Tome I - Fascicules 7 & 8 - octobre 1981-février 1982

Armée de volontaires ou armée permanente ? Un débat autour de la guerre hispano-américaine (1898)

Paul VAUTE

 

La Guerre hispano-américaine est peu connue chez nous (1). Ses aspects internationaux n'ont guère été étudiés, bien qu'elle constitue l'un des événements "charnières" de l'histoire des relations internationales.

Ses effets immédiats - la perte par l'Espagne de ses dernières colonies et leur reprise par les États-Unis - symbolisent pour l'Europe la fin d'une période d'hégémonie à l'échelle mondiale. Le Siècle de l'Europe s'achève, en même temps que se couche le soleil, pour la dernière fois et définitivement, sur l'ancien empire de Charles-Quint.

Pour les États-Unis, c'est la fin d'une longue période d'isolement et le début de ce qu'on appellera, à tort ou à raison, "l'impérialisme", "l'hégémonie", le "leadership". Cette mutation historique de la puissance a trouvé, faut-il le dire, sa confirmation dans toute l'histoire du XXe siècle. On ne saurait dire pour l'heure si le Vietnam en a marqué ou non la fin.

Les contemporains de l'événement comprirent plus ou moins confusément sa portée (2). La défaite de l'Espagne a frappé une génération qui avait cru à la supériorité de l'Europe - tellement qu'elle n'y songeait même pas. Sans doute les États-Unis s'étaient-ils imposés déjà comme redoutables par leur intense développement économique. Mais en 1898, c'est à une autre étape qu'ils accédaient de façon particulièrement brusque et brutale. Enfants émancipés de la vieille Europe au caractère difficile, héritiers de ce qu'ils croyaient être sa civilisation, les Américains s'avisaient soudain qu'ils auraient peut-être à prendre sa place dans le monde. Déchirée et déficiente, elle leur offrait des terrains propices partout où elle avait des acquisitions à perdre.

Mais à coté des débats proprement politiques, moraux ou économiques, l'historien de l'opinion en rencontre d'autres, plus particuliers ou plus spécifiques. Il est courant que l'événement, même lointain, alimente à sa manière des controverses strictement locales ou nationales. C'est sur l'une d'elle que nous nous arrêterons ici.

La Guerre hispano-américaine - comme en général tous les grands conflits du XIXe siècle - a donné lieu en Belgique à de multiples commentaires à caractère militaire, en liaison directe avec la question du "service personnel", qui divisait alors les partis et les courants d'opinion. Personnellement opposé au système du tirage ou sort et du remplacement, le roi Léopold II usait de son influence afin d'amener les responsables politiques à adopter une loi nouvelle, celle du service personnel obligatoire, ou à tout le moins "d'un fils par famille". Il lui faudra longtemps pour l'obtenir : ce sera, on le sait, sa dernière signature sur son lit de mort. Loi tardive et incomplète, arrachée avec peine : c'est que le statut de "neutralité" imposé à la Belgique depuis 1830 avait à la longue créé chez nous un sentiment de sécurité et un manque total d'intérêt pour les tensions internationales.

 

Prévisions et rapports de forces

La "question cubaine", ainsi qu'on l'appelait, était née de l'incapacité où se trouvaient les Espagnols de réprimer les insurrections qui ensanglantaient leurs dernières colonies : Cuba surtout, les Philippines ensuite.

Du côté américain, l'existence de cette lutte sans fin permettait de polariser contre l'Espagne - puissance de deuxième ordre en qui l'on pouvait, sans risque, injurier l'Europe - l'anticolonialisme de la vieille tradition des Pères fondateurs et les appétits impérialistes de la nouvelle génération (3). Du côté européen, la presse était unanime à blâmer l'intervention occulte et les menaces patentes des États-Unis.

"II paraît peu probable, écrivait l'avocat Henri de Nimal en 1896, que les nations européennes qui ont conservé des colonies en Amérique, laissent les États-Unis s'immiscer dans les affaires espagnoles à Cuba. Leurs intérêts sont identiques. Toute atteinte portée aux droits de l'Espagne les atteindrait elles-mêmes" (4).

Quand la guerre fut déclarée en avril 1898, l'Espagne pouvait compter sur la sympathie au moins théorique (dans les faits, elle aurait souhaité davantage...) de l'Europe continentale (seule l'Angleterre lui était hostile). Nul ne croyait à la sincérité des Américains qui prétendaient "aider" les insurgés cubains à conquérir leur indépendance. Mais on aimait à penser que, de toute manière, l'hidalgo l'emporterait aisément sur l'Oncle Sam.

Les articles décrivant le déroulement probable du conflit avaient fait leur apparition dès la fin du mois de février 1898. Leur quantité frappe ; leur incohérence aussi. Sans doute l'analyse des rapports de forces n'a-t-elle jamais été chose facile : quels éléments entrent en jeu ? Quelle importance respective faut-il leur reconnaître ? Autant de questions dont la réponse n'est jamais acquise avec certitude. Pourtant, même sans déployer une science militaire surhumaine, il était aisé dès le début de prévoir la défaite de l'Espagne. Elle ne faisait aucun doute pour les officiers et les hommes d'État madrilènes, qui connaissaient la supériorité de la flotte américaine et le faible moral de leur propre armée épuisée par les guerres coloniales (5). La marine de l'Union, sous l'influence de l'amiral A. T. Mahan, était en plein développement, alors que la modernisation des escadres espagnoles avait nettement manqué d'ampleur et d'idées directrices (6). Restait la valeur morale des officiers, seul domaine sans doute où l'hidalgo pouvait compter sur une certaine supériorité, bien insuffisante néanmoins.

Les commentateurs de la presse, aveuglés pour la plupart par leur sympathie pour l'Espagne, ne virent pas sa faiblesse tragique. Ils admiraient son héroïsme et sa foi, dont l'Histoire leur fournissait de multiples témoignages ; ils aimaient la justice de sa cause, dont ils étaient convaincus par-dessus tout. Leur pacifisme de principe ne les empêchaient pas d'exalter le bel élan de patriotisme auquel ils assistaient de la part "d'une nation qui ne s'abandonne pas et est résolue à tous les sacrifices plutôt qu'à celui de son honneur" (7).

L'Espagne, pensait-on, puiserait sa force dans "l'énergie indomptable de la race, de la religion de la patrie sacrée, le souvenir et l'exemple des grands morts des batailles passées" (8). Pour la Gazette de Liège, "elle offre un admirable spectacle à tous ceux qui aiment les vaillants. Elle montre ce que vaut un peuple qui ne veut pas mourir, qui se souvient de son glorieux passé et qui croit à l'avenir" (9).

La supériorité navale américaine était totalement méconnue. Même les informations venues d'Amérique donnaient à son sujet des avis erronés : "Dans les hautes régions administratives, écrivait Lichtervelde, ministre belge à Washington, on a conscience de l'infériorité actuelle de la flotte américaine" (10). Cette flotte, lisait-on dans le Bien Public, "ne possède pas la supériorité numérique que devrait lui attribuer l'état de ses finances" (11). Jusqu'aux premières semaines du mois d'avril, les spécialistes affirmèrent à peu près tous que l'avantage était à l'Espagne, au point de vue de la flotte comme au point de vue de l'armée navale. Dans l'intervalle pourtant, les États-Unis s'étaient équipés massivement, achetant ça et là les cuirassés qui pouvaient leur manquer encore. Peu importait : l'optimisme hispanophile trouvait à s'alimenter ailleurs ; si le quantitatif n'était plus très satisfaisant, on invoquait le qualitatif. L'armée américaine n'était "qu'une garde nationale et qu'une garde frontière, sans aucune préparation au point de vue de la mobilisation", alors que l'armée espagnole était "parfaitement organisée et instruite" (12).

"Il ne suffit pas, pour vaincre, d'aligner le plus fort total de vaisseaux, de canons ou de torpilles. La vaillance et le courage sont aussi des éléments de victoire, sur mer aussi bien que sur terre. Les lauriers ne vont pas forcément aux plus nombreux" (13).

Des doutes devaient pourtant finir par surgir, la supériorité des moyens mis en ?uvre par les États-Unis étant trop flagrante. On crut alors à une sorte d'égalité entre les belligérants - ce qui était encore très loin de la réalité. La Meuse s'attendait à "une guerre longue, chargée d'épisodes, mais dénuée d'actions décisives" (14). Les partisans de l'Espagne rappelaient les victoires remportées jadis par cette dernière contre Napoléon Ier lui-même - ce qui autorisait selon eux toutes les espérances quant à l'issue de la guerre à venir (15). Quelques-uns, enfin, se risquaient à prévoir la victoire américaine, mais une victoire longue et difficile, remportée à l'usure (16).

L'analyse des rapports de force était d'abord fonction, non de la réalité de ces rapports eux-mêmes, mais de l'orientation des sympathies et des prises de position. Aussi ne doit-on pas s'étonner que la presse radicale, la seule favorable à l'Oncle Sam, ait fait exception à la règle en affirmant dès le début sa conviction dans la supériorité américaine : "Si même les Espagnols remportent, au début, quelques avantages, ceux-ci n'auront pas de lendemain. Avec ses ressources illimitées, son initiative et sa persévérance, l'Amérique finira par avoir raison de l'Espagne anémiée, déjà agonisante" (17).

Au total : un imbroglio d'avis contradictoires, de positions incertaines et de convictions variables, non seulement dans la presse, mais aussi par voie de conséquence dans le public lui-même. Sans pitié, les événements allaient trancher net en imposant à ceux qui la refusaient la dure réalité de la faiblesse espagnole. En quelques semaines, de la Baie de Manille à celle de Santiago, la victoire américaine allait être totale.

À noter que les illusions nourries en Belgique se sont retrouvées partout ailleurs en Europe. Théodore Roosevelt a noté que l'opinion du Vieux Continent était dans son ensemble convaincue de la supériorité militaire espagnole et l'a crue capable de réserver à l'Amérique "des surprises sanglantes" (18). Von Bülow a évoqué dans ses Mémoires cet étrange mouvement d'aveuglement, qui n'avait même pas épargné l'Empereur Guillaume et son entourage : "Guillaume II (...) était persuadé que les Espagnols sortiraient vainqueurs de ce duel ; dans une note marginale du 3 avril 1898, il déclarait d'un ton sentencieux : "L'hidalgo rossera certainement le frère Jonathan, car la flotte espagnole est plus forte que l'américaine". À mon grand étonnement, pas mal de militaires et un assez grand nombre d'officiers de marine croyaient eux aussi à la supériorité de la flotte et de l'armée espagnoles" (19).

L'aisance avec laquelle les forces américaines - si médiocre que fût leur préparation - vinrent à bout de leur adversaire et la révélation brutale à Manille d'une puissance navale insoupçonnée produisirent un effet de choc tel qu'il devait fournir plus tard à Anatole France la matière d'un des chapitres de L'Anneau d'améthyste, roman paru en 1899. Imaginant une conversation dans le grand salon d'un château, quelque part en France, entre personnes du "haut monde", l'écrivain y décrit non sans ironie les cris d'allégresse d'une dame de l'assistance, heureuse de s'entendre dire par la bouche d'un général royaliste que "ces bandits d'Américains" seront vaincus. On se met alors à conjecturer sur les répercussions favorables que pourrait avoir en France un succès militaire de l'hidalgo : "Qui sait s'il ne déterminerait pas chez nous un mouvement, royaliste et religieux ?" Mais il faut bien déchanter quand, à la fin de la journée, on apporte les dernières dépêches annonçant la victoire de l'amiral Dewey aux Philippines : "Cette vision soudaine avait attristé les âmes, d'une flotte bénie par le pape, battant le pavillon du roi catholique, portant à l'avant de ses navires les noms de la Vierge et des saints, désemparée, fracassée, coulée par les canons de ces marchands de cochons et de ces fabricants de machins à coudre, hérétiques, sans rois, sans princes, sans passé, sans patrie, sans armée" (20).

 

Les "leçons" de la guerre

Les développements du conflit pouvaient sembler des plus révélateurs, puisqu'ils constituaient rien moins que l'affrontement "sur le terrain" des deux conceptions militaires entre lesquelles régnait une opposition théorique apparemment irréductible. Du côté américain, le système des milices et des corps de volontaires recrutés et entraînés in extremis avant l'ouverture des hostilités ; du côté espagnol, les vieilles troupes aguerries et organisées sous la conduite d'états-majors qui avaient gardé pour l'essentiel des traditions quasi-séculaires.

Avec ses 25.000 hommes, l'armée américaine n'était guère qu'un corps de police dont les bureaux de recrutement voyaient "rarement se présenter les meilleurs éléments de la jeunesse américaine" (21). Mais on avait ainsi réduit à leur strict minimum les charges militaires, ce que les éternels partisans d'un tel système en Belgique n'avaient pas manqué de souligner depuis plusieurs années déjà (22).

Dans ce contexte, les résultats de la guerre hispano-américaine pouvaient revêtir une importance essentielle : ils constituaient la critique en action des principes que l'on débattait depuis longtemps. Après l'échec de la proposition de loi de 1887, les controverses n'avaient cessé d'opposer partisans et adversaires du service personnel, et les uns comme les autres ne pouvaient que suivre avec acuité les épisodes d'un conflit où se trouvaient engagés les produits pratiques de leurs conceptions respectives (23).

C'est entre la Belgique militaire, organe de pression des officiers, et la Réforme, quotidien radical, que les débats furent les plus âpres, chacune déduisant des événements les conclusions propres à corroborer son point de vue. Pour la première, la guerre révélait dans toute leur ampleur les défauts du volontariat : les Américains sont obligés de temporiser pour effectuer l'instruction de leurs volontaires et même de leurs milices qui ne valent guère mieux. Pour la Belgique, la leçon coule de source : "N'étant pas dans la même situation que les États-Unis, nous ne pourrons, le jour où nous aurons une armée à la Coremans (24), crier à nos assaillants : "Attendez que nous soyons prêts !" Quelle leçon se dégage pour nous de ce qui se passe aux Antilles !" (25).

Les corps de volontaires ne sont qu'un "ramassis de vauriens" ; ce n'est pas à eux mais seulement à leur puissance financière et à leur armement que les États-Unis doivent leur succès ; contrairement à ce qu'affirment "nos pleutres" qui ne se sentent pas "le coeur de défendre eux-mêmes la patrie" (26). Avec leur organisation militaire, les yankees "seraient déjà écrasés s'ils avaient eu affaire aune puissance telle que la France ou l'Allemagne, au lieu de lutter contre un pays aussi affaibli que l'Espagne (27).

Pour la Réforme, les leçons étaient exactement inverses : les armées permanentes n'ont aucune espèce de supériorité et les victoires américaines prouvent "qu'on peut fort bien battre l'ennemi sans avoir étudié par le menu les campagnes d'Alexandre le Grand ou d'Hannibal, sans avoir passé des examens sur les mathématiques supérieures et sans avoir appris à considérer le sabre comme la seule chose respectable dans un pays" (28).

Léon Chomé, directeur de la Belgique militaire, prit lui-même la plume pour réfuter ces allégations lancées en faveur du principe de la "nation armée" : "Les États-Unis n'ont pas la nation armée, ils ont le volontariat, qui est un mode de recrutement offrant avec elle le plus d'oppositions. Quant à leurs milices, elles sont détestables (...) Et surtout, pas de discipline !" (29)

La presse libérale, favorable au service personnel, tira de la guerre les mêmes leçons que l'organe de la défense nationale : la défaite espagnole est due au manque de moyens financiers et à l'incurie des politiciens madrilènes ; les difficultés rencontrées par les Américains fournissent "un argument décisif à ceux qui prétendent qu'on n'improvise pas les armées" (30), car "un million de volontaires n'équivaut pas précisément à un million de soldats" (31).

La presse catholique, pour sa part, insista généralement davantage sur la responsabilité des dirigeants espagnols dans la défaite, la différence d'organisation entre les deux armées n'apparaissant pas comme un élément décisif. Occasionnellement, le problème des volontaires fut soulevé et donna lieu à quelques prises de position qui reflétèrent bien la division des catholiques sur cette question. Le Bien Public rejoignit la Réforme - ce qui n'était pas un mince paradoxe : "Les volontaires des États-Unis, quoiqu'ils n'eussent pas perdu de longues années dans les casernes, se sont vaillamment comportés, sur le champ de bataille, contre les vieilles troupes aguerries de l'Espagne" (32). Mais la Métropole, en revanche, tira la leçon inverse et évoqua, à propos des opérations de l'armée de Santiago, "les inconvénients généraux qui pèsent sur une armée de volontaires et un corps d'officiers inexpérimentés" (33). On retrouvait ici, appliquée à l'explication de la Guerre hispano-américaine, la vieille opposition entre Woeste et Beernaert qui avait tant pesé - et pèserait encore - sur la vie politique belge (34).

 

Épilogue

En 1899, l'opinion publique, entièrement accaparée par les rebondissements de l'Affaire Dreyfus et de la Guerre des Boers, ne porta qu'un intérêt médiocre à la guerre que les Américains devaient mener aux Philippines, cette fois - par une de ces ironies tragiques dont l'Histoire a le secret - contre les insurgés qu'ils étaient venus "libérer".

Au mois de mars, le prince Albert, qui avait séjourné aux États-Unis alors que la guerre battait son plein (35), fit sur les aspects militaires du conflit une conférence privée, devant un auditoire composé du colonel et des officiers du Régiment de Grenadiers auquel il appartenait. Des comptes rendus parurent dans la presse, notamment le Bien Public qui affirma que les auditeurs avaient été surtout frappés par "l'impartialité" de l'orateur (36). Notre futur souverain s'était borné de fait à un tableau des événements, non sans insister toutefois sur les circonstances politiques qui devaient fatalement aboutir au conflit, en raison des prétentions américaines sur Cuba. Il avait par ailleurs accompagné son aperçu de réflexions sur l'organisation militaire spéciale des États-Unis, "conséquence obligée d'une application aux exigences politiques particulières" du pays. Selon le Bien Public, le conférencier aurait également montré "combien cette organisation d'une armée recrutée par enrôlements, avec pour complément des miliciens et des gardes nationales donne à réfléchir" (37).

La Revue de l'Armée belge publia encore en 1900-1901 une série d'articles qui tiraient les leçons de la guerre au point de vue militaire et stratégique. Les États-Unis auraient dû leur victoire à leur supériorité de moyens, mais l'organisation de leur armée - et sa discipline - laisseraient largement à désirer (38).

Nous ne trouvons pratiquement plus rien d'important dans les années suivantes, à l'exception d'un article de la Métropole en février 1904, article signalé par la Légation d'Espagne à Bruxelles à l'attention du Département d'État madrilène en raison de son caractère fort favorable à l'Espagne et de la personnalité de son auteur. Sous le pseudonyme de "major d'Obusson", il s'agirait d'un "important personnage officiel belge", le commandant Monthaye, chef d'état-major de la Deuxième Conscription militaire de la province d'Anvers (39).

 

(1)        II n'en existe pas de synthèse récente et complète en français. On se reportera à BENTON E.J., International Law and Diplomacy of the Spanish-American War, réimpr., Gloucester (Mass.),1968 ; BLOUNT J.H., The American Occupation of the Philippines, 1898-1912, New York - Londres, 1912 ; BERMEOSOLO F., "La opinion pública norteamericana y la Guerra de los Estados Unidos contra Espana", dans Revista de Estudios Politicos, n° 123, Madrid, 1962, pp. 219-233 ; CHADWICK F.E., The Relations of the United States and Spain. The Spanish-American War, 2 vols., réimpr., New York, 1968 ; FONER Ph. S., The Spanish-Cuban-American War and the Birth of American Imperialism, 1895-1902, 2 vols., New York - Londres, 1972 ; FREIDEL F., "Dissent in the Spanish-American War and the Philippine Insurrection", dans l'ouvrage collectif Dissent in three American Wars, Harvard, 1970, pp. 65-95 ; LINDERMAN G. F., The Mirror of War. American Society and the Spanish-American War, Michigan univ. Press, 1974 ; MILLIS W., The Martial Spirit. A Study of our War with Spain, Boston - New York, 1931 ; ORTIZ R. M., Cuba. Los primeros años de independencia, t. I : La intervencion y el establecimiento del gobierno de Don Tomás Estrada Palma, 3e éd., Paris, 1929 ; PEREZ L. A. Jr., "Supervision of a Protectorate: the United States and the Cuban Army, 1898-1908", dans Hispanic American Historical Review, vol. 52, Durham, M. C., 1972, pp. 250-271 ; PRATT J. W., Expansionists of 1898. The Acquisition of Hawaii and the Spanish Islands, rééd., Chicago, 1964. Retour au texte

(2)        VAUTE Paul, La Belgique et la Guerre hispano-américaine de 1698. Opinion publique, diplomatique, intérêts, mémoire de licence inédit, Université de Liège, 1977. Retour au texte

(3)        CHAUNU P., L'Amérique et les Amériques, Paris, 1964, p. 288. Retour au texte

(4)        DE NIMAL H., Les États-Unis, Cuba et le droit des gens, Charleroi, 1896, pp. 20-21. Même point de vue dans La Meuse, 1 oct. 1897, p. 1, c. 3-4 et le Journal de Liège, 21 déc. 1897, p. 1, c. 1-2. Retour au texte

(5)        MILLIS W., op. cit., p. 49. Retour au texte

(6)        REUSSNER A. & NICOLAS L., La puissance navale dans l'Histoire, t. II : De 1815 à 1914, Paris, 1963, pp. 190-196 ; SPROUT H. & M., The Rise of American Naval Power. 1776-1918, réimpr., Princeton, 1944, pp. 223-249. Retour au texte

(7)        Bien Public, 19 avril 1898, p. 1, c. 1. Retour au texte

(8)       Précurseur, 25 mars 1898, p. 1, c. 5-6. Retour au texte

(9)        6 avril 1898, p. 1, c. 1. Retour au texte

(10)      Lichtervelde à Favereau, 4 avril 1898. Archives du Ministère des Affaires étrangères, Bruxelles (A.M.A.E.B.), Corresp. polit., États-Unis, vol. 14, n° 49. Retour au texte

(11)      17 mars 1898, p. 1, c. 1-2. Retour au texte

(12)      Bien Public, 22 avril 1898, p. 3, c. 3-4 ; Journal de Bruxelles, 24 avril 1898, p. 5, c. 1-2. Retour au texte

(13)      Journal de Liège, 25 mars 1098, p. 1, c. 1-2. Retour au texte

(14)      22 avril 1898, p. 1, c. 1. Retour au texte

(15)      Journal de Bruxelles, 21 avril 1898, p. 1, c. 1. Retour au texte

(16)      Chronique, 21 avril 1896, p. 1, c. 2 ; Indépendance belge, 22 avril 1898, p. 1, c. 1 ; Peuple, 22 avril 1898, p. 1, c. 1-2. Retour au texte

(17)      Express, 16 avril 1898, p. 1, c. 1-2. Cfr. aussi la Réforme, 5 avril 1898, p. 1, c. 1. Retour au texte

(18)      ROOSEVELT Th., "Military Preparedness and Undpreparedness", dans The Century, nov. 1899, repris in The Strenuous Life. Essays and Adresses, Londres-Edimbourg-DubIin-New York, s.d., pp. 193-215 (195-196). Retour au texte

(19)      Mémoires du chancelier prince de Bülow, t. 1 : 1897-1902. Le secrétariat des Affaires étrangères et les premières années de Chancellerie (trad. de l'allemand par H. Bloch), Paris, 1930, p. 181. Retour au texte

(20)      FRANCE Anatole, L'Anneau d'améthyste, roman, ch. IX (pp. 138-143 dans l'édition "Livre de Poche", Paris, 1973). Retour au texte

(21)      HAGEMANS P., Les États-Unis industriels, Bruxelles, 1897, p. 243. Retour au texte

(22)      Cfr. l'intervention du "pacifiste" La Fontaine au Sénat le 7 juillet 1897. A.M.A.E.B. Discussions parlementaires. Neutralité et relations politiques de la Belgique, vol. 2, 1876-1901, XXXVII, p. 713. Retour au texte

(23)      Dès l'ouverture des hostilités, Favereau, ministre des Affaires étrangères, demanda à Lichtervelde des informations sur les corps de volontaires américains en raison de l'intérêt qu'ils pouvaient présenter "au point de vue des questions militaires qui se débattent en Belgique" (lettre non datée, A.M.A.E.B., Corresp. polit. États-Unis, Suppléments, 1881-1899, n° 101 ; réponses de Lichtervelde à partir du 24 mai 1890, ibid., vol. 14, n° 69, 71-72, 74, 78 : fait état de multiples difficultés d'organisation). Retour au texte

(24)      Edouard Coremans (1835-1910), représentant "meetinguiste" d'Anvers, fut l'auteur de nombreuses interventions à la Chambre sur le volontariat et les mesures propres à la favoriser. Retour au texte

(25)      Belgique militaire, 1 mai 1898, pp. 531-532. Retour au texte

(26)      Ibid., 8 mai 1898, pp. 565-570. Retour au texte

(27)      Ibid., 5 juin 1898, pp. 683-687. Retour au texte

(28)      Réforme, 22 juillet 1998 p. 1, c. 2-3. Retour au texte

(29)      "Nos rhéteurs et la Guerre de Cuba", dans la Belgique militaire, 31 juillet 1898, pp. 115-120. - Léon Chome (1863-1911) écrivait également dans le Soir, mais c'est surtout comme directeur de la Belgique militaire (depuis 1896) qu'il était connu (WILLEQUET J., Documents pour servir à l'histoire de la presse belge, 1887-1914, C.I.H.C., Cahiers, 16, Louvain-Paris, 1961, p. 36, n. 189 ; Nos contemporains..., IxelIes-Bruxelles, 1904, pp. 274-276). Retour au texte

(30)      Chronique, 24 mai 1898, p. 1, c. 3. Retour au texte

(31)      Précurseur, 18 avril 1898, p. 1, c. 6. Retour au texte

(32)      6 sept. 1898. p. 1, c. 2-3. Retour au texte

(33)      2 août 1898, p. 1, c. 3. Retour au texte

(34)      À noter que d'autres leçons militaires ont pu être tirées de la guerre, et pas seulement en Belgique. Les puissances maritimes, l'Angleterre notamment, furent particulièrement attentives au rôle des escadres de cuirassés dans la victoire contre l'Espagne (cfr. Saturday Review, 20 août 1898, p. 229). Retour au texte

(35)      Cfr. A.M.A.E.B., 10.324-III, Voyage du prince Albert aux États-Unis d'Amérique (1898) et WILMET L., La jeunesse du roi Albert. D'après des documents intimes inédits, Bruxelles, s.d., p. 47. Retour au texte

(36)      4 mars 1899, p. 2, c. 4 - 5. Retour au texte

(37)      Le compte rendu de la conférence fut adressé par de Villaurrutia, ministre d'Espagne à Bruxelles, à son ministre d'État, "à simple titre de curiosité et sans y attribuer trop d'importance" (Archives des Asuntos Exteriores, Madrid, série Légations - Belgique, microfilms aux A.M.A.E.B., dossier 1396, 1895-1905, 4 mars 1899). Retour au texte

(38)      Général NEYT, "Notes concernant la Guerre hispano-américaine", dans la Revue de l'Armée belge, 1900-1901, 24e année, VI, pp. 5-34 ; 25e année, I, pp. 45-72 ; II, pp. 5-36. Retour au texte

(39)    Archives des Asuntos Exteriores, Madrid, op., 25 février 1904.

Date de mise à jour : Mardi 27 Octobre 2015