Tome I - Fascicule 11 - juillet-septembre 1982

Historique du CRC Glons

Pierre DELBRASSINNE, Radariste


Notre station radar vient de célébrer il y a peu, le trentième anniversaire de son implantation sur le territoire de Glons, commune de la vallée du Geer bien connue pour ses inondations.

Pourtant ses racines remontent à un temps bien plus lointain, celui du début du dernier grand conflit mondial, celui de la participation de militaires belges aux activités du "N° 60 Group" qui, regroupait tous les moyens électroniques de défense antiaérienne du Royaume-Uni.

1946 vit renaître, avec beaucoup de difficultés, l'Aviation Militaire Belge. Parmi les moyens fournis par la Grande Bretagne pour nous aider, il y avait du matériel radar qui fut stocké à Zellik. On préleva un radar azimutal Type 14, un chercheur de hauteur Type 13 et une salle d'opérations DU5 ; le tout monté sur camions fut installé en bordure de la piste 24 de l'aérodrome de Brustem, au mois de mai 1948 par 6 techniciens radar instruits en Angleterre.

En avril 1949, la station s'installe sur le plateau du fort d'Eben-Emael où se poursuivirent les essais sous la direction du capitaine Walch. En octobre, le petit noyau fut étoffé par un apport de personnel, devenant une Unité, elle prit le nom de "Service du Contrôle Aérien" et passa sous la coupe du major aviateur Nitelet. Eben-Emael servit à former le personnel opérationnel de nos futures stations radar, dont tout le matériel fut réuni sur place avant d'être expédié à Maldegem et à Beauvechain en février 1950, pour y établir les GCI n°1 et n°2 qui comprenaient en plus du matériel cité un ensemble de camions émetteurs et récepteurs radio, un convoi radar Type 15 comprenant une antenne, un émetteur et un récepteur avec visualisation, également montés sur camions ; ce radar permettait d'obtenir, en plus des informations azimutales et d'éloignement, une appréciation assez satisfaisante des hauteurs.

Devenu opérationnel en avril, le GCI n°2 servit au Contrôle de l'est de l'espace aérien belge et au contrôle d'interceptions réalisées en collaboration avec les avions de chasse de jour et de nuit du 1er Wing basé sur cet aérodrome. Le GCI n°2 fut dirigé par le lieutenant Renckens alors que le centre d'entraînement d'Eben-Emael l'était par le capitaine Grignac.

La station de Maldegem qui se déplaça rapidement à Coxyde était commandée par le capitaine Van Noyem ; son histoire ne concernant pas le CRC Glons ne sera pas évoquée dans cet article.

Pour recueillir, traiter et centraliser les informations fournies par les deux stations radar on créa aussi un Centre de Contrôle à Evere. Calqué sur les "Ops-Room" anglaises fonctionnant durant la dernière guerre, que tout le monde a pu voir dans les films retraçant des batailles aériennes ; il fonctionna en septembre 1950 et fut surnommé "Centre Avia".

Après diverses études et recherches sur le terrain, le site de Glons fut choisi pour y établir une station définitive, répondant à des spécifications de l'époque, telle que la forme du sol aux environs de l'antenne. D'autre part, la présence des stations sur les aérodromes amenait de graves lacunes dans la zone de détection des chasseurs au départ et au retour des missions du fait de la réflexion des ondes sur les obstacles naturels environnants.

Le 15 juin 1951, une avant-garde du personnel, dirigée par le lieutenant DuTliez, débarqua à Glons pour aménager l'infrastructure nécessaire au déploiement de la station au milieu des champs de blé ; l'activité atteignit son paroxysme le 19 juillet avec l'arrivée des camions à Glons. Tout le personnel fut obligé de se convertir, bon gré, mal gré, au camping car les logements, les bureaux, les ateliers, les magasins, les cuisines et réfectoires, tout était réparti dans un village de toile composé de 25 tentes hôpital reliées entre elles par des allées en PSP, plaque métallique percées de trous, d'origine américaine.

Ces allées devinrent rapidement de vraies patinoires sur ce sol argileux et sous notre climat, vous pouvez imaginer quelle était la netteté des uniformes du personnel. Cette situation dura jusqu'en 1953, lorsque fut inauguré le camp militaire de Slins réalisé au moyen de bâtiments préfabriqués.

Avec l'apparition du printemps de 1952, une multitude d'engins de génie civil se répandit sur le site. Ils venaient effectuer les travaux nécessaires à l'élaboration d'un complexe souterrain, à la construction de bâtiments en surface, destinés à abriter les différents éléments composant une station radar moderne.

Les travaux de terrassement durèrent plusieurs mois tant il y eut de mètres cubes de terre à remuer, puis ce fut la construction du bâtiment principal, puis de celui des servitudes et enfin" le remplissage du "Trou". Tout ceci amena un va-et-vient inlassable de camions de tous calibres pendant près d'un an sur l'unique chemin d'accès au site...

Au début de 1953, l'inauguration du camp de 51ins coïncida avec le premier changement de Chef de Corps, les pouvoirs étant attribués au commandant Lelièvre. Peu après eut lieu la construction d'un grand bâtiment en bois, presque entièrement enterré qui allait servir de Centre opérationnel et d'entraînement en attendant l'ouverture de la nouvelle station.

Ce bâtiment fut revêtu d'une belle couleur sapin, qui lui valut l'appellation de "Baraque Verte". Il était divisé en deux parties principales comportant d'une part un vaste espace libre de tout obstacle réservé à la salle d'opérations, ressemblant à celle de l'Avia, d'autre part un rez-de-chaussée utilisé par les techniciens en téléphonie et en radar ainsi que par le centre de filtrage et, à l'étage, le bureau du Chef de Corps, une cabine de contrôle, une salle de triangulation et une salle de repos. L'ensemble était ventilé par de l'air pulsé réchauffé en hiver grâce à une chaufferie au mazout accolée au bâtiment derrière la salle Ops. Ce nouveau complexe était à peine terminé que l'on vit arriver un groupe fort insolite pour l'époque, des demoiselles recrutées dans le but de permettre la décentralisation du Centre de Contrôle Avia qui devait se faire dans les installations de Glons et Semmerzake.

Pour remplir la mission à laquelle on les destinaient, ces dames reçurent le même entraînement que les opérateurs radar dans les salles d'opérations, de filtrage, de triangulation et devant les écrans radar. Elles eurent aussi à s'entraîner au maniement de ces cannes aimantées qui servaient à déplacer les flèches de direction et les plaques d'indentification des différents avions qui survolent notre secteur de responsabilité. Elles eurent aussi à assimiler le code permettant de positionner les flèches, toutes les conversations opérationnelles s'effectuant uniquement en anglais.

L'année 1953 vit aussi l'arrivée d'un nouveau radar Marconi plus évolué, le Type 15 Mk3, que la FAé obtint en prêt des Forces Aériennes Françaises afin de pallier le manque complet de pièces de rechange pour notre "ancêtre", le type 15 Mk1 modifié 2, nos techniciens n'arrivant plus à le maintenir opérationnel. Durant le dernier trimestre, nous avons aussi reçu un exemplaire du radar azimutal TPS-1D, que les Américains distribuèrent à l'Europe Occidentale dans le cadre du plan de défense mutuelle MDAP.

En 1954, le GCI n°2 céda la place au CRC n°2. Au contrôle des interceptions, notre station allait ajouter le contrôle de l'espace aérien, tâche qui amena l'augmentation du personnel féminin. En novembre, le commandant Lelièvre nous quitta laissant la place au Major Simon, tandis que les travaux continuaient à l'abri des regards indiscrets.

En avril 1955, une nouvelle unité radar fut créée pour pallier les insuffisances flagrantes de couverture radar de la région ardennaise, le CRP Senonchamps. Le personnel arrivant sur un site vierge, procéda à la réception, à l'installation et au réglage de radars américains TPS-1D et TPS-10D, réussissant à obtenir un statut opérationnel, dès le 08 juin, en envoyant ses premiers tracés d'interception diurne et, le 14 juin en accomplissant une première, une interception nocturne sur ces types de matériel.

Au cours des manoeuvres "Carte Blanche", les premières ayant atteint une telle importance en Europe, nous avons eu la visite du Ministre de la Défense Nationale de l'époque, M. Spinoy, qui fut fort impressionné par les possibilités du matériel radar. Il fut suivi, peu après, par le général Nordstad (SHAPE) qui revenait d'une inspection en Corée. Il fut ébahi des conditions de travail qui étaient les nôtres, à tel point qu'il déclara : "Nos hommes en Corée sont cent fois mieux équipés que vos hommes ici à Glons"...

Après les manoeuvres, le radar Type 15 Mk3 repris le chemin de la France et notre "ancêtre", qui était à Eben-Emael, réapparut et avec lui les soucis techniques de plus en plus insolubles. Heureusement pour tous, l'incroyable arriva à la fin de 1955, la nouvelle station ouvrit enfin ses portes.

Une page se tournait, les "Trappeurs" allaient se changer en "Taupes". En effet, le nouveau complexe souterrain ressemblait à une Taupinière avec ses trois étages, sa quantité effarante de locaux et ses 300 mètres de couloirs et escaliers. Pour se faire une idée de cet ensemble, suivons l'itinéraire utilisé lors des visites officielles ou lors des "Open Door".

"On arrivait au corps de garde où il fallait montrer patte blanche, on empruntait une route asphaltée et on arrivait au sommet d'un escalier qui semblait plonger dans les entrailles de la terre, à son pied on passait par une lourde porte blindée, puis on subissait un nouveau contrôle de documents, un nouvel escalier nous amenait à un couloir longeant le bâtiment technique réservé aux électromécaniciens, responsables des alimentations en électricité, air, chaleur, eau, indispensables à la vie de la station. Une nouvelle porte permettait enfin l'accès au premier des trois niveaux, qui contenaient des locaux à but opérationnel, technique ou d'intendance. Au point de vue opérationnel, citons: des bureaux de direction, des cabines d'opération, d'interception, des salles de recueil d'informations radar, de filtrage et d'opération permettant le travail combiné des GCI et Centres de Contrôle.

Puis vinrent les manoeuvres "Whip Saw", avec la première coordination, des opérations au niveau du SHAPE.

Les agrandissements successifs de la base ont amené un accroissement progressif du personnel et de ce fait un amoindrissement des conditions d'hébergement du camp de Slins qui ne répondait plus aux normes minimales d'hygiène. La caserne de Tongeren venant de cesser d'être un centre d'hébergement pour personnes déplacées (Hongrie), les autorités militaires décidèrent de l'attribuer au Ile Bataillon de GTA et au CRC M.

Le personnel aménagea donc les locaux nécessaires à l'installation de ce nouveau centre logistique et administratif, ce qui ne fut terminé qu'en avril 1957, tant était grande l'oeuvre de rénovation. À cette occasion l'effigie d'Ambiorix, apposée sur la face de la caserne tournée vers la ville, par une unité antérieure fut restaurée.

L'occupation officielle se fit suivant le cérémonial réglementaire, avec la participation des édiles communaux et de nombreuses autorités civiles et militaires sur la grande plaine de parade.

Dès lors, les rapports de garde furent établis en mentionnant le nom de quartier Ambiorix.

La dissolution du Centre de Contrôle Avia en mai 1957 et son affectation à Glons amena un réaménagement des locaux dans les différents niveaux du bunker, ainsi que l'occupation d'une plus grande quantité de locaux à Tongeren.

Pour assurer le soutien logistique du Centre de Contrôle et du CRC n°2, un groupe spécial fut créé le 27 avril 1957 sous la dénomination d'"Unité des Services du Contrôle Aérien et du Report" - USCR, dont le commandement fut assuré par le major Vroonen.

Un mois plus tard, l'USCR fut dissoute suite à la création du "Commandement de Secteur" - le SOC, qui fut placé sous l'autorité du colonel aviateur Ceuppens.

À la suite de cette mise en service, on se rendit compte de l'insuffisance de portée des Types 13 ce qui amena la Force Aérienne à acheter la dernière version du chercheur de hauteur FPS-6 qui accompagnait le MPS-11 au CRP Sen. Il sera opérationnel en avril 1962.

Auparavant, le 1er octobre 1961, le CRC n°2 laissa la place au CRC Glons, au cours d'une célébration fastueuse sur la grand'place de Tongeren en présence du général Ceuppens alors commandant de nos Forces Aériennes Tactiques.

En 1962, des techniciens de la firme française CSF vinrent faire les essais d'un nouvel amplificateur sur un type 13, les différents examens s'étant montrés positifs, on installa ces ensembles, dotés de tubes à onde progressive, dernier cri de la technique, sur tous les types 13 qui eurent leur portée augmentée de 30 %.

1962 fut une bien triste année pour le CRP Sen : la voix de l'ardennais "Cooltie" s'éteignit, l'Unité fut dissoute suite à la multiplication des stations radar en Europe. Le matériel de cette station fit mouvement pour Semmerzake où trois mois plus tard il devenait opérationnel augmentant les capacités de cette station qui devint CRP Semmerzake au lieu de CRC N°1. L'existence des radars centimétriques permit de mettre les métriques, générateurs d'interférences pour le réseau de Télévision naissant, en veilleuse.

Le 27 septembre, le colonel Dome remit les rênes au lieutenant colonel aviateur Laden.

En 1963, restés seuls occupants du quartier Ambiorix, nous avons vu arriver une unité multinationale du Shape : le 3JSC. Ils trouvèrent le centre administratif et logistique, leur lieu de travail se trouvant aux environs de Maastricht.

Afin d'augmenter les possibilités opérationnelles du CRC Glons pour contrôler les nouveaux F-104G, le MPS-14 du CRP Sem fut transféré chez nous tandis que le FPS-33 fut fortement modifié : le nouveau récepteur permettait de voir plus loin et l'élimination des échos fixes améliorait le suivi des vols. Ce radar fut dénommé FPS-88 du fait de ces nombreux changements.

Dans les cabines d'interception et dans l'Ops Room devenue salle d'identification et de surveillance, on a placé les toutes nouvelles consoles de visualisation : les "Data Display Consoles" regroupant autour de l'écran et de ses contrôles habituels, des boutons de commande pour les communications téléphoniques, radio, un clavier d'échanges d'informations avec l'ordinateur qui répond par affichage lumineux aux questions posées. Le fonctionnement de l'ensemble de la station automatique est traité dans un autre chapitre. Pour donner une idée de la rapidité du système, le temps entre détection et identification n'est pas supérieur à 36 secondes, alors qu'il était de 4 à 6 minutes avec l'équipement manuel.

L'Otan s'étant enfin décidé à appliquer le plan NADGE, le MINI-FAC fut modifié pour pouvoir s'intégrer au nouveau standard, le CRC recréa une salle de contrôle d'opérations et d'interceptions avec l'ancien matériel Marconi remis en état. Un Mini-CRC en somme opérationnel du début de 1970 au 25 février 1971, date de remise en service du système dénommé "GFN - Grow to full Nadge".

À la fin de 1970, le CRC reçut la première visite du "Team d'Évaluation Tactique de l'Otan". Le résultat fut classé "Excellent" mais ne fut pas officialisé, le Mini-CRC n'étant pas automatisé.

Après ces modifications, les visites affluèrent, la plus importante fut celle du Roi Baudouin, accompagné de M. Segers, Ministre de la Défense nationale du moment. Il vint se rendre compte de l'évolution intervenue depuis sa première visite.

Il s'intéressa tout particulièrement au fonctionnement du système, posant une foule de questions, en si grand nombre qu'il resta à Glons plus longtemps que prévu.

En 1971, nouvelle modification du FPS-88, par addition d'un second canal émission-réception pour diminuer les périodes d'inactivité pour entretien, ce qui fut terminé en octobre, avant l'arrivée du nouveau Chef de corps, le lieutenant colonel Barthélémy.

Il surveilla particulièrement l'installation et la mise en service d'un nouveau radar choisi par l'Otan pour équiper les diverses stations du réseau Nadge, qui allait remplacer de façon plus rentable, opérationnellement parlant, le FPS-88.

Le Médium Power Radar permettait d'obtenir les informations nécessaires dans les 3 dimensions, car en plus de la distance et l'angle azimutal il donnait la hauteur de toutes les cibles, grâce à la superposition des faisceaux à l'émission et à la réception. Il pouvait, d'autre part, travailler sans détérioration de résultats dans des conditions de brouillage intense. Grâce à des équipements d'adaptation, installés dans le Bunker, il fournissait ses informations au matériel souterrain. Remplaçant ainsi, le FPS-88 et les chercheurs de hauteur MPS-14 et FPS-6B.

À la mi-1972, le PTC nous quitta pour s'implanter sur un autre site Nadge, celui d'Erndtebrück. Les bâtiments de l'ancienne école furent repris, puis plus que doublés, par une unité multinationale dépendant directement du Shape, le NPC - Nato Programming Center.

Il était chargé de produire les programmes opérationnels pour les ordinateurs des stations Nadge s'étendant de la Laponie en Norvège à la Turquie tout en tenant compte des conditions locales et des différents secteurs d'interception utilisés, avions ou missiles.

Le 27 avril 1973, le colonel Barthélémy nous quitta pour Florennes, laissant le CRC aux mains du lieutenant colonel Gennart, dont la tâche sera d'obtenir le perfectionnement des méthodes de travail opérationnel. Il surveilla aussi le renouvellement de notre système de conditionnement d'air qui datait de 1954 et dont le remplacement a pu se faire sans interrompre le fonctionnement de la station, par l'utilisation d'un conditionneur de secours. Le colonel Gennart aviateur, comme son prédécesseur, et dont nous saluons la mémoire, nous quitta le 12 janvier 1976 et fut remplacé par le lieutenant colonel aviateur Viseur, qui régla les fastes régimentaires célébrant le trentième anniversaire de la Force Aérienne, il nous quitta prématurément le 27 décembre laissant les rênes au lieutenant colonel Bidée. Il commandait le Groupe de Maintenance, et assura l'intérim jusqu'à l'arrivée du lieutenant colonel aviateur Boerewaart, le 18 avril 1977.

Sous son commandement, le CRC continua à améliorer les procédures opérationnelles, la qualité des maintenances ; on installa également un système intérieur de télévision en circuit fermé afin de permettre la diffusion rapide des informations opérationnelles nécessaires au bon fonctionnement des opérations de contrôle et d'interceptions. Il nous quitta le 6 mars 1980, laissant la direction au lieutenant colonel aviateur Van Der Stockt, qui continuera la tâche de ses prédécesseurs avec un nouveau type d'intercepteur, le F-16 qui équipa tout le 1er Wing en 1981. Cette même année, réorganisation des structures internes du CRC, les Groupes disparaissent et sont remplacés par des Escadrilles et de nouvelles appellations sont données à différentes sections.

1982 verra l'installation du radome de protection du radar principal, attendu depuis bien des années. Installation également d'un système d'alimentation continue en électricité pour éviter des coupures de tension au calculateur. Dans un proche avenir, nous recevrons sans doute les informations du futur réseau AWAC commandé par l'Otan : les avions radar volants.

Pour terminer ce chapitre, le CRC ne peut être tout à fait d'accord avec l'annonce du Centre de Recrutement. Elle représente un F-16 avec le texte suivant : "À 800 km/h entre ciel et terre, un officier pilote doit décider vite et seul". Pourquoi seul ? Le travail des "taupes" est-il donc à ce point ignoré ?

La plupart du temps, les F-16 du 1er Wing sont sous le contrôle du CRC, ce qui est de plus en plus nécessaire, car savez-vous ce qui se passe dans le ciel entre Bruxelles et Liège : chaque jour, il passe en dessous de 7000 m près de 450 avions, au-dessus près de 700 avions, tous civils, qu'il faut ajouter au trafic militaire. Ces divers avions qui transitent atterrissent, décollent de Zaventem, sont autant d'obstacles à la traversée des Airways par les intercepteurs, ils représentent une moyenne de passage de 2 avions par minute, dans les deux sens.

L'existence du CRC représente une petite part du budget de la Défense Nationale, mais, si grâce à sa présence, une seule collision aérienne a pu être évitée chaque année, depuis 30 ans, soyez en persuadés, le pays a fait des économies. Grâce au CRC, l'entraînement de nos intercepteurs, dans un ciel bien plus encombré que celui de nos voisins, a pu se poursuivre et malgré ce handicap, les évaluations tactiques passées ont démontré que le niveau d'entraînement de notre force aérienne n'est en rien inférieur à celui des autres nations de l'OTAN.

Ce résumé historique est tiré du manuscrit intitulé : "Les taupes bleues... ou les mémoires d'un radariste".

Date de mise à jour : Mercredi 28 Octobre 2015