviennent des coupoles Mi ;
  • le phare devient observatoire (P.O.) ;
  • les coupoles (3 ou 4) de 57 deviennent coupoles à un obusier de 75 ;
  • les canons de 57 dans les coffres deviennent des mitrailleuses.

En ce qui concerne l'intérieur, les aménagements furent très importants :

  • on renforça les galieries principales qui par bonheur étaient suffisamment hautes en 1914. Ce travail consistait à placer latéralement des poutrelles soutenant une voûte en tôle ondulée épaisse. L'intervalle entre l'ancienne voûte et la tôle ondulée fut rempli de béton (on peut voir ce travail en visitant le fort d'Embourg) ;
  • les postes de commandement et de tir furent enterrés plus profondément. Le béton fut remanié, remplacé ou renforcé selon les endroits par du béton armé ;
  • une nouvelle centrale électrique (diesel + alternateur) fut placée en casemates mieux protégées ;
  • enfin, la ventilation fut installée et soignée (protection même contre les gaz par filtres).

Comme on le voit, on avait remédié aux principaux défauts des forts de 1914. Toutefois, malgré la dispersion des quatre coupoles de 75, l'ensemble se trouvait toujours dans le périmètre de l'ancien fossé, c'est-à-dire sur une surface relativement réduite.

II en est tout autrement de la PLF 1, constituée de forts entièrement nouveaux. Sans entrer dans des détails qui nous mèneraient trop loin, signalons les points principaux caractérisant les nouveaux forts :

Le fort n'est plus monobloc, mais bien constitué d'un nombre variable de blocs en béton armé complètement indépendants les uns des autres et dispersés. Leur emplacement et leur armement est fonction de leur mission respective.

On trouve en gros, les types suivants :

  • blocs d'artillerie avec tourelles de 2 x 75 (éclipsables) ou de 2 x 120. Ils peuvent aussi comporter des coupoles fixes pour Mi ou des observatoires sous cloches ;
  • blocs avec canons en casemates (par groupe de trois en calibre 75), cas uniquement présent à Eben-Emael ;
  • blocs défenses rapprochées avec en casemate des Mi, des C 60 (canon calibre 60). Ce sont souvent des blocs formant coffre et défendant les fossés ;
  • blocs d'aération (parfois situés en dehors de l'enceinte du fort) ;
  • blocs d'entrée, similaires aux coffres.

L'ensemble de ces blocs possède en général un puits avec escalier (et ascenseur pour les munitions aux blocs d'artillerie et d'entrée). Ce puits relie les blocs à un réseau de galeries situées à ± 30 mètres de profondeur. Ces galeries mènent à une caserne souterraine profonde et souvent placée en dehors de l'enceinte ; cette disposition permet de mettre les équipages à l'abri des bruits et fumées des explosions en cas d'attaque des blocs de combat et permet le repos.

Tous les services afférant à la vie souterraine sont évidemment assurés (chambrées, cuisine, infirmerie, postes de commandement, poste de tir, réserves de vivres et munitions, etc.).

Il y a aussi la centrale électrique avec tous ses services électriques et d'entretien. Il y a une armurerie et surtout un réseau de ventilation et purification de l'air fort élaboré.

Dans ces conditions, comment les Allemands ont-ils pu se rendre maîtres si vite de nos forts modernes ou reconditionnés ?

Voyons les points forts de la tactique allemande (les Allemands savaient que leur artillerie seule ne pouvait détruire les forts en 1940).

Il y eut maintien de la préparation d'artillerie classique avec canon de campagne. On retrouvera les calibres de 105, 150, et 210 mm. À cela s'ajoutera une artillerie lourde comme en 1914 (calibres 170 - 210 - 280 - 305 - 420) mais cette fois leur rôle se limitera à une préparation d'artillerie, laquelle aura pour but de bouleverser le terrain en détruisant les barbelés, tétraèdres anti-char, obstacles divers. En outre, on créera aussi des entonnoirs permettant aux troupes d'assaut de progresser et si possible on provoquera des effondrements des escarpes et contre-escarpes permettant aux pionniers d'accéder sur le massif afin d'attaquer les embrasures à l'explosif. Ajoutons qu'une telle action contribue à obliger les équipages à se terrer. Les poussières et les fumées des explosions contribuent à aveugler les forts; pendant ce temps on peut approcher d'autres armes.

L'action des canons anti-char (calibre 37-88). On constate que presque dans toutes les attaques des forts belges et aussi de la ligne Maginot, les Allemands avaient prévu une intervention des canons de 8,8 cm Flak. Rappelons que ce canon à grande vitesse initiale, possédait un pouvoir perforant extraordinaire contre les chars. On voyait aussi la présence du petit canon anti-char de 37 mm (3,7 cm Pak).

Les Allemands avaient pensé à ces canons pour emploi contre les blindages des forts sans toutefois penser à les percer. Le but était de rechercher les coups d'embrasures. Ces canons pouvaient en effet effectuer des tirs rapides et concentrés en tir direct, ce qui leur donnait une chance d'impact sur les embrasures. Dans le cas d'un tel coup au but, l'obus détruisait l'arme et même pouvait pénétrer dans les cloches. De plus, si le canon restait incapable de percer la cuirasse supérieure des coupoles, il pouvait percer le manteau latéral des coupoles en position de tir, (non éclipsées). Il y eut ainsi des duels entre les 88 et les coupoles des forts.

Toutefois, il fallait trouver des positions de tir favorables et défilées, car ces canons devaient tirer à partir de distances de 800 à 1000 m c'est-à-dire à la portée de tir de nos coupoles. C'est pourquoi il fallait d'abord investir complètement le fort et le bombarder avec l'artillerie classique pour masquer et favoriser leur mise en batterie. Ces canons eurent une influence importante dans la mise hors service des forts.

Pour illustrer cette action, citons divers exemples d'emploi connus de ces armes.

  1. Après la neutralisation par les aéroportés des superstructures du fort d'Eben-Emael, le 10 mai 1940, les Allemands s'acharnèrent sur les blocs de défense rapprochée. Le bloc d'entrée fut en particulier soumis au bombardement par Stuka et subit le harcèlement par des canons de 37 Pak qui rendirent le bloc intenable.

  2. On peut encore voir aujourd'hui sur la cloche Mi du bloc IV de Battice, les impacts d'un canon de 37 Pak.

  3. Le bloc III (bloc d'entrée) d'Aubin-Neufchâteau a été l'objet d'un tir continu d'un 88 Flak. On peut encore voir aujourd'hui le béton creusé par les coups alors que le toit du bloc est resté intact. Le but de ce tir était manifestement de déchausser une coupole Mi à sa base (le 88 était prévu au plan de tir déjà mentionné). On cite le cas d'un obus de 88 ayant percé une cloche et, étant entré dans celle-ci, a été relevé intact par les occupants.

  4. Dans le livre 29 mai Tancrémont tient toujours, on cite à propos du poste d'observation BV7, l'intervention d'un Pak 37 tirant sur les embrasures de la cloche.

  5. En ce qui concerne Boncelles, on peut remarquer au MRA (Musée Royal de l'Armée) un triptyque commémorant la résistance heroïque de ce fort et la mort de son Commandant Charlier. On peut y voir la représentation d'un 37 Pak tirant sur la tour d'aération.

  6. Dans le livre relatant la défense du fort de Saint-Héribert, il est mentionné la présence de canons de 88 Flak tirant à 800 m sur les coupoles de 75. Ce sont ces canons qui au cours d'un duel avec les coupoles ont fini par les mettre hors service par des coups d'embrasures, des percements des manteaux latéraux des coupoles et le coincement des coupoles dans leurs logements.

La ligne Maginot a donné aussi beaucoup d'exemples de l'action des 88. Ainsi l'ouvrage de La Ferté a subi leur tir pendant 10 minutes, après la préparation d'artillerie. Cela a permit de percer au moins l'embrasure d'une cloche GFM et l'arrivée sur les dessus des pionniers qui ont alors toutes les armes à coup d'explosifs. (voir Faites sauter la Ligne Maginot, par Roger Bruge-Fayard)

  1. À l'ouvrage de Fermont, une casemate de trois canons de 7,5, attaquée par derrière (là où le béton est le moins épais) a été percée après trois à quatre heures de tir d'un 88 Flak. À 12 heures, les Allemands persuadés de l'inutilité de ce tir, l'arrêtent au moment où le percement vient d'être réalisé.

  2. II faut avoir vu l'un des blocs de l'ouvrage d'infanterie du Bambesch pour comprendre les destructions que peut réaliser un 88. Le béton sur une des faces est complètement desintégré jusqu'au percement, et la cloche GFM est truffée de coups directs de 88. On peut même voir un obus fiché dans la cloche. Il est complètement enfoncé dans le métal sans l'avoir percé.

  3. Enfin, il est bon aussi de signaler le sort malheureux des casemates de berges le long du Rhin dans la région de Markolsheim où la ligne Maginot a été percée. Ces casemates ne pouvaient avoir d'étage enterré (présence d'eau). Ici encore les Allemands ont fait appel aux 88 Flak qui, de la berge opposée, réduisirent au silence ces casemates rendues intenables au point que certains équipages en ont sorti les mitrailleuses pour se battre à l'air libre.

Comme on le voit, le canon de 88 a joué un rôle très important sinon primordial dans la réduction des ouvrages fortifiés.

Un autre élément important dans la tactique allemande fut l'emploi de troupes spécialement formées et entraînées pour l'attaque des embrasures, points faibles des fortifications. Ces troupes furent appelées Pionniers ou Stosstruppe (II y eut aussi les Aéroportés d'Eben-Emael).

Les expériences allemandes sur les fortifications tchèques avaient mis en évidence que seule une charge d'explosifs placée judicieusement près de l'orifice (créneau, embrasure, rotule support, clapet de fermeture) était à même de provoquer des dégâts déterminants.

Les Allemands utilisèrent donc des explosifs puissants (charges de ± 12 kg) à déposer devant les ouvertures.

À cela s'ajoutèrent toute une collection d'explosifs de formes diverses permettant leur introduction dans les ouvertures créées ou dans la gueule des canons. Ajoutons-y la collection des grenades, pots fumigènes ; on pourra alors se faire une petite idée du sort des occupants dans le cas où les Allemands parvenaient sur le massif du fort. Cela ne fut pas toujours possible par bonheur pour les défenseurs. Nous connaissons deux exceptions dramatiques : Eben-Emael avec les planeurs déposant les attaquants directement sur le massif et La Ferté (ligne Maginot) où les pionniers arrivèrent sur les deux blocs par suite du manque de réaction appropriée de la part des Français (voir Histoire de La Ferté dans le livre de Bruge).

II y a lieu d'ajouter aux explosifs classiques les fameuses charges creuses qui commencèrent leur carrière à Liège.

Il reste une mention particulière à accorder à l'aviation. Celle-ci fut, pour beaucoup, une révélation désagréable, en particulier le Stuka, avion monomoteur en piqué, équipé normalement d'une bombe de 250 kg et de quatre bombes de 50 kg (sous les ailes). Lors du piqué, cet avion faisait un bruit terrifiant (provoqué probablement par ses volets de freinage - certains prétendent qu'il y avait des sirènes). Cela suffisait pour paralyser les défenseurs et à provoquer dans certains cas la panique.

Nous ne pensons pas qu'à lui seul il pouvait réduire les forts même en visant bien. Le béton pouvait en général lui résister, toutefois, il intervint pour une part non négligeable dans les dégâts et dans la terreur chez certains soldats.

Le Stuka bombarda l'entrée d'Eben-Emael en collaboration avec les 37 Pak, les 10 mai et 11 mai, entraînant en partie la reddition le 11 vers midi.

Ce fut aussi un Stuka qui par un coup heureux (ou malheureux selon le camp) parvint à réduire le Bloc 1 de Battice. Une bombe tombée sur un obstacle inconnu ou sur un tétraèdre, pénétra à l'horizontale dans le couloir de sortie du Bloc 1, explosant à l'intérieur, ravageant complètement l'étage et par son souffle tua la plupart des soldats présents dans ce bloc. En outre, ce même souffle, pénétrant dans le puits d'accès vers le bloc souffla les marches de l'escalier, empêchant tout secours depuis le fond.

Ce fut aussi une bombe d'avion qui parvint à détruire une partie d'un coffre du fort d'Embourg.

Nous signalerons également l'action des aéroportés, amenés par planeurs, sur les superstructures d'Eben-Emael où ils purent faire sauter les embrasures à l'explosif ; toutefois cela représente un cas particulier à mettre à l'actif de l'aviation mais qui n'entre pas dans la tactique d'attaque appliquée à l'ensemble des forts.

On a également parlé de bombes d'un poids supérieur à 1000 kg. Il est exact que pendant la guerre la Luftwaffe disposa de bombes anti-béton mais il fallait au moins le He 111 (Heinkel bimoteur) pour les porter et les lancer en vol horizontal. Ces bombes ne purent être mises en oeuvre par le Stuka. On manque d'informations précises à ce sujet. En tout état de cause, nous pensons que l'action des bombes d'avion fut similaire à celle des canons lourds. Par contre, l'effet psychologique fut indéniable.

Comme on le voit, ce fut surtout la mise en oeuvre d'un certain nombre de moyens différents et leur parfaite synchronisation qui finirent, non par détruire les forts, mais par mettre hors service leurs différentes armes.


D. Conclusion


Pour 1914

On a beaucoup parlé de la puissance de l'artillerie allemande (artillerie lourde) et l'Allemagne a tout fait pour accréditer le mythe de cette puissance. Ainsi le nom de "Grosse Bertha" a été employé communément pour désigner tout canon lourd du moment qu'il était allemand. Dans la réalité, à Liège, le sort des forts fut réglé, en grande partie déjà, par les calibres 210. Lorsque les calibres plus gros intervinrent, soit le 420 à Pontisse et Loncin, les 305 et 420 à Namur et Anvers, le sort des forts était définitivement réglé, d'autant plus que les canons allemands tiraient hors de portée des pièces de nos forts.

En réalité, nos forts étaient mal conçus et déjà périmés devant l'artillerie allemande. Au fracas et aux dégâts dus aux bombardements, il fallut ajouter des conditions d'existence pitoyables : galeries peu profondes, ventilation inexistante, sanitaires déficients.

Nous vous rappelons une déclaration après la guerre du Général Leman : "il eut suffi que les Allemands enfument les forts à partir des fossés, pour s'en rendre maîtres".

Les forts aspiraient les gaz d'explosion extérieurs lesquels se joignaient aux gaz émis par les armes du fort et aux odeurs des sanitaires ; l'air devenait irrespirable.

Comme les armes (groupées pour l'artillerie en un massif central) furent peu à peu mises hors service, dans certains cas, par destruction totale, mais souvent aussi, par coincement, ou encore par usure, il devenait évident que la lutte avait des limites et devenait finalement sans objet.

Cela n'enlève évidemment rien au courage et à l'abnégation des défenseurs qui se battirent avec d'autant plus de mérite que leurs moyens se sont avérés dérisoires.


Pour 1940

Cette fois les forts ont été mieux conçus pour la PFL 1 et mieux conditionnés pour la PFL 2 et à Namur. Il y avait une meilleure protection, plus de confort, une ventilation importante. Et pourtant ils n'ont, pas plus qu'en 1914, tenu contre l'action de l'ennemi.

Pourtant, cette fois l'artillerie fut, en tant que telle, impuissante à réduire seule les forts (certains étaient les mêmes qu'en 1914 : 420, 305, 210). Les nouveaux forts de la PFL 1 ont un peu mieux tenu (sauf évidemment Eben-Emael, cas très particulier).

En fait, il y eut des armes nouvelles et surtout une excellente coordination entre les diverses armes : préparation d'artillerie classique, action des anti-chars, aviation et pionniers avec explosifs.

Du côté belge les forts durent lutter :

  • avec des communications téléphoniques trop peu protégées, souvent coupées ;
  • sans l'aide des troupes d'intervalle (donc encerclés et livrés à eux-mêmes) ;
  • sans soutien aérien : ni observation, ni chasse, ni bombardement ;
  • sans l'aide d'artillerie lourde en contre-batterie (hors portée de l'artillerie lourde) ;
  • sans aucune défense anti-aérienne.

Tous nos braves soldats se sont donc battus isolés, mal aidés, contre un ennemi décidé, bien armé, supérieurement organisé, ayant bien mis au point "son affaire".

Les "circonstances" ont donc laissé nos soldats dans les forts sans aide. Que pouvaient-ils faire de plus que ce qu'ils ont fait ? Ah, pardon, on les a encouragés ! L'I.N.R. (R.T.B. de l'époque) a diffusé dans la journée du 16 mai (vers 10h55) une adresse royale :

"Colonel Modard, commandant des forts, officiers, sous-officiers et soldats de la PFL, je suis fier de vous, Léopold"

et également une adresse du peuple belge :

"La population belge toute entière exprime sa plus profonde admiration aux héros qui dans les forts de Liège résistent à outrance à tous les assauts de l'envahisseur. Par leur exemple et leur sacrifice, ils incarnent les plus belles vertus de la race. Qu'ils acceptent nos plus affectueux hommages pour l'aide particulièrement généreuse et efficace qu'ils apportent à la défense de notre chère Patrie..."


Bibliographie

Pour connaître plus en détail l'histoire des forts, nous renvoyons aux ouvrages ci-après :

Aubin-Neufchâteau, Ceux des forts de Liège, n° 3.

GILLIS René, 29 mai 1940. Tancrémont tient toujours, 1978.

Le fort de Battice et ses abris cuirassés d'observation.

Ceux du fort d'Eben-Emael, Liège, Massoz.

LEVAUX Louis, Fort de Pontisse 1940, Ceux des forts de Liège, n° 1.

LEVAUX Louis, Fort de Loncin 1914, Ceux des forts de Liège, n° 5.

R.B.H.M., XXII-6, XXII-7, XXII-8, XXIII-1.

À l'appui de la présente étude :

R.B.H.M., XXI-3, XVIII-8 (artillerie lourde allemande).

Archives du M.R.A. et centre de documentation de l'armée, avenue de Cortenberg à Bruxelles.

1000 ans de fortifications militaires, CLHAM.

Cdt LENTRÉE, L'histoire du fort de Saint-Héribert.

VAN DEN ERVEN, Eben-Emael, Toen en Nu 40-45, n° 5.


Date de mise à jour : Mercredi 28 Octobre 2015