Tome II - Fascicule 12 - octobre-décembre 1985

L'artillerie. Adaptation d'une revue Signal de 1942 (1)

Jean BROCK


L'histoire des canons est l'histoire de l'homme moderne. De même que pour bien des actions humaines, on est amené à se demander si l'invention de l'artillerie fut l'?uvre de Dieu ou du Diable.

Au début du XIVe siècle, entre 1320 et 1330, une nouvelle étrange et effrayante, venant d'Allemagne, se répandit sur le monde entier. Un moine, un magicien, nommé Berthold, surnommé Schwarz (le noir), parce qu'il avait coutume de manier des ustensiles de couleur sombre, venait de découvrir l'art de faire éclater les corps solides avec un bruit horrible. Son art consistait à mélanger, selon un dosage secret, du soufre, du mercure et du salpêtre pour obtenir en même temps l'éclair et le tonnerre. Berthold aurait été, parait-il, un Franciscain, mais on ne sait rien de précis à son sujet. Vécut-il à Cologne, à Mayence ou à Fribourg ? Cette incertitude n'est, du reste, pas entièrement l'effet du hasard ; tous ceux qui,dans la suite, se sont occupés de la poudre à canon, de son emploi, de son perfectionnement et, en général, du secret des matières explosives, sont entourés d'ombre et de mystère. Pour donner un exemple tiré de notre époque, nous citerons l'ingénieur Nobel, inventeur de la dynamite qui, très tourmenté par l'idée qu'il devait sa richesse à l'invention d'un moyen de destruction, se décida à consacrer sa fortune.

Les hommes se servirent immédiatement de l'art du frère Berthold pour détruire, beaucoup furent persuadés que le sombre Franciscain avait agi non pas sur l'ordre de Dieu mais qu'il était l'envoyé du diable. On se référa à la décision du Concile de Latran 1139 qui défendait, sous peine de bannissement, "d'exercer cet art porteur de mort et être lancés ou projetés comme des traits, et, surtout, contre des chrétiens catholiques".


Une sainte pour les canons

Cette décision ne visait que les machines presque inoffensives avec lesquelles on lançait des pierres ou des flèches. Désormais, il s'agissait d'une chose beaucoup plus dangereuse : les canons faisaient leur apparition. En 1331, des soldats allemands tirèrent le premier coup de canon à la bataille de Cividale en Italie. Le prestige des chevaliers et des châteaux fort s'effaça sous le grondement. Les fondeurs de canons menaçaient la féodalité. Les barons, inquiets, s'adressèrent à l'Église pour la dresser contre les faiseurs de poudre. On devait les excommunier et les brûler comme des fils de Satan.

Mais les canonniers parèrent le coup en se réfugiant dans le sein même de l'Église. Ils se trouvèrent une sainte et en firent leur patronne. Ce fut sainte Barbe, jeune fille de Nicodèmie en Asie mineure. Elle avait été décapitée par son père pour s'être faite chrétienne ; le père avait été frappé de la foudre. La fête de la jeune martyre tombe le 4 décembre. Les fondeurs de canon n'ont jamais manqué depuis lors, tous les ans, de se présenter à l'église ce jour-là et d'implorer la protection de leur sainte pour leur art et leur corporation. Le souvenir de sainte Barbe, patronne des artilleurs, flotte au-dessus des pièces et dans la fuméee de la poudre.


Que signifie le terme : artillerie ?

On ne sait pas exactement d'où vient ce terme. Les uns prétendent qu'il provient de l'espagnol, du mot artilla, c'est-à-dire "art mineur", d'autres le font dériver du latin arcus (arc) et ibliere (porter) ; d'autres pensent au latin ars (art) et au français tirer. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, l'artillerie est nommée arkelen, arcolais ou artollerei. Tout ce qui concerne ses origines reste plongé dans l'obscurité et dans l'incertitude, et l'histoire des canons s'accompagne d'autant de malédictions que de bénédiction : Dieu et Satan s'en disputent la paternité. Cette querelle durait encore au XVIIe siècle. Sous l'invocation Ad majorem dei gloriam, le directeur de la fondation de Zôdtenburg conjura tous ceux qui s'occupaient de poudre à canon, de se libérer des griffes de Satan et de se demander si leurs occupations pouvaient contribuer à la gloire de Dieu. Il exposa aussi quelle était la force bienfaisante de la poudre et comment on pouvait l'utiliser pour le bien des hommes. Mais un fait est certain : c'est que la poudre est fille de Mars, dieu de la guerre et que, Heraclite l'a dit : "la guerre engendre toutes choses". Sans elle, les hommes vivraient encore en nomades à travers le monde. La menace de l'ennemi a obligé les pasteurs errants à former avec leurs voitures des cercles au centre desquels ils pouvaient abriter femmes et bétail. C'est ainsi, et non autrement que les villes sont nées et c'est pour les protéger que la plupart des canons ont été construits. Ce furent les riches villages libres de l'Allemagne qui s'intéressèrent les premiers, à l'invention de la poudre et qui s'efforcèrent de la perfectionner et de l'utiliser.


Les Chinois inoffensifs

Ce sont des colporteurs de curiosités et de bobards oui répètent encore aujourd'hui que les Chinois auraient inventé la poudre bien avant les Européens, mais que leur bonté les aurait détournés de s'en servir à des fins belliqueuses. Ils s'en seraient servi, uniquement pour leurs feux d'artifices, pour s'amuser. S'il en était vraiment ainsi, on pourrait se demander pourquoi les Chinois n'en sont pas restés à cet usage.

La vérité est qu'ils auraient utilisé la poudre exactement comme les Européens, s'ils avaient découvert l'instrument qui en est le complément : le canon. L'imagination des occidentaux les a conduits, en quelques siècles, à faire de l'artillerie une bénédiction pour l'humanité... Pour appuyer cette assertion qui peut paraître tout d'abord extraordinaire voici quelques arguments.


Sans poudre, pas de moteur à essence et pas de machine à vapeur

D'abord, c'est grâce à la poudre que l'on a découvert le moteur à combustion interne. Au XVIIe siècle, le Hollandais Huyghens et le Français Denis Papin présentèrent à Colbert, ministre de Louis XIV, une pompe à poudre, avec laquelle ils prirent part à un concours organisé, sur l'ordre du roi, pour amener l'eau de la Seine dans le parc de Versailles. La machine ne parut pas assez imposante au ministre. Denis Papin se rendit en Allemagne et améliora sa pompe à Cassel. Ce fut le premier moteur à explosion. Plus tard Napoléon fit construire, sur les plans de Papin, une voiture sans chevaux qui fonctionna véritablement et qui représente la première voiture automobile. Papin construisit aussi d'ailleurs, le premier canon à air comprimé. Il est en même temps que le maire allemand Guericke et que l'Écossais James Watt, le père de la machine à vapeur. Ensuite, sans l'aide de l'artillerie, la machine à vapeur n'aurait jamais pu, même conçue par le cerveau de l'inventeur, devenir une réalité. Ce furent les artilleurs qui réussirent ce que tous les autres constructeurs de machines du monde n'avaient pu réaliser : ce fut eux qui construisirent le cylindre résistant aux pressions, permettant à l'homme de capter toute l'énergie formidable de la vapeur. Des tubes de canons furent les premiers cylindres à vapeur... Seuls les fabricants de canons étaient capables de les fondre. Et ils n'avaient pu perfectionner leur art que parce que les princes et les villes avaient mis à leur disposition des capitaux suffisants pour faire leurs essais. L'artillerie et la balistique furent entre le XVe et le XXe siècle, la grande préoccupation des esprits distingués.

Deux grands hommes qui rivalisèrent pour la formation de l'Europe, Napoléon et Scharnhorst, étaient tous deux des artilleurs. Werner von Siemens, à qui l'on doit l'invention du principe électro-dynamique, avait été officier d'artillerie. Sans Krupp, le roi du canon, la production et le perfectionnement des aciers n'auraient jamais pu se développer d'une manière aussi rapide. De grands actes de civilisation, assèchement du Zuiderzee, protection des mines contre le danger des inondations, progrès techniques du XXe siècle, réseaux des voies ferrées à la surface du globe, tout cela n'existerait pas sans les travaux extraordinaires des protégés de sainte Barbe. Ce furent les hommes au visage noir de poudre qui suivirent courageusement la voie qui leur avait été indiquée par les grands ingénieurs.


"Et vous pourrez dire : j'y étais !"

On peut laisser libre cours aux jeux de la discussion pour déterminer si c'est vraiment Satan qui a inspiré la création de l'artillerie. S'il en est ainsi, le diable n'a fait qu'agir dans l'esprit que Goethe lui attribue lorsqu'il lui fait dire : "Je suis une partie de cette force qui veut toujours le Mal et crée pourtant le Bien". C'est aux échos du canon de Valmy, proclamant pour la première fois la force de la Révolution française, que Goethe, témoin de la campagne de France, et déjà "correspondant de guerre", écrivit ces mots : "C'est ici même et à partir d'aujourd'hui que commence une nouvelle période de l'histoire du monde et vous pourrez dire : J'y étais !". Lorsque Napoléon III, après Sedan, fut obligé de remettre son épée, il dit au roi de Prusse : "C'est votre artillerie qui nous a anéantis !". C'est dans le fracas de l'artillerie que se décida l'issue de la Grande Guerre, début des grandes décisions révolutionnaires de notre époque. La voix de bronze des canons est aussi la fanfare qui annonce, de nos jours, la liberté du continent européen. Il n'est donc pas sans intérêt de s'arrêter, sans préjugés, devant des faits qui, en quelques siècles, ont si profondément modifié le sort de l'humanité.


Du plaisir que donnent les canons

Le philosophe Nietzsche se déclarait disciple de sainte Barbe. Volontaire dans l'artillerie de campagne, il souffrit de ne pouvoir, à cause de sa santé délicate, servir dans l'artillerie, durant la guerre de 1870, et d'être obligé de faire la campagne comme infirmier. Étrange est cette attirance exercée par le canon sur quelques esprits. Pour l'éprouver un peu, il suffit de regarder dans le tube d'un canon, dans ce trou noir comme une énigme. On devine la présence d'une occulte loi universelle qui nous remplit d'appréhension. L'homme qui sert le canon, semble avoir conclu un pacte avec les puissances obscures, et faire corps avec elles. Dans un roman connu, Jules Verne dirige le tube de son canon vers la lune et le projectile solitaire lancé à travers l'éther renferme toute la nostalgie des hommes pour l'infini. C'est ainsi que l'écrivain se fait artilleur. Et le savant moderne n'est-il pas aussi un artilleur, lorsqu'il détruit les atomes dans son laboratoire ? Gagner de nouvelles énergies en brisant la matière, pénétrer jusqu'aux portes de la mort, là où commence ce qui ne peut être séparé, jeter un pont entre la mort et la vie, telle est l'entreprise mystérieuse qui tient tous les protégés de sainte Barbe sous son charme...


Mystérieux compagnonnage

Ainsi les hommes d'action et les imaginatifs se sentent attirés par la puissance des canons : dans les tubes et dans les pièces sont contenus l'esprit et l'intrépidité de l'homme. Mais le maniement du canon et tout ce qu'il entraîne ne sont possibles que grâce à une des plus belles vertus de l'homme : la force de camaraderie. Pour faire partir un coup de canon, il faut la coordination de beaucoup d'éléments. Peut-être est-ce cette condition qui a, si longtemps, donné à l'artillerie le caractère presque sacré d'une fraternité d'armes. Les artilleurs sont les plus jeunes soldats de la terre. Voici moins de deux siècles, ils n'étaient pas encore enrégimentés ni soumis à la discipline de l'armée, mais libres compagnons, responsables seulement devant les maîtres de leur corporation. Ils se distinguaient des reîtres et des lansquenets, mangeaient dans leurs propres cantines et gardaient cachés les secrets de leur confrérie.


La tactique de l'empereur Léon

Les secrets des confréries d'artilleurs concernaient la fabrication des projectiles, la compositions des poudres et le pointage. Les peuples d'Europe avaient toujours rêvé d'un moyen de lancer du feu sur l'ennemi avec un tube. L'empereur Léon (865-911) dit au sujet de la tactique à employer : "Placez à l'avant de vos navires un tube d'airain d'où vous précipiterez le feu sur l'ennemi. Vous dirigerez la proue du navire contre l'ennemi et vous incendierez ses bateaux avec ce feu." C'était tout le problème : lancer du feu sur l'ennemi. Mais quelle force utiliser ? Les hommes avaient longtemps cherché.


Le canon-chaudière

Archimède, on le prétend du moins, avait déjà construit un canon se composant d'un tube, à l'arrière duquel il avait placé une sorte de chaudière remplie de soufre. Léonard de Vinci a rassemblé tous les documents qu'il a pu découvrir dans les bibliothèques sur ce canon appelé "Architronito" et, d'après eux, fit un dessin de la construction de cette arme. Mais ce dessin démontre justement que l'invention du canon d'Archimède n'était que rêverie. La condition essentielle pour l'emploi de vapeurs ou de gaz à haute pression, devant servir pour l'artillerie, était un cylindre capable de résister à cette pression. À l'époque de Léonard de Vinci, on n'était pas encore en mesure de le construire. Et il est probable qu'on pouvait encore moins le faire au temps d'Archimède. C'est seulement avec l'invention de la poudre qu'on a réussi à lancer un projectile hors d'un tube, quand on a pu le faire brûler dans des chambres métalliques de dimensions et de résistance telles qu'on pouvait les construire alors.


Un peintre invente la bombe d'avion

Dans l'Antiquité et au Moyen Âge, on ne tirait pas à l'aide de tubes. On se servait d'énormes catapultes et d'arbalètes que nous connaissons par les descriptions des auteurs du temps.

À l'époque de Léonard de Vinci, au XVIe siècle, deux cents ans après l'invention de la poudre, les ingénieurs militaires s'intéressaient encore à la construction de telles catapultes en bois aussi vivement qu'à la construction des canons. On aurait pu penser que deux cents ans auraient suffi pour établir le triomphe des armes à feu. Il n'en fut rien : aux XVe et XVIe siècles, on continue à construire des catapultes en très grand nombre, ce qui prouve non seulement que les hommes se détachent difficilement de la tradition et de la coutume, mais aussi qu'ils apprennent très lentement à se servir des inventions nouvelles. Les grands inventeurs se heurtent non seulement à la paresse et à la mauvaise volonté de leurs contemporains, mais encore à l'insuffisance technique de leur époque. Léonard de Vinci, dans ses conceptions balistiques, a seulement pressenti plusieurs inventions de notre ère, comme par exemple, la mitrailleuse et la bombe d'avion. Ses plans de forteresses avec des installations de feux de barrages sont tout à fait modernes et, les siècles ultérieurs l'ont démontré, techniquement exacts. Cependant, bien peu ont été exécutés, justement parce que les conditions techniques nécessaires faisaient défaut et probablement aussi parce qu'on n'aurait pu trouver des hommes capables de s'instruire dans le maniement des engins merveilleux qu'ils avaient conçus.


On invente un nouvel homme

Non seulement les canons étaient chers mais leur maniement était compliqué. Pour en faire autre chose qu'une simple curiosité et pouvoir utiliser pratiquement la force qu'ils représentaient, il fallait les compléter par quelque chose de plus rare encore, à l'époque, que le canon lui-même et que la poudre. Il fallait trouver le canonnier, trouver des hommes capables de servir la pièce et surtout de rester auprès d'elle, en cas de danger. C'était presque plus malaisé que d'avoir inventé la poudre et fondu des tubes de canon. La creation de l'artillerie a demandé plus de 300 ans. Il a fallu former, élever un nouveau type d'homme. Le canonnier est le premier type de l'homme moderne. Nous le voyons apparaître pour la première fois au XVIIIe siècle, longtemps avant la Révolution française. Il est la synthèse anticipée de l'ingénieur, du citoyen et du soldat que l'on considère comme une réalisation du XXe siècle. Lorsque le canonnier apparaît au XVIIIe siècle, cavaliers et mousquetaires le regardent  avec méfiance et avec un secret dédain. Mais il les domine tous. Son rôle est le début d'une révolution de la stratégie militaire qui fixe aux différentes armes une place nouvelle. Ce type de soldat savant, qui allie l'intrépidité à la connaissance, est représenté par Frédéric le Grand, par Napoléon et par Scharnhorst, créateur de l'État-Major prussien, et grand réformateur militaire du XIXe siècle.

Les canonniers hardis et de sang-froid apportent de nouveaux facteurs dans les luttes décisives de l'Europe. Ils sont une réalité nouvelle : des soldats qui ont appris à ne rien redouter, à agir de leur propre initiative et a tenir leur poste quand toute communication est coupée avec leurs chefs.


Un monument pour le canonnier inconnu

Dans les communiqués de cette guerre, on a entendu souvent parler d'actes héroïques accomplis par des artilleurs. Le premier titulaire de la croix de chevalier, dans l'armée allemande, parmi les simples soldats, a été un pointeur qui avait réussi à anéantir onze chars. Dans la Grande Guerre de 1914-1918, les Anglais ont même immortalisé un artilleur allemand. Ce fut dans le communiqué du combat de chars du 20 novembre 1917 à Flesquières. Dans ce communiqué du Maréchal Haig, on peut lire : "Many of the hits upon tanks at Flesquières were obtained by a German artillery officer, who remaining alone at his battery, served a field gun single handed until killed at his gun. The great bravery of this officer aroused the admiration of all ranks" (Un grand nombre de coups qui ont atteint les chars ont été tirés par un officier allemand qui, resté seul à sa batterie, a fait le service de sa pièce de campagne jusqu'au moment où il a été tué sur son canon. La grande bravoure de cet officier a excité l'admiration de tous les soldats). Ce jour-là, des batteries des régiments d'artillerie de campagne 282 et 108 combattaient à Flesquières. Personne ne sait à quel régiment appartenait le destructeur de chars inconnu de Flesquières. Nous savons seulement, par des soldats anglais et allemands, qu'une batterie était installée à la lisière occidentale de Flesquières et qu'elle a tiré et s'est maintenue au milieu d'un feu d'enfer, jusqu'à ce que le dernier homme ait été mortellement atteint. Les chars furent anéantis les uns après les autres devant la batterie. Les boucliers des pièces étaient transpercés, les hommes tombaient les uns après les autres, mais la batterie continuait de tirer. Finalement, il n'y eut plus qu'une seule pièce qui tirât, avec trois servants, puis deux. Puis il n'y eut plus derrière la pièce qu'un seul homme, couvert de sang, noir de poudre. Il chargeait, pointait et tirait. Un char prenait feu, puis un autre, et encore un autre. Cela dura jusqu'à ce qu'il fût atteint lui même et tomba sur ses camarades morts. Mais l'attaque ennemie avait été repoussée : 49 chars anéantis se trouvaient à la lisière occidentale du village. Lorsque les artilleurs de campagne allemands érigèrent en 1936, à Cologne, un monument à leurs 150.000 morts de la Grande Guerre mondiale, ils firent représenter, par un statuaire, cet artilleur allemand inconnu, défendant, une dernière grenade au poing, sa pièce incapable de tirer, faute de munitions.


Date de mise à jour : Mercredi 28 Octobre 2015